Ce souffle froid

Le sentez-vous, ce souffle froid ?

Celui qui vous glace le sang quand vous apprenez qu’un homme est entré dans une boîte de nuit. Que cet homme était lourdement armé, qu’il a alors ouvert le feu avant de prendre des personnes en otage pendant plusieurs heures. Qu’après cette nuit de sang et de haine, on dénombre au moins cinquante personnes tuées et 53 blessés, la fusillade de masse la plus meurtrière de ces dernières années aux États-Unis.

Ce souffle qui vous gèle les os quand vous apprenez que cette boîte de nuit était fréquentée par des homosexuels. Quand vous réalisez cette violence bestiale et cette haine, déversée, vomie par celui qui les a visé ; ce niveau d’inhumanité qu’il a fallu atteindre pour réaliser cet acte — mais le pouvez-vous seulement ? Vous vous imaginez ces gens à qui on vient de voler la vie. Ces gens qui vous ressemblent un peu. Qui aspiraient à vivre librement je l’imagine, loin de cette haine. Qui étaient simplement humains. Alors vous avez froid.

Ce souffle qui vous transit quand vous lisez les réactions officielles, émanant de responsables politiques. Y compris de personnalités ayant montré peu de sympathies pour la cause LGBT. Une bouillie creuse, pathétique, faussement compassionnelle. Une récupération abjecte, détachée de toute sensibilité. Des mots qui n’ont aucun sens. Du bruit.

Le sentez-vous, ce souffle froid qui vous anesthésie quand vous ne comprenez plus vraiment le monde qui vous entoure.

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