Analyse The Addiction (1995) d’Abel Ferrara

The Addiction suit les thèmes cher à Ferrara que sont la religion (et tout ce qui s’y raccroche dans la morale chrétienne catholique), la violence, la jungle urbaine, (des univers qui ne sont pas sans rappelé le Scorsese de Taxi Driver et d’ A Tombeaux Ouvert).
Ainsi on peut rapprocher The Addiction de son célèbre Bad Lieutenant (sorti en 1992), qui explore l’autodestruction puis la recherche de rédemption d’Harvey Keitel, Ici le constat est plus amère, puisque la rédemption semble impossible, et le personnage de Lili Taylor semble (con)damner à errer jusqu’à la fin de sa vie, et peut être la fin des temps.
Car c’est que The Addiction, en reprenant les codes du film de vampire avec élégance, (en faisant au passage un bel hommage a Nosferatu de Murnau et à l’expressionnisme allemand par sa mise en scène et son usage du noir et blanc.) que Ferarra exprime son propos sur l’addiction, en faisant des parallèles sûr le besoin impératif de sang, que symboliquement l’héroïne du film s’injecte à la seringue lors de sa première “consommation”, le fait de vivre la nuit et de fuir la lumière, et donc fait porter de lunettes à l’héroïne rappelant l’hypersensibilité des lendemains de cuites ou une Junkie, la disparition des miroirs assumé par le personnages comme le rejets de soi-même.
Car la subtilité de Ferrara (oui,il peut être subtil) c’est que ce ne sont que des codes, rien dans le film n’indique spécifiquement que Lili Taylor est une vampire, ainsi s’offre un nouveau dégrée de lecture possible, tout ceci n’est peut être que la manifestation d’une psychose collective, une angoisse vertigineuse sur le sens de la vie qui la force à agir selon son vampirisme.
Car l’héroïne est une thésarde en philosophie (“le doux lait de l’adversité” comme elle le dit elle-même,) et plus spécifiquement su l’existentialisme, le film est donc parsemé de réflexions et de citations (de Satre et de Nietzche entre autres). Et ce choix n’est pas anodins, puisque l’existentialisme met en avant l’Homme, et le fait que chaque personne doit faire individuellement les choix qui régissent sa propre existence. Ainsi l’addiction est présenté une faiblesse de force morale que seul la personne concerné peut contrecarré. Mais par ailleurs, sa nature vampire vas changé sa vision du monde, et la pousse à se représenté en surhomme, (surfemme en l’occurrence), cynique et capable d’imposé sa volonté à autrui, (d’où les scène d’agression vampirique, souvent réalisé avec le sexe opposé, et métaphore de viol). Se changement va faire d’elle une fataliste, soumise à son destin, sa “malédiction” même lui faire évoquer une nature humaine mauvaise. Le film est donc teinté d’un intellectuel (dont certain diront que c’est un snobisme fumeux et grotesque), mais ça pourrait être un second degré, une critique des courants de pensée incapable de satisfaire l’être humain lambda et qui se répande comme une traînée de poudre (ou ici de sang), dans un système académique qui s’auto-reproduit à l’infini. La fin laisse libre cours à plusieurs interprétation, la figure christique rappelle encore Bad Lieutenant, et laisse présager encore la rédemption, le pardon divin de son héroïne malgré ces péché, mais une libération par la mort qui ne serait peut-être pas sans déplaire à Nietzsche,ou encore la fin de sa maladie mentale, ou du moins son acceptation.
Je vous laisse vous de vous faire votre opinion sûr ce film, qui je pense ne devrais laisser personnes indifférent.