Energie nucléaire: une controverse ravivée au coeur du débat politique

Lundi 20 mars 2017: les 5 candidats favoris à l’élection présidentielle s’affrontaient lors d’un débat télévisé sur TF1. Dans ce débat a été traitée la question de l’écologie et notamment de l’utilisation de l’énergie nucléaire et des énergies renouvelables. Entre son histoire et les promesses faites par ces candidats, faut-il être pour ou contre l’utilisation civile de l’énergie nucléaire?

Le 28.03.2017 par Violette Kelberine-Pérès

Le début de l’énergie nucléaire

L’histoire de l’énergie nucléaire débute au Vème siècle avant J-C. avec le philosophe grec Démocrite d’Abdère, premier dans l’histoire à définir l’atome. Grâce à ce dernier, il a plus tard été possible de diviser les atomes pour obtenir de l’énergie. En 1987, J.J. Thompson découvre l’électron permettant d’identifier les atomes et leur noyau. Puis, en 1986, le physicien français Antoine-Henri Becquerel constate que l’uranium produit des radiations pénétrantes d’origine inconnue: c’est la découverte de la radioactivité. À cette même époque, Pierre et Marie Curie découvrent l’existence de deux autres éléments dont l’activité est plus élevée que celle de l’uranium : le polonium et le radium. Ensemble, ces trois éléments ont une grande importance dans le développement de l’énergie nucléaire, notamment avec les émissions de radiations alpha, bêta et gamma. En 1932, James Chadwick découvre le neutron, permettant d’observer que le noyau atomique est un projectile idéal pour provoquer des réactions nucléaires. Suite à cela, F. Joliot et I. Curie découvrent la radioactivité artificielle; l’homme est désormais capable de former des éléments radioactifs au moyen d’un “bombardement” de particules. En 1938, la fission nucléaire est découverte et montre que la division du noyau d’un atome d’uranium émet une grande quantité d’énergie.

Le point culminant des recherches sur l’énergie nucléaire se situe pendant la Seconde Guerre Mondiale avec le Projet Manhattan et la création de la bombe atomique.

Les retombées controversées des découvertes sur l’énergie nucléaire

Après la Seconde Guerre Mondiale, de nombreux débats se portent sur l’énergie nucléaire et ses utilisations civiles et militaires. L’établissement d’un protocole légal et une régulation internationale de celles-ci ont donc été nécessaires. En juin 1947 naît alors le Plan Marshall, à la suite duquel s’ensuit une série de conférences internationales sur l’usage pacifique de l’énergie nucléaire avec notamment le programme de coopération internationale “Atoms for Peace” d’Eisenhower. Cet accord propose d’arrêter et de réduire la fabrication d’armement nucléaire et mettre à la connaissance de toute l’humanité les connaissances et moyens matériels, spécialement les combustibles nucléaires, pour leur usage pour des fins pacifiques. Plusieurs organismes internationaux sont ensuite créés avec notamment l’Organisme International de l’Énergie Atomique (OIEA) en 1957 et l’Agence d’Énergie Nucléaire (AEN) intégrée dans l’OCDE. En 1967, le traité définitif de Non Prolifération Nucléaire a été organisé par l’OIEA et entre en vigueur en 1972. De nos jours, l’énergie nucléaire est utilisée dans l’industrie, la recherche et le développement de ressources. Elle est néanmoins source de vifs débats.

Les controverses sur l’énergie nucléaire

La question du nucléaire est partagée car ses applications civiles sont controversées internationalement à travers plusieurs points: les risques d’accident nucléaire grave, le risque de prolifération nucléaire, le risque de terrorisme nucléaire (détournement de matière pour fabriquer une bombe atomique ou radiologique), le coût économique de la gestion des déchets radioactifs et du démantèlement nucléaire, les réserves mondiale limitées de combustibles, la dépendance envers les pays producteurs d’uranium (tous situés hors d’Europe) et les impacts environnementaux de l’exploitation des mines d’uranium et des centrales nucléaires. Le débat sur l’utilisation de l’énergie renouvelable reste donc d’actualité, notamment en politique.

L’avenir de l’utilisation civile de l’énergie nucléaire en France

Le dimanche 23 avril 2017 se déroulera le premier tour des élections présidentielles en France. 11 candidats prétendent au titre de Président de la République. Parmi eux, les 5 candidats en tête des sondages ont participé le 20 mars à un débat télévisé. Face à face, nous retrouvons Marine Le Pen (Front National), François Fillon (Les Républicains), Emmanuel Macron (En marche!), Benoît Hamon (Parti Socialiste) et Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise). Ce débat est divisé en trois thématiques principales: “Quel modèle de société?”, “Quel modèle économique?” et “Quelle place pour la France dans le monde?”. Parmi les grandes questions abordées, le débat s’est bien évidemment porté à un moment donné sur l’écologie et la question du nucléaire. Quelle place chaque candidat accordent-ils à l’utilisation des ressources nucléaires dans leur programme?

“Il ne saurait être question d’imposer aux français un programme nucléaire auquel ils seraient profondément opposés après avoir été complètement informés.” Valery Giscard d’Estaing

Quelle suite pour les programmes présidentiels?

Les candidats n’ont pas fini de présenter leurs points de vue sur de nombreuses controverses actuelles. Après déjà quatre débats télévisés durant les primaires et un premier affrontement télévisé avec les “grands candidats”, d’autres sont prévus jusqu’au premier tour des élections. Ces séquences pourraient jouer un rôle déterminant car la télévison est considéré comme forum électoral incontournable. Les candidats pourront donc exposer leurs différentes idées sur des sujets aussi importants que l’utilisation de l’énergie nucléaire. En effet, l’énergie nucléaire ne représente pas le seul point de discorde politique; l’éducation, la sécurité, la justice, la crise migratoire ou encore la laïcité sont également au coeur des affrontements politiques.

Crédits Timeline: les sources des médias insérés dans la Timeline sont disponibles sur la Timeline.
Crédits photos: Photos des candidats - rtl.fr / Dessin - F. Brunet
Cibles: Personnes de plus de 18 ans, susceptibles d’aller voter.
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