Mais qu’est-ce que recherche la génération Y ?

Nous assistons à une révolution numérique tellement brutale qu’elle nous fait oublier qu’à coté une autre se prépare: la révolution de la jeune génération.

Selon une enquête Ispos pour Le Monde, les jeunes n’ont pas une bonne réputation. L’étude montre qu’ils seraient égoïstes (63%), paresseux (53%), intolérants (53%) et pas assez engagés politiquement (64%). 
Qualifiés de génération d’agneaux ou de digital naif, la Gen Y est pourtant préparée à occuper la place qu’on est prêt à lui donner.

“La jeunesse est une fraction de folie.”

Nous avons assisté à pléthore de révolutions depuis la nuit des temps, certaines n’ont pas bouleversé l’humanité, d’autres au contraire ont tout changé. Nous pouvons en compter trois :

  • L’Ecriture : datée de 3000 av. Jésus-Christ. en Mésopotamie. Elle pose la pierre angulaire de l’évolution. Sans écriture, pas de transmission. Sans transmission pas de savoir partagé.
  • L’Imprimerie : datée de 1450 à Mayence. Elle aura permit à l’écriture de prendre toute son ampleur. La diffusion de l’information à l’échelle et de façon plus rapide.
  • Internet : on considère ses débuts en 1989. La distance n’a plus d’impact, la temps non plus. Le web nous aura appris le gratuit, le partage de connaissances et la connexion au monde.

Le web est l’instrument qui fait de la génération Y ce qu’elle est. Et si un quatrième mouvement était en marche, il ne serait pas une innovation technique ni technologique mais idéologique, la révolution de toute une génération.

Donner du sens

Emmanuelle Duez fondatrice de The Boson Project, consacre son temps à réduire le gap entre les générations.

Elle considère que la génération Y cristallise les aigreurs d’une partie de la population contre la jeunesse, et va plus loin en qualifiant ce manque de reconnaissance par une peur plus profonde… l’image qu’elle renvoie à soi-même, celle de ne plus être jeune. Le sujet Y est trop souvent le terrain d’un déferlement de mots qui traduisent l’incompréhension et le doute en l’avenir contre une génération Y qui n’a pourtant rien demandé.

Cette génération se veut libre mais ce qu’elle veut part dessus tout, c’est retrouver du sens. Elle ne considère pas que c’était mieux avant, d’ailleurs celles qui lui ont précédé le pensaient-elles vraiment ? 
La génération Y ne croit plus dans ce modèle de vie (diplôme-métro-boulot-dodo) que l’on nous a trop souvent forcé à avaler. 
Non, après tes études tu ne trouveras pas forcement de taff mais à quoi bon en trouver un dans une boite qui reflète l’ensemble des choses que tu rejettes ? Le formalisme, l’absence de perspective, l’omniprésence du fric, le manque de liens, parfois de vie et trop souvent de sens. Oui on en reviendra encore et toujours mais c’est bien de ça dont il s’agit.

Les signes de la fracture

Les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas fainéants et si vous pensez que le manque de motivation est la cause de leurs inactions vous vous trompez. C’est juste qu’ils ne veulent franchement pas ressembler à des moutons formalisés dans des boites qui se ressemblent toutes et dont les codes empruntés du passé n’ont toujours pas évolué. Mais aussi parce qu’ils viennent de quitter les bancs de cette usine qui vous standardise bien plus que vous épanouir (#école) et que reproduire ce schéma de vie donne le vertige et parfois l’envie de vomir. On vous y apprend l’ordre, les bonnes notes, la ponctualité mais le reste est si vide de sens. A quoi bon gagner sa vie pour finalement se perdre soi-même ?

La jeune génération vient casser les lignes, les codes mais n’est-ce pas cela l’essence d’une révolution ?

Aujourd’hui, un CDI ne dure pas plus de 18 mois chez les moins de 30 ans. La raison n’est pas qu’on en veut plus, ils partent tout simplement. Ils ne veulent pas perdre leur vie à la gagner dans une boite qui ne les considère pas.

Plus d’un jeune sur deux se voit entrepreneur. Ce n’est pas par vaine gloire, ni par envie de réussite solitaire. Ce phénomène est en soi l’expression la plus parfaite du rejet de l’image de l’entreprise qu’on nous sert depuis tant de décennies. On considère donc que 50% veulent se mettre à leur compte mais combien sont-ils à se lancer vraiment ? Très peu. Là aussi nous pouvons y voir un message fort, ce n’est pas l’entreprise dans son ensemble qui est rejetée mais bel et bien son modèle.

Le changement fait peur car les générations précédentes n’ont toujours pas compris la direction que prend notre monde, la Y si.

L’abstention est le premier parti des jeunes et ce n’est pas par hasard, cela ne traduit pas une absence d’envie de participer mais le reflet d’un manque d’enthousiasme dans le monde qu’on leur propose. Cette génération est impatiente de voir du mieux dans la société mais n’est pas prête à s’engager dans des partis toujours trop accès sur des questions éloignées de leur propre réalité.

1+1= Plus loin

Cette génération veut écrire sa vie, lui donner du sens et surtout la réussir. Cette réussite ne se chiffre pas, elle se vit.

50% de la population mondiale à moins de 30 ans. Il va donc falloir s’y habituer, leurs laisser parfois le contrôle et surtout les accompagner à le prendre. La génération Y ne veut pas éclipser les générations qui l’ont précédé mais elle veut être comprise, entendue et respectée. Elle a besoin de leaders inspirants, tant dans l’entreprise qu’au niveau politique.

Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère : la révolution sera écologique, sociétale et sociale. Il ne faut pas souhaiter la confrontation, nous pourrions tous y perdre. L’expérience des générations antérieures doit aider les suivantes à s’intégrer dans leur environnement et les laisser le transformer avec des idées nouvelles. Le sens ne doit pas être un mot pour les apparences mais un paradigme dans notre société qui en subit trop souvent l’absence.


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