Une anecdote sur les bonnes pratiques dans l’agroalimentaire et l’accord grec.

Il y a quelques mois, j’ai rencontré un homme passionnant. Il avait monté une entreprise de conseil en développement dans l’agriculture et l’industrie agronomique et nous (avec un copain-partenaire) devions créer les outils de communication autour de cette démarche complexe.
Anti “green-washing”, ils proposaient aux industriels un travail intermédiaire entre eux et leurs producteurs, pour que les plans d’investissements dans le “durable”, “l’équitable” soient réalisés en fonction de l’environnement de chaque ferme, puis des groupes de fermes. En effet, habituellement, les agro-industriels ouvrent un genre de gros livre de bonne pratiques soit disant universelles. Or, chaque fermier, chaque ferme et chaque groupement, ont un environnement, une culture, un savoir propre. Il est donc absurde de leur imposer des pratiques qui seraient universelles.
L’un des aspects fondamentaux de son travail est un calcul mathématique des seuils et des paliers de croissance. En réunissant des données, il pouvait établir quand il était productif pour un fermier de passer une étape de croissance (investissement, augmentation de la production et croissance économique) et quand ce ne l’était pas. Ces données comprenaient donc des information aussi abstraites que, la famille, la proximité d’autres fermes, l’existence ou non de coopératives, la nature des sols, la variété de l’exploitation, etc… Il peut parvenir à savoir si un investissement (de l’industriel comme du fermier) aller produire de la productivité et de la croissance, ou non. Et si c’était non, comme maintenir une activité simplement pérenne sans passer au seuil supérieur (pour le fermier et donc comme pour l’industriel).
Cet homme parlait toujours du “vieux-livre” des bonnes pratiques internationales des industries agroalimentaires.
Malheureusement, nous avons fait une partie du travail, cet homme nous a payé, mais il a du cesser son activité pour des raisons personnelles.
J’ai parcouru quelques paragraphes du texte d’accord entre la Grèce et l’Eurogroupe aujourd’hui. Il y est beaucoup question du guide des bonnes pratiques de l’OCDE et c’est ainsi qu’il leur est de mandé d’ouvrir les magasins le dimanche, de libéraliser le marché du médicament et certaines professions… Mêmes débats qu’en France, sans la même épée de Damoclès (mouarf).
Il y a donc, après les grands livres religieux, de grand livres qui régissent la vie économique du monde, ou de continents, ou de professions à travers le monde. D’une manière générale et totalement inégalitaire, puisque chacun n’a pas les mêmes besoin, le même environnement, la même culture.
Il n’est donc pas étonnant que des accords transatlantiques totalement opaques soient en cours d’écriture et ne seront jamais soumis au débat démocratique, si on estime qu’il reste un espace démocratique quelque part dans ce monde.