Logo de mastodon

Mastodon : Défense d’ignorer !

Lancé en octobre 2016, le nouveau réseau social Mastodon a déjà réussi à réunir plus de 600 000 adeptes. D’où vient cet engouement pour la plateforme sociale fortement inspirée de Twitter ? Dans notre univers régulé par les GAFA*, le concept de Mastodon devient une véritable bouffée d’air frais quasi indispensable.

*Google, Apple, Facebook, Amazon

« Facebook isn’t, and can never be, a platform where people have the power to build anything »

Comme vous pouvez le voir, Eugen Rochko le créateur de Mastodon, n’est pas très fan de Facebook. Dans cette lettre ouverte à Marc Zuckerberg, Eugen nous explique clairement qu’il ne veut pas vivre dans un monde controlé et assermenté par Facebook. Fatigué de se faire piquer ses données personnelles pour continuellement recevoir des tonnes de publicités, le jeune allemand nous enjoint à rejoindre son réseau, « une alternative viable à Twitter ».

Un Zéro Un a donc décidé de vous livrer son avis sur Mastodon, le repère des défenseurs du web libre.

Anatomie de la bête

écran d’accueil de mastodon

Il suffit d’un petit coup d’œil sur l’interface de Mastodon pour faire rapidement le lien avec Twitter. On a ici l’impression d’être sur TweetDeck, l’outil préféré des gros utilisateurs de l’oiseau bleu.

Pour l’instant, l’interface de Mastodon est seulement composé de 4 colonnes, permettant de suivre l’actualité de notre réseau, de voir nos notifications, et de discuter avec le monde entier grâce au fil public global. Rassurez-vous, la communauté est majoritairement anglophone, et un paquet de français ont récemment investi le réseau. Enfin, une colonne est entièrement dédié à l’écriture de pouet.

Oui oui, pouet.

Sur Mastodon, on ne tweet pas, on pouet (toot en anglais). Un pouet peut être composé de 500 signes, ce qui élève considérablement le niveau des échanges, voir des débats ! Comme le remarquent les utilisateurs « à 140 caractères on communique, à 500, on discute ». Si on peut lui reprocher un gros manque d’ergonomie, il faut reconnaître que le réseau reste quand même attrayant pour l’utilisateur. Les habitués et les nouveaux se côtoient, les inconnus se parlent facilement (nous n’avons eu aucun mal à avoir des réponses à nos questions sur le fil local) et le ton est moins acerbe que dans certaines publications Facebook. Il faut dire que pour le moment, la communauté est majoritairement composé de geeks et de libre-penseurs. Mais ce n’est pas la seule spécificité de Mastodon.

Un pour tous, Tous pour un

vrai dire, la vraie force du réseau, c’est la décentralisation. Contrairement à Facebook, Twitter ou autre Youtube, Mastodon est un logiciel open source qui n’appartient à personne. Chacun peut créer son instance, à partir du moment où il possède un serveur pour l’héberger. Libre ensuite à tout le monde de le rejoindre ou de rester sur l’instance historique (celle du fondateur) mastodon.social. L’interêt de ce type de procédé est plutôt clair : en rendant la plateforme complètement décentralisée, fini les problèmes d’éthique liés au vol de données de l’individu. Ici, aucun programme ne lit vos messages ni n’analyse votre comportement dans le but de vous vendre un produit. Les pouets apparaissent selon un ordre chronologique, pas selon un vulgaire algorithme qui filtre votre timeline (coucou Twitter). Surtout, le véritable soulagement vient de l’absence de publicité.

Le principe d’instance offre des possibilité plus ouvertes que sur n’importe quel réseau social. Et les internautes l’ont bien compris, puisque de nombreuses instances ont vu le jour, chacune ayant ses propres règles et sa propre communauté. Si une instance ne vous convient pas, pas de soucis, il suffit juste de changer ! Par exemple, créer un réseau pour son entreprise, son association ou même son école n’a jamais été aussi facile. Au final, le concept d’instance ressemble fortement au fonctionnement des emails. Vous pouvez visualiser l’instance comme un service de messagerie : si votre adresse est johndoe@gmail.com, cela signifie que vous êtes inscrit sur Gmail, mais rien de nous empêche communiquer avec une adresse @hotmail, @yahoo, etc… Et c’est la même chose sur Mastodon, toutes les instances communiquent entre elles (sauf si une instance est privée). Par chance, l’email a été inventé avant internet, ce qui a permis sa décentralisation. Mais imaginez une seconde qu’un géant (pour ne pas dire Google) ait décidé de tout faire passer sur ses serveurs…

Cependant, ce principe d’instance peut rebuter l’utilisateur novice : il faut convenir que c’est un peu technique pour les non-initiés au web. Mastodon ne s’adresse pas au grand public en priorité. L’absence de règles et de modération font aussi de certaines instances un véritable 4chan-like. Même sur mastodon.social, les comptes fakes pullulent et peuvent induire en erreur les plus crédules. Mais Mastodon offre une feature qu’on ne pensait jamais avoir sur Twitter : la possibilité de signaler un contenu. De ce fait, pas mal de pouets tendancieux ou pornographiques passent à la trappe. Et c’est tant mieux.

Cela dit, ces incidents sont mineurs, et la communauté reste plutôt open, plus encline à discuter que sur Twitter. Après avoir interrogé plusieurs utilisateurs, la plupart d’entre-eux confirment que le réseau reste quand même dans un esprit bon enfant, et que les gens ont plus tendance à s’ouvrir aux autres.

Pouet à propos de mastodon
Pouet à propos de mastodon

La plateforme étant encore relativement jeune, beaucoup d’éléments restent à inclure pour la rendre plus attrayante. Un système de poll (sondage), de listes ou de colonnes personnalisées ne serait pas de trop, loin s’en faut. De même, les serveurs sont encore un peu instables, et de nombreux bug parsèment encore Mastodon. L’erreur 500 n’est jamais loin quand un gros nombre d’utilisateurs se connectent. On regrette aussi qu’aucune application mobile officielle ne soit disponible pour le moment, ce qui est indispensable pour tout réseau social qui se respecte. Pour le moment, il faudra passer par une application mobile spécialisée comme Tusky pour y accéder sur smartphone. Mais encore une fois, ce n’est qu’une question de temps.

Notre avis

Avouons le, chez Un Zéro Un, nous sommes tombés sur le charme de la bête. L’idée de cette plateforme de microblogging, décentralisée, qui ne répond à aucune entreprise ou entité majeure, est plutôt séduisante. On revient aux prémices de l’internet, l’esprit originel de liberté tout en gardant la technologie récente. Alors que l’on pensait être condamné à vivre dans un monde où l’individu serait complètement démuni à cause du commerce de données, Mastodon est une petite caverne dans laquelle l’on peut se réfugier pour échanger avec d’autres comparses. Bon, nul doute que Google où d’autres entités accèdent un jour à ces données, mais pour le moment nous sommes relativement protégés.

Est-ce que Mastodon possède le potentiel de dépasser Twitter et de concurrencer Facebook ? Probablement pas, et ce n’est d’ailleurs pas son objectif. Le réseau est trop confidentiel, et ne s’adresse clairement pas au grand public. Mais qu’importe. Mastodon continuera de croître petit à petit, car il possède de grandes forces : une plateforme sociale ultra user-friendly, et un principe d’instance décentralisée. Certes, l’absence d’application mobile officielle reste pénalisante, mais la communauté de Mastodon saura passer outre. Les fonctionnalités vont arriver petit à petit, et la stabilité avec.

Rendez-vous est pris dans 6 mois pour faire le point !

Au fait ! Vous pouvez également nous rejoindre sur notre instance, https://mastodon.un-zero-un.net !

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