Allo, maman, bobo : Ode aux cabines téléphoniques

R.I.P cabines téléphoniques

Nous parlons d’un temps que les millennials, digitale natives et autre génération K ne peuvent pas connaître. Mais qu’en tant que xennial, nous regrettons quelques reliques de ce temps-là même si on guette l’arrivée de l’iPhone 8. On veut parler des cabines téléphoniques. On apprenait ce matin que ces objets obsolètes allaient définitivement disparaître de la ville française. A cause de la loi Macron pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, Orange peut en effet démanteler les 5450 cabines restantes. Il faut dire qu’elles faisaient déjà l’objet d’un véritable génocide. Elles étaient 300 000 il y a 20 ans. La loi française obligeait jusqu’alors les communes à s’équiper d’au moins une cabine téléphonique. Désormais, elles seront hors la loi. Une sculpture du passé. Ou un statement punk.

La cabine connaîtra un jour le même regain d’intérêt que le vinyl ? Entrera-t-elle au musée ? Fera-t-elle l’objet d’un requiem ? Pour moi la cabine téléphonique reste d’un romantisme absolu. Car avant de pouvoir être joint partout sur son portable, il fallait trouver une cabine, puis trouver assez de pièces pour passer un coup de fil. Ou descendre en pyjama parfois attendre un coup de fil de l’être aimé, en douce de ses parents. Parce que souvent, on descendait à la cabine de téléphone pour passer des appels secrets. Pour moi, la cabine de téléphone, c’est aussi celle de la pochette flamboyante de Ziggy Stardust de Bowie. La dernière fois que je suis retournée en pèlerinage à l’endroit où a été photographiée la pochette, la cabine avait disparu. La cabine me rappelle aussi Isabelle Adjani, éplorée dans le clip d’un taxiphone. Gainsbourg lui aurait-il écrit une chanson sur le Nokia 3310 ?