La gare Nîmes Pont du Gard

M-8. La future gare Nîmes Pont du Gard ouvrira ses portes le 15 décembre prochain. Complémentaire à son aînée Montpellier Sud de France, les deux nouvelles gares permettront de désengorger le trafic des TGV en centre ville et de proposer plus de trains du quotidien. Véritable défi technologique, le futur site sort de terre et révèle au jour le jour, ses partis pris technologiques et environnementaux. Reportage.

Mercredi 3 avril 2019. Pas de chance ! Pour ma visite du chantier, la pluie s’est invitée. Et pas qu’un peu. La terre rouge n’en est que plus belle et j’imagine le charme du site avec un petit rayon de soleil. Mais aujourd’hui, les gouttes persistent. Chaussures et casque de sécurité, gilet orange aux couleurs de SNCF Réseau… me voilà parée et déjà trempée, pour découvrir la future gare de Nîmes Pont du Gard. Suivez le guide…

Sur le site, les ouvriers sont à pied d’œuvre et entendent ne pas perdre de temps. Et cela qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il grêle. C’est qu’ici, entre les grues et les arbres, les équipes du maître d’ouvrage (SNCF Réseau / Gares & Connexions) ainsi qu’AREP pour la Maitrise d’œuvre et Architecte sont engagées dans une véritable course contre la montre.

Dans huit mois chrono, le site ferroviaire gardois, situé entre Manduel et Redessan, accueillera le trafic de 25 TGV et 44 TER. Plus d’1,2 million de voyageurs y sont attendus dès 2020. La connexion avec le centre-ville de Nîmes sera assurée par 44 TER quotidiens. Ainsi, avec ses deux nouvelles gares, le contournement ferroviaire entre Nîmes et Montpellier pourra pleinement jouer sa mission première. A savoir, donner de l’oxygène au trafic des TGV des deux centres-villes, pour augmenter à terme le nombre de trains du quotidien.

Deux gares complémentaires

Situées toutes deux sur le tracé du Contournement ferroviaire entre Nîmes et Montpellier, les gares Montpellier Sud de France et Nîmes Pont-du-Gard sont complémentaires. Certes, jusqu’ici cela n’avait rien d’une évidence. Ouverte 18 mois avant sa petite sœur gardoise, la gare montpelliéraine, construite par l’architecte Marc Mimram, fonctionne actuellement à bas régime n’assurant qu’une dizaine de circulations de trains par jour. Trop peu pour être jugée utile et pertinente par certains. D’où les critiques au démarrage.

Encore huit mois de patience… En décembre, la mise en service de Nîmes Pont-du-Gard et le triplement du trafic permettra à Montpellier Sud de France de prendre son réel rythme de croisière. En 2020, le nombre de ses voyageurs passera des 800 000 voyageurs par an à 3 millions de voyageurs. Enfin, en 2022, elle sera connectée au centre ville par le tramway.

Dans les temps

Pour l’heure, la future gare de Nîmes est encore un vaste chantier avec ses grues, ses camions en allers-retours constants, ses chargements de matériaux… « Pas d’inquiétude » assure Philippe Holstein, Directeur de projet délégué de Gares & Connexions. « Le temps file, mais le timing est respecté. On est bien dans les temps ». Frank Bolla, son alter ego côté SNCF Réseau, est tout aussi confiant. Il assurait dernièrement dans les colonnes de Midi-Libre: « On s’adapte, on réajuste en permanence le planning avec, si nécessaire, le renforcement des équipes. On réalise un suivi très minutieux du chantier pour coller au calendrier ». Environ 60 personnes en moyenne travaillent actuellement sur le site, cinq jours sur sept. Et à ce jour, ce ne sont pas moins de 65 entreprises prestataires qui interviennent sur le chantier. Deux tiers d’entre elles sont d’ailleurs régionales.

Du nouveau chaque jour

Du coup, oui on y croit ! D’ailleurs, chaque jour, le chantier réserve ses nouvelles belles surprises : de nouveaux arbres ont été plantés, le parcours piétonnier desservant la gare est quasi terminé… Et là, bien cachée derrière la végétation naturelle du site à la terre ocre-rouge et aux abords des voies, l’édifice de la gare prend bel et bien forme. Sortie de terre depuis un bon moment, ses différents îlots sont désormais clairement identifiables : Dans le hall principal, encore protégées de plastique bleu, les hautes colonnes de bois sur lesquelles sera posé le toit ajouré, assurent une assise à l’ensemble de l’édifice. S’élevant vers le ciel, elles semblent avoir déjà pris possession des lieux au regard des immenses pins et autres arbres centenaires. Structures en béton, escaliers mécaniques, ascenseurs ont déjà leur place. Et le cadre métallique de la gare nous permet d’imaginer le futur hall de verre qui sera recouvert plus tard par une immense ombrière.

Une gare végétale et écologique

Autant la gare nouvelle Montpellier Sud de France a une allure « minérale », autant le site de Nîmes Pont-du-Gard est lui, totalement végétal. « Selon les critères de la démarche « Bâtiment Durable Méditerranéen » (BDM), le chantier réutilise 80% des terres extraites sur place pour modeler les futurs espaces de la gare » apprend-on dans une fiche technique réalisée pour la presse. Un bon point pour l’empreinte carbone du chantier.

Mais ce n’est pas tout : la démarche écologique intervient aussi bien dans le choix des matériaux que dans la gestion de l’eau avec la création de bassins de rétention ou le respect de la biodiversité favorisant notamment le maintien de la faune locale. Pour sa part, le lézard ocellé, espèce vulnérable présente sur le site, n’en sera que plus heureux.

« Dans une région où canicule et Mistral sont fréquents, assurer confort et performance énergétique tout au long de l’année est capital » assure-t-on chez BDM.

« C’est la mission dévolue à la toiture, dont les trois strates permettent de réguler les apports lumineux et thermiques (mais aussi l’étanchéité). Quant au parking, il ne sert pas seulement d’ombrière, mais joue également le rôle d’une centrale solaire photovoltaïque ».

Autre spécificité, les larges parois vitrées de part et d’autre de la gare, dévoilent l’organisation du pôle d’échange et ses grandes rampes d’accès dédiées aux flux des voyageurs. Lesquels rejoindront, en haut les voies du contournement pour les TGV. En bas, celles des TER de la ligne Tarascon-Nîmes.

La bascule de la LGV, prouesse technologique

Et justement, parlons des voies et principalement de la ligne LGV. Dans les prouesses technologiques du chantier de la gare de Nîmes Pont du Gard, il convient de citer une opération de taille programmée à la mi-juin. Actuellement, la distance entre les voies centrales, sur lesquelles passent actuellement les TGV et les quais de la nouvelle gare, sont trop éloignés. Les voies devront donc être rapprochées à la hauteur des quais. Une « bascule » des infrastructures qui nécessitera trois semaines de travaux et bien sûr l’arrêt des circulations sur le contournement ferroviaire.

Le 18 mai, venez découvrir la future gare

Bref, la future gare Nîmes Pont du Gard vaut le détour.

Alors, si le cœur vous en dit, profitez de l’opération « Vive le Train » pour découvrir les coulisses du chantier. Le 18 mai aura lieu des visites guidées. Gageons que le beau temps sera au rdv. Pour vous inscrire, cliquez ici.

Qui fait quoi ?

SNCF Réseau est le maître d’ouvrage et SNCF Gare & Connexions est le maitre d’ouvrage délégué du chantier de construction de la gare Nîmes Pont-du-Gard

Oc’via est le maitre d’ouvrage de la ligne ferroviaire de contournement de Nîmes et Montpellier.

Et combien ça coûte ?

95 millions d’euros : tels sont les montants investis pour la réalisation de la gare Nîmes Pont du Gard. La répartition des coûts est la suivante : 31,7 millions d’Euros pour SNCF Réseau ; 31,7 Millions d’euros pour l’Etat ; 22,6 millions d’euros pour la Région Occitanie ; 8,03 millions d’euros pour Nîmes Métropole et 1 million d’euros pour Montpellier Méditerranée Métropole.

© France Berlioz, pour #ViveLeTrain

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Venez découvrir en exclusivité et en avant-première la prochaine gare de Nîmes Pont-du-Gard ! Inscriptions:

https://www.viveletrain.sncf/Experience/32

Durant une semaine du 13 au 18 mai 2019 avec l’opération Vive Le Train, SNCF dévoile ses coulisses. Partout en France, sur plus de 150 sites, pour une opération ouverte au grand public, entre le “Comment ça marche ?” cher à Michel Chevalet et le “Vis ma Vie” de cheminot dans un train, une gare, un atelier, un chantier ou un bureau d’étude:
Pour vous inscrire rendez-vous sur: ViveLeTrain.sncf
Vive Le Train !