Un christianisme sans peur, (et du polyamour)

Il semblait, ce matin, que notre bonheur fût possible. Il avait été réveillé par un sexto, et, j’aimais à le voir heureux. Il s’était amusé avec Marine sur Snapchat, et il était d’une belle humeur. Nos combats émotionnels, n’étaient, finalement, pas invincible peut-être. Je lui parlais de Chidozie qui avait apprécié ma photo, il le prenait bien.

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Ma méditation d’hier m’avait assurée que j’avais la possibilité de vivre dans la confiance patiente. Il me disait combien jouer du violoncelle l’apaisait, le rendait capable de bonheur. Si c’était moi qui avait eu cette idée, étonnante encore à notre époque, de faire de notre couple un couple non exclusif, il me semblait, ce matin là, qu’elle pouvait nous rendre heureux, cette idée, tout les deux. C’était tout ce que je désirais.

Car, en vérité, nous étions à la vie, et nous y étions sans mode d’emploi. Il fallait bien, pour ce temps compté sur cette terre, oser essayer.

Mes idées spirituelles, avaient été grandement épurées, il ne restait, en fin de compte que ce silence paisible de mes moments de méditation. Il ne restait, que ce désir de faire de mon mieux, d’improviser, sans mode d’emploi, sans honte de ne pas en avoir, sans honte de ne pas en accepter un tout prêt. Il me restait la grande confiance.

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La vie avait cette couleur du tragique, une tragédie indicible, il me semblait que le seul moyen de la bien accepter était de la considérer comme on considère un mandala de sable coloré qu’on offrirait bientôt au vent, après y avoir travaillé avec amour et minutie, avec attention, une vie entière. Confiant en l’avenir. Elle était belle cette vision de notre vie en art éphémère, pleine de confiance.

Les frontières psychiques qui délimitaient nos territoires intérieurs, avaient à être franchies. De notre belle terre, il ne restait aucun lieu non exploré, c’était dans ces nouvelles terres éthiques qu’il nous fallait voyager, armés de courage et de patience. L’aventure, aucun être humain ne pouvait, il me semblait, être réellement heureux sans la vivre. Je m’offrais ainsi à elle, à mes côtés mon fidèle compagnon voyageait aussi. Nous rencontrions d’étonnantes bêtes qui nous faisaient peur, que nous finissions par apprivoiser ou terrasser. Je pariais pour la valeur de la ténacité et de la confiance. Enfin nous avions quitté le port, enfin nos vies auraient le sens de l’aventure et de la découverte.

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Je me rappelais avec nostalgie de nos tristesses de la veille. Elles me rendaient sensible au drame de la vie, mais elle n’émoussaient pas ma confiance ni mon désir de découverte.

Je devenais un chrétien bien original, tellement libre.

La machine humaine était d’une subtilité infinie, la reprogrammer n’allait pas sans difficultés, mais, alors que nous nous y attelions, nous travaillons pour notre bonheur, nous travaillions aussi pour les générations à venir. Nous créions de nouveaux paradigmes, peut-être plus habitables que les précédents. Si Rome et Jérusalem avaient dominées l’ancien paradigme, Paris, San Francisco Berlin et Londres, influenceraient un nouveau monde éthique, libéré des anciennes craintes et chimères.

Oui, nous n’avions pas de mode d’emploi, nous créions les règles, faisions confiance en notre intuition pour créer un paradigme praticable. Notre nature humaine était susceptible d’être modifiée, nos passions de vies, nous pouvions les mettre au premier plan, devant les pulsions de mort. Ce tribut que nous aurions à rendre à la mort, nous pouvions décider de ne le donner qu’une seule fois, le jour de notre trépas, comme un viatique. Et même alors, nous pouvions le rendre dans la confiance en la vie. Nous pouvions décider, le temps de notre vie, de n’accorder nos louanges qu’à la vie et au vivant en nous.

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Il me semblait que j’étais une sorte de chrétien bien nouveau, les avancées de mai 68 ne me semblaient pas moins importantes que celles de l’époque du mystère du Golgotha. Il me semblait que le tribut du vivant pour la mort avait été rendu une seule et unique fois. Nous avions jusqu’à aujourd’hui manqué de confiance en cet unique acte d’amour. Nous avions manqué de confiance en l’amour.

C’était pour que nous même ne rendions tribut qu’à la vie, la vie triomphante dons nous avions la ferme espérance qu’elle vaincrait la mort que l’incarnation s’était opéré, et le sacrifice de la croix. Voilà ce que je croyais. La révélation ne s’était pas close il y a deux milles ans, chaque jour, un morceau du voile tombait. Chaque jour plus confiant en l’amour, nous pouvions marcher.

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Tout est permis mais tout n’est pas profitable, ainsi, puissions nous rendre tout ce que nous désirons profitable, à nous et à tout ceux qu’on aime, à nous et à l’humanité entière. As-tu une ferme et entière confiance Valmont ? Quelles traces de doute demeurent en toi et t’empêchent de croire au véritable dessein d’amour. Ce qui est bon est bon ! Le bonheur de cette complicité avec ton conjoint, un homme alors que tu es un homme. Le bonheur de la chaleur de corps tous différent, tous aptes à t’accorder bonheur et réconfort.

Le mal n’est pas absolu mais relatif à ce que ressentent des êtres. Ainsi, puisais aimer sans peur du mal, sans doutes.

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L’homosexualité, le polyamour, et toutes les formes d’amour que notre société sclérosée combattait, étaient les formes infinies que la vie nous offrait pour notre plaisir et notre bonheur. Je croyais en la bonté du plaisir. Avions nous une confiance suffisante en la vie ? Le combat que nous avions à mener, c’était le combat contre nos doutes, contre nos méchancetés, nos impatiences, nos colères et incompréhensions. Ce qui est bien, c’est ce qui fait du bien, rien de plus rien de moins. Ce qui est mal, c’est ce qui fait du mal. La douceur et la confiance, la patience, finiraient de transformer le mal en bien. C’était nos doutes qu’il fallait ôter dans ce bain régénérant de l’amour inconditionnel.

Par delà nos idées du bien et du mal, nous irions, objectivement, vers le véritable amour, vers la véritable bienveillance, l’humanité y était destinée, prédestinée. J’y croyais !

Ultreïa !