Bye bye Gobee, et merci.

Vraiment Vraiment
Mar 2, 2018 · 13 min read
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Les vélos en libre service, qui sont là pour longtemps, nous donnent une belle occasion de repenser la mobilité et l’espace public. A condition de ne pas se crisper, de ne pas renoncer (à réguler), et de faire preuve d’imagination.

Par Alexandre Mussche & Romain Beaucher, associés de Vraiment Vraiment

Design industriel : des stratégies variées, des choix malheureux

On reproche aux VLS d’être conçus comme des objets jetables et de porter, intrinsèquement, une forme d’obsolescence programmée. De fait, le vélo, icône d’un design industriel mature, a vu son cahier des charges complètement rebattu par les exigences d’un stockage dans l’espace public (exposition ininterrompue aux conditions météorologiques, vandalisme) et d’un statut de vélo “partagé” (d’une logique propriété et d’entretien-soin individuel à un entretien laissé au collectif), avec en plus des usages “vernaculaires” difficiles à anticiper.

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Un Gobeebike bien rôti… (photo : BAZIZ CHIBANE)
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Swag (et mal garés)
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Jump, le vélo qui sera proposé depuis l’appli Uber (et ses 2 millions d’usager en France)

Design de service : à trois clics du premier coup de pédale, sinon rien.

On mettra au crédit des VLS de nous rappeler qu’en matière de mobilité, l’innovation est aussi liée aux services numériques attenants. Les différents systèmes applicatifs mis en place par les VLS (abonnement en moins de 3 minutes, système agile de récompense pour réguler les dépôts, possibilité de réserver un vélo 10 minutes) mettent en exergue la vétusté du design de service du système type Decaux. C’est peut-être une des faiblesses des longues DSP (qui présentent par ailleurs de nombreux avantages) : celle de ne pas pousser à innover en termes de service. Après 10 ans, on continue de s’abonner aux vélos Decaux (à Lyon, par exemple) par une laborieuse correspondance courrier, on met plus de cinq minutes à prendre un ticket journée sur une borne (dissuasif, quand votre trajet ne dure que 10 minutes) et on trouve toujours autant de touristes perdus dans l’interface, qui ont besoin d’aide pour s’inscrire.

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L’interface Mobike, le déverrouillage instantané et la possibilité de réserver un vélo à l’avance

L’espace public : jamais une colloc’ gérée comme ça ne tiendrait plus de deux mois.

L’apparition simultanée et massive des VLS a mis en valeur la rareté de l’espace public et a rendu plus visible encore le manque d’attention que nous portons à son dessin, son partage, ses équipements.

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A Rotterdam, on range son VLS dans l’alignement des parkings vélos
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Rue Witte de With : des VLS globalement bien garés qui respectent les flux piétons à Rotterdam
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Rue de Bretagne : des scooters sur le trottoir et dans les parkings vélos et un Mobike à la limite de la légalité
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L’utilisateur OFO est-il : A. un vandale B. une personne désinvolte C. un usager ne souhaitant pas occuper un arceau (dont les autres vélos ont besoin)

Futurs des mobilités, futurs de l’espace public : soyons malins, soyons élégants.

Paris s’est fixé l’objectif de plus de 15% des déplacements effectués à vélo d’ici 2020 (toutes les villes moyennes tablent sur un pourcentage à deux chiffres pour la prochaine décennie). Dans ce contexte, les VLS présentent des avantages complémentaires des autres modalités d’usages du vélo, dont il serait sage de ne pas se priver trop vite :

  • Ils peuvent permettre de mieux gérer les pics d’usages (certaines soirées de la semaine ou autour des grands évènements) en régulant dynamiquement les zones de restitution de vélo (via une incitation à ramener les vélos à des endroits précis à une heure précise) ;
  • Ils participent à la construction d’un système de mobilité agile et résilient, puisqu’il n’y a pas “d’infrastructure” : leur déploiement est agile y compris aux franges des métropoles qui grandissent plus vite que leurs infrastructures de transport en commun, les difficultés liées au passage d’un opérateur à un autre du type que celles que connaît le Vélib’ en ce moment n’ont pas lieu d’être, les VLS peuvent compenser les difficultés passagères des autres modes de transport (travaux, grèves, accidents…).
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