Tu supportes ou tu subis ?

veronique teurlay
Jul 25, 2017 · 7 min read

Possible que tu confondes. Il est temps de faire le tri.

Nous avons grandi et évoluons dans un SYSTÈME éducatif très normé et normatif . Et quand je dis système, dans le cas présent j’inclus famille, société, loisirs, amis et entreprise /travail. Ça en fait du monde qui a un avis sur comment les choses doivent se faire. Dans ce grand système qui nous incite à avoir de bonnes notes, il y a encore aujourd’hui très peu d’éléments qui poussent à l’esprit critique et à sortir du statu quo.
Du coup, plutôt que de se jeter sur le apprendre à apprendre. je suggère un petit détour par le désapprendre (et non pas le dés-éduquer. Quoique cette option de retour à l’instinctuel puisse aussi être intéressante sous certains aspects).
Désapprendre certains des schémas et des “valeurs” dont on nous a gavé comme des canards depuis des années. Et retrouver notre aptitude au (libre) choix ( et au fun !). Ca vous tente ?

On vous suggère d’apprendre à apprendre

  • Tout en continuant à pratiquer le culte du bulletin de vote.
    Or la démocratie n’est, par bien des aspects, pas une démocratie. Et le vote “pantoufle” reproduit d’élections en élections les mêmes effets avec un classe politique qui n’en finit pas de se déliter (dé-sé-liter).
  • Tout en continuant à courir après du travail et de bonnes évaluations annuelles, pour progresser ou avoir une prime.
    Quand les entreprises génèrent du bore out, burn out, brown out,…et s’intéressent très peu aux compétences acquises par le salarié (voire le talent qu’il exprime) à l’extérieur de la zone “travail”.
  • Et surtout fais des études. et passe ton bac !
    Le niveau des élèves plonge et le développement de l’esprit critique est une chimère. Mais il faut continuer à pointer. (je pense aussi aux enseignants !).
  • Les entreprises investissent pas ou peu (il ne s’agit pas de dépenser, mais bien d’investir) sur les soft-skills
    On pousse sur des savoirs techniques qui seront obsolètes au bout de 2 à 3 ans, quand une grosse partie des métiers auront disparu ou muté d’ici vingt ou trente ans. Y préparer les salariés ? Pour quoi faire ?

Sur quelle base exactement nous propose-t’on de continuer à engranger de la connaissance ?
Sur celle qui n’ose pas — voire ne sait pas — sortir du statu quo ?
Sur celle qui n’a pas appris à développer d’esprit critique ?
Sur celle qui pense qu’on a toujours fait comme ça et que c’est très bien ?
Sur celle qui a l’illusion du choix quand d’aucun se débat entre son conditionnement (après des années passées dans ce système éducatif), et ses élans naturels ?

Supporter… ou subir ?

L’enjeu des prochaines années — et il est de taille — va être d’apprendre à choisir. Et surtout, surtout, de distinguer “supporter” de “subir” .
Force est de constater que, bien souvent il y a de la confusion entre ces deux mots. ET rien de mieux qu’une belle anecdote tout droit sortie du métro pour illustrer cette confusion :

Schéma technique de la répartition des masses dans une rame de métro parisien. Je n’ail qu’une question. POURQUOI ?

Je monte dans une rame où des gens s’amassent en mode sardines à l’huile devant le premier poteau. Voyant qu’il y a de l’espace derrière, je dis “pardon “ et je change de place pour avoir un peu plus d’air. J’ai la chance d’être mobile, autant m’en servir !
En passant je lâche un “je ne comprends pas comment vous faites pour rester agglutinés de cette manière alors qu’il y a de la place derrière !”.
Une jeune femme me regarde et me répond l’air un peu dépité “Ouais, ben nous on supporte…”.

Sur le moment, je n’ai pas su quoi répondre. Mais il y avait quelque chose qui me gênait.* Et puis, l’illumination : quand il y a de la place juste derrière toi, et que tu préfères rester collé.e aux autres pour ensuite te plaindre d’avoir des trajets horribles, TU NE SUPPORTES PAS ! TU SUBIS !

Dans ce cas précis, tu aurais pu décider de t’accorder plus de “confort” (relatif) mais comme c’est le métro, tu DOIS être collée aux autres.
Supporter, c’est quand la rame est bondée et que, par la force des choses, tu ne peux pas bouger. Là tu supportes, avec les autres. Et parfois tu subis aussi un peu parce que pour une ou deux stations tu pourrais marcher. Ou, si tu n’es pas super pressé.e tu pourrais prendre la rame qui arrive DEUX minutes après et qui est parfois pleine d’espace.
Quand on supporte on peut aussi choisir son état d’esprit. Sur un trajet bondé une dame n’arrivait pas à attraper un poteau pour se tenir. Je lui ai proposé d’agripper mon avant-bras pour éviter qu’elle ne tombe. Comme ça on supportait, ensemble.
Ça fait 13 ans que je vis à Paris, POURQUOI autant de gens ne décident pas que leur trajet peut avoir une autre saveur que pénible et douloureux.
(Alors oui, sur certaines lignes, et à certains horaires, le trajet sera pénible et douloureux. Je n’ai aucun doute là-dessus. Je parle des cas où il y a des espaces pour faire en sorte qu’il ne le soit pas).

Choisir comment je veux passer mon trajet est certainement moins fatigant que de subir tous les jours une situation que je peux faire évoluer.

Le mantra à se répéter : je suis responsable

Prendre soin de moi relève de ma responsabilité !
Je crois que beaucoup de personnes pensent que les organisations ou la société va/doit prendre soin d’elles. Ce sera rarement le cas.
C’est ma responsabilité, à la fois de déterminer mes besoins et aussi mes limites.
Nous sommes responsables de comment nous nous sentons et comment nous avons envie de nous sentir, de comment nous nous comportons dans l’entreprise, dans notre famille ou dans la société. Et si l’environnement nous fait nous sentir mal, l’idée c’est de le dire(1) et de commencer à agir pour que ça change.

Est-ce que je supporte ou est-ce que je subis ?
Redéfinir ce qui est bon pour soi, et ce qui ne l’est pas est essentiel pour être en mesure de faire des choix.

Rappelez vous la vidéo sur la Joie : les informations que vous donne votre cerveau, c’est pour vous montrer qu’il faut que vous passiez à l’action et reveniez à cet état d’équilibre naturel est inné qu’est la joie.

Je peux vous en parler parce que j’ai fait un “out” alors que j’avais sous mon nez tous les ingrédients qui me permettaient de l’éviter. Je m’étais mise aux bons endroits pour ça, mais j’étais trop conditionnée (ou déjà trop engagée dans le “out”) pour arriver à saisir les opportunités que je m’étais créées. J’étais capable d’apprendre beaucoup de choses. Mais je n’avais pas désappris certains de mes comportements.
Le “out” m’a obligée à (re)définir ce qui était bon pour moi. Et ce qui ne l’était pas. Et j’y travaille encore.
Il m’a fallu beaucoup de temps pour intégrer dans les grandes largeurs que je suis responsable de comment je me sens. Dans mes relations avec les personnes et avec les organisations. De quoi j’ai besoin ? Quelles sont mes limites ? Est ce que je peux envisager de repousser certaines limites, si oui, de combien ? Est ce que je suis dans un rôle, et si oui, est ce qu’il me convient ? Se poser des questions, c’est la première étape.
La deuxième c’est d’être capable d’exprimer — de manière constructive — quelles sont les choses qui me dérangent et celles qui vont, et de commencer à trouver des solutions pour bouger. Est-ce que ça réagit en face ? Et si ça réagit comment ça réagit— et j’ajuste.
Et de décider ce que je fais si ça ne réagit pas.
Ce sont MES décisions, au regard du contexte dans lequel j’évolue. Je peux me planter. Parfois en beauté. Mais je peux aussi recommence, et tenter les choses autrement.

Les calandres grecques ça va faire trop loin…

Cette société se prend beaucoup trop au sérieux quand l’objectif final, pour la grande majorité, ça reste de pouvoir briller un jour en répondant un truc “cool” à Et toi ?, tu fais quoi dans la vie ?
Il suffit généralement de trois questions bien ciblées pour que le vernis saute. Et révèle un réalité dans laquelle un grand nombre de personnes s’ennuient à mourir ou croulent sous les problèmes et les tensions …
Non pas qu’elles n’aiment pas leur métier, non, mais que la manière dont on leur propose de l’exercer est juste aux antipodes de ce qui leur apporterait de la motivation et du plaisir. Et le sens qu’elles recherchent.

Quelle que soit votre fonction aujourd’hui au moment où vous êtes en train de lire ces lignes : Que feriez-vous si vous n’étiez pas évalué, jugé, limité par le SYSTÈME éducatif (je rappelle : famille, amis, écoles, société, entreprise, loisirs,…) ? Si vous vous écoutiez…
Quelle(s) décision(s) (folles) prendriez-vous pour faire bouger votre environnement ? Ne serait -ce qu’un petit peu…

De quelle base devez-vous partir (ou devez-vous retrouver) pour partir explorer ?

L’une des principales qualités à développer pour redevenir agile et créatif c’est l’humour — je parlerai d’ailleurs plutôt d’espièglerie, pour son côté plus joueur. Le propre de l’agilité étant de faire et puis éventuellement de s’excuser si les résultats ne sont pas ceux attendus.

Qu’’est-ce que vous pouvez envisager, là, maintenant, pour avoir l’impression que votre travail prend du sens ou que vous faites évoluer une situation qui ne vous convient plus ? Juste pour voir ?

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(1) Et si l’entreprise n’écoute pas il y a aujourd’hui des outils pour lui permettre de le faire ;)

Véronique Teurlay, fondatrice d’Oktopod, Clarificatrice, Exploratrice de solutions hybrides et complexes. Créativité (résolution de problèmes et recherche d’opportunités) et curiosité. Transformation d’organisations et de carrières pour créer de la valeur et un impact. (A)typiques.

Les activités d’Oktopod sont développées autour de 4 piliers : l’empowerment, l’ingéniosité, l’altruisme raisonné, et l’authenticité

Site web| Facebook Oktopod |@Oktopodwire | Newsletter d’Oktopod pour les curieux.ses et les optimistes.

veronique teurlay

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Facilitator & Catalyst @OKTOPODwire | Sparking optimism #creativity #curiosity #empowerment #agile #change #startwithwhy | #analog photographer | @vteurlay

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