L’identité du Cabaret Vert 2017

Le Cabaret Vert annonce la couleur

Préparez vos lunettes de soleil et votre crème, il va faire chaud sur la planète Cabaret Vert cette année !

Ça fait déjà un petit moment que l’on attendait les premiers noms de l’édition 2017 de notre festival préféré. Après un petit teasing en début de semaine, la page Facebook du Cabaret a finalement dévoilé un début de programmation prometteur et une affiche quelque peu… déconcertante.

Représentant un univers onirique, parsemé d’îles flottantes et de palmiers couleur améthyste avec un mélange de polices plutôt étrange, elle n’a pas manqué de faire jaser les fans.

Ci-joint un petit florilège de commentaires Facebook :

Avec toujours plus ou moins le même reproche : « Rien ne rappelle notre identité Ardennaise ».

Mais est-ce que cette affiche mérite vraiment ce traitement ? Un zéro un, en tant qu’agence 360°, vous donne les clés pour bien comprendre et commenter la nouvelle identité visuelle du Cabaret Vert (rappelons qu’ Un zéro un ne travaille pas pour l’association FLAP).


Orange onirique

Commençons d’abord par les couleurs.

Oui, cette teinte orange flashy peut surprendre et accroche le regard. Oui, le vert fluo injecté dans le « Ardenne Sidérale » pique un poil la rétine. Et oui, la végétation violette n’est pas courante dans les Ardennes.

Et pourtant, ce choix de couleur très rétro reflète admirablement l’esprit du festival.

Cette teinture orange, c’est la couleur de l’énergie, de l’optimisme, des étoiles reflétées dans les yeux des fêtards. Souvenez-vous de l’édition 2016 et de la chaleur provoquée par des milliers de festivaliers en transe ! Le vert fluo a aussi sa place dans cette affiche. Probablement un héritage des éditions passées, la justification maladroite que le cabaret n’est pas bleu, orange ou multicolore mais bien vert.

Mais c’est aussi une piqûre de rappel : n’oubliez pas que le Cabaret Vert, c’est un festival transmettant des valeurs environnementales et d’éco-responsabilités.


Cosmique Astral Sidéral

Parlons de l’ambiance et de cet univers justement ! L’affiche nous transporte dans une autre galaxie, dans un lieu qu’on imagine habité par d’étranges êtres à la démarche incertaine (sûrement le camping du dormeur du val). On voyage avec Valerian et Laureline à travers les constellations, on se retrouve dans des mondes étranges imaginés par des dessinateurs comme Moebius. Un petit avant-goût de l’espace BD du Cabaret Vert. Là est tout le charme du festival : ce n’est pas que de la musique, c’est de l’art. On traverse des scènes différentes, en faisant escale au Temps des Cerises, pour atterrir dans les niches cachées du Cabaret : les stands de nourriture, l’espace BD, le camping, la pellicule ensorcelée… Clairement, l’affiche fait son taff et véhicule avec brio l’esprit Cabaret Vert.

Même la typographie joue son rôle : les grosses lettres viriles et leur effet 3D en imposent avec leurs grosses panses (c’est qu’on mange beaucoup au Cabaret Vert !). On est sur du MTV, c’est jeune, c’est urban, et cela confirme la tendance un peu plus hip/hop et électro du festival. Par contre, c’est en contraste total avec la deuxième police handcraft « Ardenne Sidérale », et il faut avouer que le mélange des deux polices ne fonctionne pas tellement. La faute au vert un poil trop fluo ?


Un Cabaret qui évolue

Programmation du Cabaret Vert 2017

Certes, l’affiche de cette édition 2017 diffère complètement des autres.

Avant 2015, on était dans un registre très figuratif avec des affiches qui jouaient sur ses symboles locaux (l’ami Rimbaud, les sangliers…). La transition s’est vraiment opérée en 2015 avec le collectif Schlep et leur univers très marqué « handmade ». Une vraie valeur ajoutée, révélée par le gros travail de fond et de forme mis en place pour créer le sanglier chevauché par Arduinna en 2015.

C’est à partir de 2016 que le Cabaret Vert s’affranchit de toute utilisation du code génétique imposé par son territoire de marque. Pour preuve, l’affiche de 2017 est toujours dans la même veine que le look néon-rétro très réussi de 2016.

Ces changements sont-ils un mal pour autant ? La clé marketing d’un festival peut passer par l’alternance annuelle de sa griffe graphique comme élément de différenciation. Prenez l’exemple du Main Square Festival qui ne change pas ou très peu d’apparence : c’est en contraste total avec les modifications apportées au Cabaret Vert ces dernières années ! Des changements qui se reflètent sur les affiches à chaque nouvelle édition.

Qu’on le veuille ou non, le Cab’ s’exporte à l’international. Il faut se rendre à l’évidence : les 94 000 festivaliers ne sont pas tous composés d’ardennais, loin de là. Le festival se doit de séduire d’autres cibles s’il veut croître et perdurer.

Alors oui, on aurait peut-être aimé voir un sanglier ou deux. On aurait voulu que l’identité de marque (les bénévoles, les engagements écologiques, la ténacité à ne pas prendre d’argent d’industriels comme Heineken ou Coca, etc…) soit plus présente. Mais l’affiche du Cabaret Vert est belle, travaillée, et le fruit d’une réflexion poussée.

Doit-on juger un livre à sa couverture ? Un festival à son affiche ?

Soyez rassurés cependant : l’esprit jovial et les croûtes ardennaises du Cabaret Vert ne sont pas prêts de disparaitre !

Retrouvez le reste des actualités de l’agence sur :