Agriculture organique: l’ Afrique, un potentiel encore sous-estimé.

Davantage de terres agricoles sont consacrées à l’agriculture biologique dans le monde et en particulier en Afrique. D’après le site “Biocroissance”, la superficie des terres d’agriculture biologique en Afrique a été multipliée par plus de 20 entre 2000 et 2011, passant de 50000 à 1,2 million d’hectares. Cependant, en 2011, les terres consacrées au bio en Afrique ne représentent que 3% de la superficie mondiale dédiée à l’agriculture biologique selon les statistiques de l’International Federation of Organic Agriculture Movements (IFOAM) et d’autres sources européennes. Cette faible proportion ne doit pas néanmoins masquer des exemples de réussite tels que l’Ouganda, la Tunisie et l’Ethiopie qui sont les leaders de cette pratique en Afrique. Le cas de l’Ouganda est frappant. En 2010, ce pays représentait à lui seul 21% des terres d’agriculture biologique du continent, avec le plus grand nombre de producteurs et le système institutionnel le mieux organisé. Il est clair que l’Afrique devrait pouvoir contribuer plus dans l’agriculture biologique à cause du faible développement de l’agriculture intensive sur le continent. En effet, selon les conclusions de la conférence de la FAO (2007) sur l’agriculture biologique, les rendements de cette dernière sont plus élevés dans les régions qui utilisent initialement peu de produits synthétiques (notamment les pesticides). Cet avantage se trouve renforcé par la disponibilité des terres agricoles sur le continent. Selon les statistiques de la FAO, seulement 40% des terres agricoles ont été utilisées en Afrique en 2011. Cependant, en Afrique, très peu de pays disposent de normes et de réglementations régissant la production agricole biologique ce qui entrave la percée des produits sur les marchés internationaux par manque de certification. L’idéal serait donc d’adopter un système continental de certification du bio en accord avec les normes internationales pour que l’Afrique profite enfin de son énorme potentiel sur ce sujet.

Agnamba A. Ossara, Ecole Supérieure d’Agronomie/Université de Lomé, spécialité: production végétale. Coordonnateur en chef des projets FoodTech et AgriTech à WoeLabs