
Le multipotentiel ne râle pas. Le multipotentiel clarifie. Nuance !
Ou comment votre “défaut” fait gagner du temps en détectant et en éliminant les bugs.
Vous passez depuis très longtemps pour l’emmxx de service qui râle (beaucoup), ou “s’inquiête” (trop) ? Réjouissez-vous ! Il m’aura fallu quelques lectures, une formation au processus de créativité et la mise en perspective de certaines de mes initiatives pour que je comprenne que ce comportement — tout comme multes autres aspects de ma personnalité considérés comme des “défauts” — avait un certain nombre d’avantages. Et pas des moindres. Petit post d‘accélération.
Le mode de fonctionnement que je vais décrire ici est naturel chez le multipotentiel. Mais il est fort possible que vous ne vous rendiez même pas compte que vous l’utilisez. Cet article devrait vous faire gagner un cran de “conscience” sur votre super pouvoir. N’hésitez pas à vous en servir par la suite (et tenez moi au courant !).
Je ne m’inquiète pas, je modélise !
Admettons qu’une personnes soit en train de vous parler d’une situation, ou d’un problème. Il est fort probable qu’en même temps que vous l’écoutez vous êtes en train de modélisez ce qu’elle vous dit : les tenants et aboutissants, les parties prenantes, les interactions existantes ou anticipées, ces éléments viennent se mettre en place pour recréer le système que la personne est en train de vous décrire. Cela se fait naturellement. Un peu à l’insu de votre plein grès car ce logiciel est pré-installé sur votre disque dur.
Au delà de la logique pure vous êtes aussi capable, de “capter” ce qui sonne “faux”, ou ce qui coince dans les rouages. Ça se fait en “fond de cerveau”
Et si, de manière logico- intuito-déductive, si vous avez l’impression que la présentation est incomplète, qu’il y a des zones de flou, vous allez poser des questions très ciblées. Autrement dit vous complétez la représentation du système.
Lorsque vous posez votre salve de questions vous avez peut-être souvent entendu : “t’inquiète” ou “mais c’est pas grave on verra bien” .
Eh oui ! (émoticône désabusée et long soupir) Quand un.e adulte pose des questions, très souvent, ce qui lui est renvoyé c’est qu’il s’inquiéte.
Qu‘il soit en train de construire une représentation pour comprendre si le système va buguer ou à quel endroit se trouvent les enjeux, cela n’est évident que pour celui qui modélise (et encore !)
Vous avez peut-être aussi entendu “très bonne question”… qui est en général suivie d’un silence et de la résolution du problème. Cela veut dire que vous avez posé LA question qui dissout le problème (reste à voir quelles solutions vont être mises en place).
Revenons sur une information : Oui, vous avez bien lu, ce qui ressemble à une longue litanie d’insatisfactions ou de problèmes insolubles dans votre vie pro et perso est en fait la descriptions de rouages, d’interactions des acteurs et des blocages qui en résultent. Un système … ! Avec de l’humain et des émotions entremêlées, bien entendu.
Voir c’est bien. Savoir communiquer c’est mieux
C’est là que les ennuis commencent, ou du moins commençaient.
Parce qu’arriver en disant “là, ça bugue” ou “ça va buguer là, là .. et là”, ou encore apporter une solution quand on ne vous a rien demandé — surtout dans les cas où ce n’est pas “votre” silo (autrement dit : vos oignons), ou si vous n’êtes pas en position de décider (détail important) — il est possible que ça passe mal. Ou qu’”on” se demande si le multipotentiel veut prendre sa place… Bref, souvent dans le timing ET dans la forme, ça chatouille les interlocuteurs.
Alors que pour un (a)typique il est naturel à la fois de penser comme cela et de communiquer “à plat” sans se préoccuper du timing et de la hiérarchie.
Parce que c’est “facile” et que ça fait gagner du temps !
Rappelez-nous pourquoi nous devrions nous en priver ?
Vous avez donc parlé. Souvent, personne n’a compris ce que vous vouliez dire (les autres ne voient VRAIMENT pas la même chose que vous, AU MOMENT où vous en parlez. Il faut que ça rentre).
Il est même possible que vous soyez fait renvoyer dans vos caisses.
Et trois jours, trois semaines, trois mois ou trois ans plus tard, ça plante, ou ça coince exactement à l’endroit que vous aviez mentionné.
Au fil des années, après avoir engrangé connaissances et expériences, et un beau niveau d’écoute, je sais que je fais ce travail d’analyse de fond avec une précision chirurgicale. S’il y a un endroit où il y a un problème, vous pouvez être certain.e que je cristallise dessus. Et, dans certains contexte, ça me dépasse — à vrai dire — un peu ! Mais j’ai aujourd’hui suffisamment de recul pour affirmer que ça se vérifie dans 90–95% des cas.
Là, personne ne se rappelle que vous en aviez parlé ou que vous aviez prévenu. Et si vous osez mentionner votre intervention de l’époque, il y a de fortes chances qu’on vous tombe dessus. Soit parce que vous n’avez pas suffisamment insisté (relire la partie “pas mon silo”, “pas ma responsabilité”) soit parce que ce n’est pas la peine “de la ramener” (en plus).
Et ça fait mal de se prendre des murs et des remarques alors que vous pourriez faire gagner tellement de temps à l’organisation pour laquelle vous intervenez, … mais vous n’arrivez pas à vous faire entendre, et vous ne comprenez pas pourquoi…
Clarifier : malédiction… ou talent ?
Je pourrais vous dire que c’est une “malédiction”. Ca ferait les gros titres ;)
Mais si on pouvait juste arrêter de faire des plats avec chacune de nos casseroles !? Ca n’en serait que mieux.
Ce que l’on vous (nous) renvoie aujourd’hui comme un défaut, un comportement inadéquat, du pessimisme etc. est en fait un talent IMMENSE. Et je pèse mes mots.
Alors on remonte le menton, et on respire.
Pourquoi ? Parce que la phase de clarification est la première étape de tout processus de recherche de solutions et elle est CRUCIALE car c’est elle qui pose quel problème on cherche à résoudre.
Si le problème n’est pas bien posé, les idées et les solutions générées ne répondront pas au besoin de changement, voire recréeront des problèmes.…
Ces 50 dernières années on a appelé certaines de ces solutions des “innovations”. .. voyez le résultat.
Je ne jette pas le bébé avec l’eau du bain. Mais il faudrait peut-être envisager d’innover autrement qu’à l’aveugle et juste pour satisfaire un compte en banque et des actionnaires avides.
Faites une pause, et prenez le temps de retrouver l’articulation du problème ou de la solution que vous êtes le.la seul.e à voir.
Ça demande un bel effort parce qu’il vous faut aller à l’encontre de votre fonctionnement naturel. Mais ça en vaut vraiment la chandelle parce que vous allez pouvoir aider les autres à VOIR ce que vous avez vu.
Votre message va finir par passer. Et on ne vous en écoutera que mieux.
Ça fait énormément de bien !
Apprenez aussi à lâchez du lest quand vous voyez que votre capacité à anticiper agace la/les personnes autour. Vous avez des kilomètres d’avance, et vous pourrez toujours revenir sur le sujet un peu plus tard, vous serez toujours en avance.
Ou alors,… développer des choses de votre côté. Parce que ce sur quoi vous vous arrêtez, et qui vous agace, a du potentiel.
Par ailleurs les personnes qui fonctionnement en linéaire arriveront AUX MÊMES DÉDUCTIONS qu’un personne qui fonctionne en mode “arborescence” mais pour pouvoir arriver à D, les personnes devront passer par les éléments de A, PUIS ceux de B, PUIS ceux de C, et là, la conclusion sera évidente. Passer par ces étapes prend plus de temps, d’où le décalage qui peut aller de quelques heures à plusieurs mois/années à avec ce que produit une pensée en arborescence.
Rassurer son auditoire, expliquer son mode de fonctionnement
En tant que multipotentiel il est fort possible que vos comportements soient déstabilisants dans le système dans lequel vous évoluez : un “supérieur” hiérarchique ou un “donneur d’ordre” — que ce vocabulaire est horrible, mais,… je m’égare — peut avoir l’impression d’être remis en question ou se sentir bousculé, voire développer le sentiment que vous voulez sa place !
C’est plus une question de manque de connaissance de votre fonctionnement, un problème d’égo ou cette “magnifique” culture de compétition, que votre intention de base.
Il est cependant vrai et vérifié qu’un (a)typique a besoin de plus d’espace “à plat” puisqu’il évolue en transversal / global et que ça peut être déstabilisant.
Le plus simple dans ces cas là c’est de communiquer sur votre mode de fonctionnement.
D’anticiper — là aussi — les problèmes et de proposer des solutions.
Rappel. Première chose : intégrer que 60 à 70% des personnes ne fonctionnement pas comme vous. Vous pouvez pester autant que vous voulez, si vous voulez améliorer votre situation il faut partir de là.
Ca ne sert à rien de commencer à faire le hamster en disant “oui mais ils sont nazes, ils n’ont qu’à comprendre” ou autre douceur du genre.
Vous fonctionnez différemment, et en vous remettant à courir tout.e seul.e dans votre roue vous allez continuer à vous prendre des murs. Et éventuellement finir par une sortie de route. Je continue personnellement à me prendre des murs, mais j’ai nettement améliorer mon score d’évitement ou de communication.
Cela dit, il faut bien l’avouer, un peu d’émulation (pas compétition,… émulation) ne vous déplaît pas.
Vu que globalement vous vous ennuyez ferme / étouffez littéralement dans votre case trop étroite.
A vous de jouer. Et je parle là de s’amuser !…
Tout en continuant à râler … :)
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Véronique Teurlay, fondatrice d’Oktopod, Clarificatrice, Exploratrice de solutions hybrides et complexes. Créativité (résolution de problèmes et recherche d’opportunités) et curiosité.
Transformation d’organisations et de carrières pour créer de la valeur, du sens et un impact. Activation des (A)typiques.
Les activités d’Oktopod sont développées autour de 4 piliers : l’empowerment, l’ingéniosité, l’altruisme raisonné, l’authenticité
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