Scoop : les filles aiment vraiment la musique !

Disclaimer : Cet article n’est pas tiré du Gorafi.

Scène de la vie courante ordinaire. Dans une brocante, je demande le prix d’un vinyle d’un autre temps. Le vendeur du dimanche me lance, un sourire goguenard aux coins des lèvres : « C’est pour ton papa ? ». Nan. “Pour ton fr-re ?”. Nan. “Pour ton copain?” Nan. Essaie encore…Alors oui en 2017, alors qu’il y a eu un tas de femmes qui ont écrit sur la musique, d’artistes féminines et de Djettes, c’est toujours très suspect une fille qui écoute de la musique, surtout des musiques bizarres (noise, drone, techno hardcore ou électronique barrée) ou vieilles. J’ai remarqué le truc des milliards de fois, en concert et en soirée. Ou lors d’un DJ set, quand le mec vient vérifier innocemment si les boutons sont bien allumés.

Les mecs croient que vous êtes là pour sortir avec le bassiste ou le patron de label. Sauf que bon, il y a des filles qui aiment la musique. Vraiment, sincèrement, sans vue sur l’un de ses protagonistes. Ça ne peut pas être un scoop, sérieusement. J’en connais plein des filles comme ça. Des vieilles, des jeunes, des hétéros, des lesbiennes, je peux vous en citer des tonnes. Autant que vos suspicions mesquines…Évidemment tous les hommes ne sont pas si butés, à commencer par mes rédac chefs et les mecs de maisons de disques qui sont plutôt du genre très évolués sur le sujet.

Mais alors le public des concerts et les disquaires, c’est une autre affaire. La femme ne peut pas être une geek musicale. A l’heure actuelle (et en fait pour tout te dire, depuis que j’ai des oreilles) je considère avec la plus grande gravité tout ce qui concerne de près ou de loin la chose rock, pop, électro ou autre. Même si je la prend aussi avec beaucoup de légèreté. Mais moi aussi, dès que quelqu’un m’abîme un de mes précieux vinyle, le tâche ou s’approche d’un peu trop près d’un de mes vieux magazines de rock, je deviens carrément fébrile.

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Saches aussi que je vis constamment dans la peur de me faire cambrioler vue la rareté de certains de mes disques côtés sur Discog (bon ok, ça veut rien dire les prix sur Discogs). Qu’ils prennent la télé s’ils veulent, mais qu’ils me laissent les premiers pressages de trucs que j’adore et les fanzines de Sordide Sentimental. De toute façon qui ça intéresserait ces vinyls ? Les voleurs arriveraient mieux à revendre une télé que ces petites choses… Mais bon on ne sait jamais, je pourrais par exemple me faire cambrioler par le seul criminel fan de Crispy Ambulance.

Donc voilà, ce n’est pas une marotte pour moi l’ami, c’est pas un truc pour choper du DJ (j’ai autre chose à foutre, et j’ai un chat) mais un véritable mode de vie, « an ideal for living », comme disait Joy Division, un groupe que les filles connaissent bien parce qu’il y a des t-shirts à leur effigie chez H&M. Je n’ai pas de service trois pièces entre les jambes, ni de service en faïence mais une collection de disques qui me console grandement de mes contemporains et de leurs travers. Et à un moment donné, une fille qui aime la musique aime un musicien, ce sera sûrement parce que — fait avéré cette fois — 90% des gens se rencontrent au boulot.