Je vote Macron, et voilà pourquoi.

Il semble que cette élection présidentielle soit dénuée de toute réflexion profonde. Elle est guidée par les émotions, par les affaires, par les arrangements ou les trahisons.

La colère tout d’abord, l’ingrédient principal des extrêmes, face à des coupables tous trouvés. Les riches et les patrons à gauche (qu’ils pensent synonymes), les étrangers à droite. Des cibles évidentes, dont la simple évocation provoque l’ire militante, et contre lesquelles le compromis ne serait que soumission. Voilà donc ce qu’on nous propose : être un insoumis, contre la finance ou contre l’islam, c’est selon. Une rage, un sentiment de justice que l’on trouve dans ses tripes.

“C’est dans l’ADN de n’importe quel patron, d’agir contre les travailleurs.” — Nathalie Arthaud

Quand on est un candidat à la marge, c’est bien normal de sortir de telles énormités. Recourir aux sentiments plutôt qu’aux neurones, c’est une stratégie intéressante, car les français en situation de précarité n’ont bien évidemment pas le luxe de se lancer dans une réflexion macro-économique. Non pas qu’ils ne se posent pas de questions, ils s’en posent certainement beaucoup plus au contraire. Seulement, quand vous connaissez des fins de mois difficiles, comment pouvez-vous comprendre que les 800 euros que vous lisez sur votre fiche de paie, ce soit le taux horaire d’un avocat, ou ce que gagne un footballeur en une minute ? Alors quand on entend qu’on va prendre aux riches pour investir plus de 200 milliards, c’est sûr, ça claque.

« Mais comment fait-on pour investir 200 milliards, on n’est pas endettés ?
— Je sais pas… Ah si, en annulant la dette !
— Et comment on annule la dette ?
— Je sais pas… Tu m’ennuies avec tes questions. »

Suffirait-il d’être un tribun insolent et vindicatif, pour avoir raison ? Pourtant, c’est aussi le rôle du politique de concilier la réalité de l’économie avec l’injustice ressentie, sans démagogie. On ne peut pas simplement par exemple doubler le SMIC ou donner des emplois à tout le monde, sinon ce serait fait depuis bien longtemps.

Jean-Luc Mélenchon l’a bien compris d’ailleurs, en s’éloignant du front de gauche, en demandant par exemple à réduire les drapeaux rouges dans ses meetings. Toujours dans une position contre l’élite, dont il suffirait de leur faire les poches pour résoudre tous les maux du pays, mais en se postant en un sage érudit plutôt qu’en révolutionnaire colérique. Il veut sortir de ce carcan “communiste”, et joue habilement sur l’humour pour maquiller ses accès de colères. Même si, quand on chasse le naturel, il revient au galop. D’ailleurs, ses meetings restent rythmés par l’invective, où le but affiché est de “dégager” l’autre.

Le Pen, elle, ne fait rien. Elle attend tout sourire que la colère monte, que tout s’effondre et que l’on s’affronte, puis qu’on se l’imagine en sauveuse miraculeuse. En mode Jeanne d’Arc.


Le drame, c’est quand les partis politiques traditionnels, PS et LR, tombent dans la même stratégie. Hamon comme Fillon ont basé toute leur campagne sur les sentiments plutôt que sur des arguments.

Chez Benoît Hamon, c’est une bataille d’égo pour définir la vraie Gauche, dans le but de retenir son électorat qui s’envole vers Macron et Mélenchon. Une rancoeur, après avoir échoué les petits arrangements entre amis : faire venir Macron à la primaire, ou conclure un rapprochement Hamon-Mélenchon. Au prix de son programme, qui évolue au gré de ces stratégies, à l’image de son Revenu Universel d’Existence qui a connu plusieurs moutures. Dommage d’ailleurs, car l’idée originelle du revenu de base est intéressante, puisqu’il peut être un vecteur de liberté et d’égalité des chances en donnant à chacun un capital de départ, pour se former comme pour entreprendre par exemple.

Quant au clan de François Fillon, a-t-on vraiment besoin d’en parler ?
Le menton en avant, tout serré dans son costume tel une armure médiévale, il encaisse les coups, se place en victime d’un Cabinet Noir, en appelle à la Résistance avec un grand R. Dans une posture épique, il s’imagine en héros et demande à ses soutiens de tenir bon. Aucun semblant d’argument dans cette mise en scène.


Tout ce cirque permanent cristallise le débat, et dans ce marasme de sentiments contraires, ceux qui font la bêtise de donner les arguments apparaissent comme fades, creux. Voilà donc la principale critique contre Emmanuel Macron, il serait “vide” et ses soutiens “naïfs”, parce qu’il fait appel à l’espoir plutôt qu’à la colère, la rancoeur ou la haine de l’autre.

Toutefois, une politique progressiste, c’est avant tout une politique qui profite à tous. Plus de liberté, et en même temps, plus d’égalité des chances, car l’un ne va pas sans l’autre pour éviter les dérives. Ça ne peut pas se construire sur des additions de sentiments, sans concertation.

Cela semble axiomatique que la raison doit primer sur les sentiments dans les décisions politiques, notamment dans la gestion économique et sociale du pays. Pourtant, beaucoup agissent selon leur ressenti, s’expriment sur des sujets qu’ils ne connaissaient pas, et finalement votent sans savoir pourquoi.

Je vote Macron, et voilà pourquoi.

https://twitter.com/enmarchefr/status/851076470281842688

Le programme d’En Marche !

Je passe sur les critiques du “pas de programme” ou du “vide”. Je pense que personne n’y croit vraiment, c’est simplement une mauvaise foi parmi tant d’autres dans cette campagne pour éviter de parler du fond.

Emmanuel Macron propose un contrat avec la nation, dont les premiers points sont sans aucun doute le nerf de la guerre dans l’épanouissement du pays : l’éducation, la formation, le travail.

L’éducation, au-delà des bons sentiments, c’est un investissement sans pareil. C’est jackpot ! Car investir dans l’éducation aujourd’hui, en particulier l’éducation des très jeunes, c’est combattre demain l’illettrisme, l’exclusion, le chômage, la délinquance, la pauvreté. Mais plus qu’un combat, c’est aussi une marche vers le progrès : le respect, la justice, l’empathie, l’entraide, la bienveillance, mais aussi l’humour, la culture, la passion. En un mot, le bonheur. C’est ce que l’on veut pour nos enfants.

Pour cela, il faut bouleverser le système actuel. En terme de moyens tout d’abord, notamment en dédoublant les classes des premières années dans les quartiers difficiles. Non pas réduire, mais diviser par deux. Concrètement, avec une douzaine d’élèves, on change d’un ordre de grandeur : on passe d’une “classe” à un “groupe”. C’est-à-dire une éducation davantage individualisée et personnalisée. Cela passe aussi par une valorisation du métier d’enseignant : des professeurs mieux payés, pour attirer les talents sur les territoires qui en ont le plus besoin.

Et en même temps, ce n’est pas qu’une question de moyen, mais aussi une question de méthode. Notamment en donnant — enfin ! — une autonomie pédagogique qui va permettre de sortir d’un système rigide, pour adapter l’école aux élèves et non l’inverse. Permettre notamment des projets pédagogiques transversaux, et ainsi favoriser le développement de compétences de savoir-être, plutôt qu’appliquer un programme aveuglément, matière par matière. Car apprendre, c’est avant tout vivre une expérience. Un exemple concret : dans une école traditionnelle, travailler à plusieurs, c’est tricher ; dans la vie réelle, c’est collaborer. L’école doit changer.


Mais bien sûr, l’éducation ne fait pas tout. Car c’est un investissement pour l’avenir, qui mettra des dizaines d’années à porter ses fruits. Il y a une situation critique à résoudre aujourd’hui, immédiatement. Le problème le plus criant, et dont tout le monde parle, c’est bien évidemment le taux de chômage. Encore une fois, plusieurs idéologies s’opposent.

A gauche, il n’y aurait plus de travail, alors on pallie par de la dépense publique : en créant des emplois coopératifs financés par l’Etat, ou faire une allocation universelle, c’est selon. Pour l’extrême droite il n’y a plus de travail non plus, car les étrangers ont tout pris, et l’Europe c’est le mal.
A droite, François Fillon propose la dégressivité des allocations chômage. Ici, on part du principe que le chômeur reste au chômage par confort, et la mesure inciterait un retour à l’emploi plus rapide.

Encore une fois, tout le monde se plante. Non pas que ces mesures ne soient pas intéressantes ; par exemple, les emplois coopératifs que proposent Jean-Luc Mélenchon supposent un gros investissement (c’est de toute façon le gros point noir de son programme), mais ils permettent de doper le monde associatif et de donner un sens et une place dans la société au chômeur de longue durée. De même, la dégressivité des allocations chômage peut être efficace pour les chômeurs qui profitent de l’allocation pour prendre une pause entre deux boulots. Ça existe, c’est vrai, mais c’est anecdotique. Pour tous les autres, c’est les ramener plus rapidement dans la misère.

Aussi incroyable que ça puisse paraître pour certains : du travail, il y en a. Il y en a plein même ! Des centaines de milliers d’offres d’emploi ne trouvent pas de candidats. Encore faudrait-il que les demandeurs d’emplois aient les compétences pour y répondre. Et ce problème n’ira qu’en augmentant : 60% des métiers de 2030 n’existent pas encore. Pour répondre à ce défi, une seule solution : la formation.

60% des métiers qui seront exploités en 2030 n’existent pas encore, dans le numérique notamment.

Je suis développeur web. La formation, le numérique, et de surcroît, la formation au numérique, je connais bien. Je me suis intéressé à la discipline il y a une quinzaine d’années, et j’ai du m’auto-former au rythme de l’évolution des technologies depuis. Une évolution très rapide qui a pris de court la société. Les développeurs web d’aujourd’hui sont pour la plupart autodidactes, comme je le suis moi-même, car l’Education Nationale n’a pas su suivre cette tendance.

Pourtant, vu l’essor du numérique et notamment d’Internet, les opportunités d’emplois sont énormes. Dans le développement web, ce sont les employeurs qui peinent à trouver ! Devant ce constat, j’ai co-fondé l’école O’clock, qui propose une formation de 5 mois pour devenir développeur web. Une formation intensive et relativement courte, un format qui a été conçu tout spécialement pour convenir aux demandeurs d’emploi ou aux reconversions professionnelles. Pour certains, 5 mois c’est trop long, mais on ne peut pas faire plus court sans réduire la qualité de l’expérience pédagogique.

Mon école n’est pas gratuite, puisque c’est une initiative privée. Si bien que ceux qui peuvent s’y former, ce sont ceux qui peuvent payer, c’est-à-dire ceux qui ont la chance d’avoir un capital : les étudiants dont les parents peuvent financer, où les salariés en reconversion professionnelle qui ont assez travaillé pour avoir des économies ou un droit à la formation.

Et les demandeurs d’emploi ? Pas grand chose. Et encore, ça aurait pu être bien pire, car le plan 500 000 formations a permis à des demandeurs d’emplois de voir leur formation être financée par Pole Emploi. Mais c’est la croix et la bannière ! La plupart des financements sont dirigées vers des formations conventionnées, qui sont là depuis des années, et qui sont à la ramasse niveau pédagogie comme au niveau de l’adéquation avec le marché du travail (Coucou l’AFPA !). Elles vampirisent les budgets alloués à la formation professionnelle. Le souci, c’est que ce sont les mêmes qui organisent la formation professionnelles et qui dispensent les formations. Pratique, non ? Et pendant ce temps, les autres formations pourtant plus efficientes (des taux horaires plus faibles, un retour à l’emploi plus élevé) ne sont pas financées.

Quel résultat ? On a un vivier d’emploi très important où les candidats manquent, c’est-à-dire concrètement, une opportunité de baisser le chômage et d’augmenter la croissance économique. Plutôt que de former les chômeurs à ces métiers, on préfère les laisser pendant des mois toucher des indemnités chômage — ce qui peut coûter plus cher que le prix de la formation ! — en attendant qu’il trouve un emploi par magie. C’est A-B-S-U-R-D-E !

OK, mais que fait-on ? Pas besoin de faire de comparaison ici, car il n’y a qu’un seul candidat qui souhaite modifier le système d’assurance chômage, c’est Emmanuel Macron.

Tous les autres n’osent pas mettre la main dedans. Pourquoi ? Car c’est actuellement un système paritaire. Le mot est lâché. Un système paritaire, ça veut dire un système géré par les syndicats représentants les employeurs et les employés. Explosif. Par manque de courage politique, on laisse donc un système sclérosé par peur des grèves ou autres blocages.

Pourtant, pour éviter les grèves, il suffit d’une chose toute simple. Une chose il est vrai difficile pour l’ancienne génération politique : tenir ses promesses.
Pourquoi François Hollande a-t-il été aussi impopulaire ? Ce n’est pas tant parce qu’il a pris de mauvaises réformes ; au contraire, tous les indicateurs sont maintenant au vert, la croissance repart, le chômage baisse enfin. Le problème, c’est qu’il n’a été élu sur la stratégie économique qu’il a finalement mené. Le projet d’En Marche ! annonce la couleur, et ne fait pas de fausses promesses. Si Emmanuel Macron est élu, il aura toute la légitimité de porter un tel bouleversement dès son arrivée.

“OK d’accord, mais on ne va pas former 5 millions de développeurs !”

Non, c’est vrai. J’ai simplement pris l’exemple que je connais le mieux, sur lequel j’ai une expérience concrète du terrain, en côtoyant les demandeurs d’emplois comme les conseillers et directeurs de Pole Emploi.

Mais les opportunités à venir, les transitions numériques et écologiques, vont bien au-delà des milliers de développeurs à former. Le numérique, ce n’est pas un “secteur”, c’est une transformation globale. Tous les secteurs seront touchés par cette transition, que ce soit par la numérisation, la robotisation ou l’Intelligence Artificielle. Passer à côté de ce changement de civilisation, c’est tout simplement suicidaire. Le docteur Laurent Alexandre a alerté le Sénat sur l’impact de l’Intelligence Artificielle sur l’économie :

Un Sénat sans aucun parlementaire présent. Preuve s’il en est qu’il faut urgemment renouveler le monde politique.

L’écologie quant à elle, faut-il le préciser, fourmille d’opportunités porteuses de nombreux emplois, tant le challenge scientifique et industriel est grand. Notamment dans le secteur des énergies renouvelables, mais aussi du démantèlement nucléaire, pour citer deux aspects du plan d’investissement porté par Emmanuel Macron.

Des tas de nouveaux emplois qui ne se limitent bien évidemment pas qu’aux métiers techniques. Les services à la personne par exemple, ce n’est même pas un secteur d’avenir : c’est un secteur d’aujourd’hui ! Le papy boom a commencé, la “silver économie” aussi.


Si la formation des chômeurs est la pierre angulaire de la bataille de l’emploi, on a donc besoin d’une relance de l’économie. Là encore, il y a plusieurs écoles. La politique de l’offre d’un côté, la politique de la demande de l’autre.

La politique de la demande, le fameux “carnet de commande vide”, c’est d’affirmer que si les entreprises ne s’en sortent pas, c’est que leurs clients n’ont pas assez d’argent pour acheter. Je schématise bien entendu, mais il s’agirait donc de doper l’économie, à l’aide de dépenses publiques, en donnant de l’argent permettant la relance de la consommation. C’est une politique notamment encensée par la gauche. Dans cette élection, Mélenchon, Poutou ou Arthaud prône la revalorisation salariale, notamment avec l’augmentation du SMIC. Hamon lui, prône son fameux Revenu Universel. Le point faible de cette politique, on peut la deviner : si les salaires augmentent, le coût du travail augmente, les prix augmentent. C’est l’inflation, et ça ne permet pas de relancer la consommation.

De l’autre côté, la politique de l’offre, prônée par la droite mais aussi une partie de la gauche. C’est notamment pour cette raison que le PS s’est fracturé ces dernières années, les “frondeurs” se retrouvant plutôt dans une politique de la demande. Aujourd’hui, c’est ce que propose François Fillon. Mais conjugué à une grande cure d’austérité, le projet du candidat LR se révèle injuste et surtout, totalement déconnecté de la réalité

L’idée, c’est que monter les salaires ne fonctionne plus, et qu’il faudrait plutôt abaisser le coût du travail pour rester compétitif. La fameuse compétitivité dont on a tant parlé ces derniers temps. Plutôt qu’aider les ménages à consommer, on va aider les entreprises à produire mieux et moins cher. Cette politique, bien que moins populaire (“Des cadeaux pour les patrons !”), est plus adaptée à notre époque, et s’est avérée efficace dans de nombreux pays, y compris en France. Car dans un contexte globalisé, nous sommes aussi en concurrence avec le reste du monde ; on doit donc être attractif pour exporter. Mais surtout, une politique de l’offre permet de moderniser les entreprises et d’investir. Dans un monde en transition, tant écologique que numérique, les modes de vies et les modes de travail sont bouleversés, il est donc indispensable de se moderniser.

Encore une fois, toute la pertinence du projet d’En Marche !, c’est d’éviter le piège idéologique. Emmanuel Macron propose une politique de l’offre volontariste, avec un plan d’investissement conséquent. Et en même temps, il propose également une revalorisation des salaires. Car avec la réforme de l’assurance chômage fait partie d’une refondation plus générale, qui comprend également l’assurance maladie.

Qu’est-il proposé ? La suppression des cotisations salariales, en faisant financer la protection sociale par la CSG. Plus précisément, c’est 3,1% de cotisations supprimées, contre 1,7% de CSG en plus. Ça parait magique, on enlève 3% par ici et on rajoute 1% par là, mais où donc est passé le reste ? C’est là que c’est malin : la CSG a une base plus élargie, car c’est précisément un impôt solidaire. Alors que les cotisations sociales se portent uniquement sur les salaires, la CSG se porte sur tous les fruits du travail : le salaire, mais aussi les jeux d’argent, les revenus du patrimoine, ou encore les placements financiers. Ces revenus proviennent indirectement du travail, c’est donc une juste mesure de fraternité qu’ils participent à la protection du travail.
Concrètement, le salaire net se rapproche du salaire brut. Résultat, tous les salaires net augmentent. Non seulement ça claque, mais cette fois-ci c’est financé ! Pour les petits salaires, un coup de pouce supplémentaire : l’augmentation de la prime d’activité. Pour une personne au SMIC, ces changements représentent 1000€ de plus par an. Un 13e mois !

Et pour la politique de l’offre alors ? Encore une fois, on reste sur les cotisations, les cotisations patronales cette fois-ci. De ce côté-là également on enclenche des exonérations, pour rapprocher cette fois-ci du salaire brut le “super brut”, c’est-à-dire le montant total payé par l’employeur. Une mesure bien plus efficace que l’actuel CICE, trop lent et trop tardif. En effet : on passe d’un crédit d’impôt en aval, à une baisse de cotisations en amont. Pour les entreprises en difficulté ou en croissance, ça fait toute la différence. Avec cette réforme, on a donc un coût du travail plus faible, et en même temps, un salaire plus élevé !

Ce ne sont pas les seules mesures où le programme d’En Marche ! fait preuve de pragmatisme. Sur les économies structurelles sur l’organisation de l’Etat, notamment la simplification de ce qu’on appelle “le mille-feuille administratif”. Concrètement, il s’agit de supprimer les doublons et simplifier les fonctionnements, via un non renouvellement d’une partie des fonctionnaires qui vont partir à la retraite. Ces économies vont permettre l’embauche de fonctionnaires dans les secteurs qui en ont davantage besoin, comme des postes d’enseignants, de policiers… Elles permettent également une baisse d’impôts de 20 milliards d’euros. Des baisses d’impôts à la fois pour les entreprises (politique de l’offre), notamment la baisse de l’IS, mais aussi pour les particuliers (politique de la demande), notamment via l’exonération de la taxe d’habitation.

Le projet prévoit bien d’autres mesures, je n’ai fait que mettre en valeur celle qui me paraissent les plus importantes mais aussi les plus représentatives de la vision progressiste du mouvement. Ça ne fait aucun doute que l’ensemble de ces mesures ont toutes les chances de faire réussir la France.


“Et en même temps”

Le point commun entre tous les choix du programme d’En Marche !, c’est ce fameux “En même temps” qui a maintes fois été moqué, car à première vue, elle serait le signe d’une indécision.

Un pragmatisme qui cassent les codes des partis traditionnels, habitués dans leur cocon idéologiques à choisir selon une philosophie de clan, plutôt que de sélectionner ce qui marche.

“Pardon de vous le dire !”

C’est sans doute la critique la plus invraisemblable que l’on entend sur Emmanuel Macron : on lui reproche de privilégier la raison au dogme !

La réalité de la vie privée ou professionnelle nous montre tous les jours qu’on ne peut être manichéen dans nos choix quotidiens. Si vous souhaitez économiser, pour acheter une voiture ou partir en vacances par exemple, vous avez deux options : soit tenter d’augmenter vos revenus, soit tenter de réduire vos dépenses.

La vision politique, c’est qu’on doit choisir soit l’un, soit l’autre. Faire les deux, ce serait se contredire ! Pourtant, dans la réalité, on fera bien évidemment les deux. On va réduire ses dépenses, un resto de moins par-ci, un week-end shopping écourté par-là. Et on va aussi demander des heures supp ou trouver un petit boulot supplémentaire par exemple. C’est exactement pareil dans un contexte professionnel : si mon activité n’est pas rentable, je vais à la fois tenter d’augmenter mes prix mais aussi de négocier à la baisse ceux de mes fournisseurs.

La palme de la plus belle analyse sur le sujet de ce fameux syntagme revient certainement à Raphaël Enthoven, dans une chronique tout en poésie :

“C’est le crédo de l’indécis qui plait à la figue, sans cesser en même temps de faire la cour au raisin.”

Un livre que m’avait donné mon professeur de Latin au lycée m’a marqué : Ethique à Nicomaque, d’Aristote. Un ouvrage très complexe mais aussi passionnant. On peut tenter de résumer la réflexion dans la fameuse formule In medio stat virtus, “la vérité trouve le juste milieu”. Il y a plus de 2000 ans, on avait déjà compris que c’était plus compliqué que “soit l’un, soit l’autre”. Alors pourquoi aujourd’hui nous tombons aussi bas dans le débat public ?

Bien évidemment, ne soyons pas dupes : ce soit disant manque de clarté d’Emmanuel Macron n’est qu’une stratégie politique. Tout le monde comprend bien ce qu’il dit. Mais puisqu’il fait preuve de pragmatisme dans ses propositions, on ne peut pas tellement l’attaquer sur le fond. Alors, on l’attaque sur la forme, en le faisant passer pour un indécis qui voudrait ménager la chèvre et le chou.


En fait, si Emmanuel Macron tape juste, c’est avant tout une question de méthode. Le programme a été basé sur le Diagnostic, établi lors de la Grande Marche, l’opération de porte à porte de grande envergure réalisée par En Marche ! pour recueillir l’avis des citoyens. J’ai moi-même apporté mon avis, notamment en prônant l’autonomie pédagogique et en parlant des difficultés des demandeurs d’emplois pour trouver une formation. Je suis donc très heureux de voir ces idées se matérialiser avec des propositions concrètes du programme aujourd’hui !

Ensuite, Emmanuel Macron s’est entouré d’experts dans chacun des domaines pour pouvoir répondre aux problématiques posées, tandis que les comités locaux continuaient d’abonder en propositions. Encore une fois, la stratégie a été pragmatique : d’abord dégager les marges de manoeuvres, notamment d’un point de vue chiffrage, pour pouvoir ensuite réaliser des propositions avec le budget et les opportunités disponibles.

C’est la grande différence avec l’initiative de Jean-Luc Mélenchon, la France Insoumise, qui a créé le programme d’abord, et l’a chiffré seulement par la suite. C’est la meilleure façon d’avoir un programme idéal, c’est vrai, mais pas la meilleure pour avoir un programme réaliste. Je suis d’accord avec beaucoup de propositions de la FI, malheureusement les bons sentiments ne valent rien s’ils ne sont pas appliqués. D’ailleurs, on le voit clairement dans leur chiffrage, qui pose beaucoup (trop) de questions. Pour pallier à ce manque de sérieux, ils ont organisé un live de 5h pour présenter le chiffrage, pour essayer de compenser la qualité par la quantité. Un bon coup de comm’ sur la forme, mais peu convaincant sur le fond : une litanie de chiffres sans justifications, avec des phrases aussi péremptoires que “Du fric, on en a tellement qu’on ne sait plus quoi en faire”, dixit Jacques Généreux oubliant la dette. D’ailleurs, les journalistes invités à la fin de ce long exercice ne se sont pas privés pour pointer du doigt ces incohérences.


L’intox, la seule arme contre En marche !

Chaque parole de cette campagne est scrutée, mais aussi déformée, caricaturée. En manque d’arguments, il est bien plus aisé de décrédibiliser le mouvement en sortant du contexte, ou en extrapolant la moindre imprécision ou maladresse. Je ne vais pas épiloguer sur le sujet, tous les candidats sont passés au microscope, ça fait du buzz, mais je ne crois pas que ça ait tellement d’impact dans les urnes. Ceux qui détestent un candidat le détestent encore davantage ; ceux qui défendent un candidat l’excusent volontiers. Certains excusent même des mises en examen, alors ce n’est pas un mot de travers qui va changer grand chose…

Si les polémiques peuvent être fatigantes, car elles empêchent de parler des vrais sujets, un comportement plus malhonnête a fait son apparition dans cette campagne : l’intox. Ça a toujours existé, certes, mais cette fois-ci, nous avons passé un cap. Nous sommes entrés dans l’ère de la “post-vérité”. Aujourd’hui, les informations erronées ont autant, si ce n’est plus, d’impact que la vérité.

A telle point que l’équipe d’En Marche ! doit passer son temps à défaire les rumeurs et à répondre aux interrogations, plutôt qu’à présenter ses vraies propositions. Et c’est certainement le but recherché, entraver le débat, dans cette campagne où tous les coups semblent permis.

“Emmanuel Macron serait nudiste !”

Emmanuel Macron était inconnu il y a quelques années. Il est jeune, il a gagné de l’argent, il a de l’ambition. Même sa vie amoureuse est inhabituelle. En somme, il a fait des choix audacieux toute sa vie, et forcément, il fait des envieux. Répondons à quelques-unes de ces intox.

“Macron veut faire payer un loyer fictif aux propriétaires !”

Ah celle-là, je l’ai pas mal entendu dernièrement. La raison invoquée : il faut bien payer l’exonération de la taxe d’habitation ! La rumeur viendrait d’une réflexion sur cette hypothèse publiée par l’organisme que dirigeait Jean Pisany-Ferry, un économiste aujourd’hui engagé auprès d’Emmanuel Macron. Car c’est bien connu : pour qu’une rumeur prenne, il faut toujours y intégrer un élément de vérité, pour avoir un socle crédible. On pourra ensuite déformer les informations ou omettre celles qui ne nous arrangent pas dans notre argumentaire. Comme dans ce cas présent, le fait que cette note de réflexion juge sévèrement l’idée ou encore que Pisany-Ferry ait démissionné de cet organisme.

→ En savoir plus : Désintox sur le programme d’En Marche !

“C’est le candidat des banques !”

Le classique, toujours efficace : BANQUIER ! Dans la bouche de certains, c’est carrément devenu une insulte. Après l’intox sur le programme (ou sa supposée absence), on passe aux attaques personnelles. De l’ad hominem à l’ad personam. Là encore, une technique bien éprouvée, détaillée par Arthur Schopenhauer dans son livret de rhétorique, L’art d’avoir toujours raison.

Si l’on s’aperçoit que l’adversaire est supérieur et que l’on ne va pas gagner, il faut tenir des propos désobligeants, blessants et grossiers. Être désobligeant, cela consiste à quitter l’objet de la querelle (puisqu’on a perdu la partie) pour passer à l’adversaire, et à l’attaquer d’une manière ou d’une autre dans ce qu’il est.

Oui, Emmanuel Macron a fait l’odieux outrage d’avoir travaillé dans le privé, alors que la plupart de la classe politique actuelle n’a connu que la fonction publique. Comment peut-on lui reprocher une expérience professionnelle lui permettant aujourd’hui de connaître le monde de l’entreprise et du travail, alors même que le problème du chômage et de la relance économique est l’un des défis sociaux les plus importants du quinquennat à venir ?

La loi Macron a amélioré la mobilité bancaire : depuis le 6 février, on peut changer de banque comme de chemise, c’est la nouvelle banque qui s’occupe de tout. Plus de boulot pour les banques, plus de liberté pour les clients. Surtout, il s’est positionné contre le monopole bancaire, en autorisant notamment le prêt entre entreprise. Pas très banquier tout ça.

→ En savoir plus : Désintox sur Emmanuel Macron

“Il n’aura jamais de majorité à l’Assemblée.”

Les intox sur En Marche ! ne manquent pas non plus. S’il est vrai qu’avec un mouvement aussi jeune, certains questions peuvent être légitimes, cela reste pour les “adversaires” politiques un bon moyen de détourner l’attention du fond une nouvelle fois. Pour les journalistes, c’est aussi le moyen de montrer qu’ils ne sont pas complaisants avec le mouvement. Car oui, on a parlé du candidat des banques, mais “candidat des médias”, ça marche aussi. C’est souvent l’effet inverse qui se produit : pour être sûr de ne pas être taxé de complaisance, ces derniers ont tendance à faire du zèle et sont parfois très durs envers Emmanuel Macron.

Pas de majorité, donc ? 577 candidats seront présentés aux élections législatives. Si Emmanuel Macron est élu aux élections présidentielles, c’est qu’une majorité de votant l’aura sélectionné. Pourquoi un mois plus tard, le résultat du scrutin serait différent ? La vie politique se recompose, et En Marche !, par son positionnement central et pragmatique, a logiquement le plus de chances de rassembler.

Et puis, il faudrait savoir ! Comment reprocher de ne pas pouvoir rassembler, quand dans le même temps, on reproche chaque jour au mouvement de recevoir des soutiens. “Machin soutient Macron, Machin est méchant, donc Macron est méchant.” De tels syllogismes montrent cruellement le niveau intellectuel de la campagne des concurrents…

→ En savoir plus : Désintox sur le mouvement En Marche !


Last, but not least.

La vie politique se recompose. C’est aussi, avec les enjeux sociaux, la grande question de cette élection. Ce que propose En Marche !, c’est du jamais vu. Pour la première fois depuis des décennies, les partis se disloquent, les logiques d’appareils s’usent, et des personnes de clans différents s’unissent autour des mêmes convictions, autour de mêmes valeurs.
Un optimisme réaliste qui réconciliera le peuple avec ses représentants, et qui permettra de réaliser les réformes concrètes.

  • Le pragmatisme. Il s’agit de comprendre qu’une bonne idée, “de gauche” ou “de droite”, c’est avant tout une bonne idée. C’est la réalité du terrain qui doit trancher, pas l’idéologie. C’est pourquoi la moitié des candidats d’En Marche ! aux élections législatives viennent de la société civile.
  • L’efficacité. Pour être plus efficace, il faut savoir ce qui marche. Le temps sera pris pour évaluer l’action du gouvernement. L’efficacité passe également par un parlement rénové : moins de parlementaires, et des débats plus rapides. C’est aussi par souci d’efficacité que l’autre moitié des candidats aux législatives ont une expérience de la vie politique.
  • La bienveillance. Les Français en ont marre des querelles politiques. Que ce soit les médisances entre candidats, ou la cour de récré qu’est devenue l’Assemblée Nationale. Les représentants politiques doivent être empathiques et à l’écoute. L’action politique a besoin d’être expliquée avec pédagogie. On pourrait voir dans la bienveillance prônée par le mouvement une sorte de bon sentiment bisounours. La bienveillance est pourtant l’un des moyens les plus efficaces et pragmatiques pour apaiser, construire, enseigner, avancer. L’affrontement est bien souvent infécond.
  • La probité. Comment renouer avec la confiance sans une exemplarité sans faille ? Beaucoup la promettent, mais seul En Marche ! l’a rendu effective. Les conditions sont claires : pas de casier judiciaire. Et ce, depuis la création du mouvement, et non depuis les récentes affaires Fillon et Le Pen. Le programme l’est aussi : interdiction du népotisme, ainsi que la fiscalisation et la transparence sur l’indemnité représentative des frais de mandat.
  • L’égalité femmes-hommes. Encore une fois, le mouvement n’attend pas d’être aux responsabilités pour prendre des engagements fermes. Aux élections législatives encore une fois, avec la parité parmi les candidats. Et pas une parité de façade, où l’on investit les candidates sur les circonscriptions ingagnables, simplement pour ne pas payer d’amende. De même, une parité dans le futur gouvernement.
     
    La parité, c’est un souci d’égalité, mais aussi d’efficacité démocratique. Si vous êtes une femme, c’est une anecdote que vous avez peut-être déjà vécue : vous êtes-vous déjà baladée sur cette nouvelle rue piétonne de votre ville ? Rénovée récemment par le conseil municipal, fier de lui, tout en anciens pavés d’origine ? Avant de vous apercevoir que c’est un enfer pour les talons comme pour les poussettes ? Ah, ces messieurs n’y ont pas pensé… Je précise, c’est une histoire vraie, pas un exemple.
     
    Bien entendu, l’égalité femmes-hommes n’est pas qu’un sujet politique, c’est aussi un sujet fondamental de la vitalité de notre société. Cela passe par la lutte pour l’égalité dans les salaires, la représentativité, la répartition des tâches ménagères, ou encore contre le harcèlement, contre cette culture du viol qu’on a tant de mal à éradiquer. L’égalité entre les femmes et les hommes sera une grande cause nationale du quinquennat, et le projet d’Emmanuel Macron porte des propositions concrètes pour agir. Vraiment, pas pour faire joli.

Pour toutes ces raisons, je vote Macron. Certains critiquent, certains se moquent. Le projet n’est pas parfait, car c’est impossible. L’idée, c’est de faire. Mieux, de faire ensemble. Ce projet, c’est à la fois le plus réaliste et le plus cohérent. Non pas une liste de propositions comme le font tous les autres candidats. Comme si le suffrage universel direct devait se résumer à une kyrielle de promesses et d’illusions, une liste de Noël sur laquelle on sera content d’avoir rayé deux ou trois items pendant son mandat. Car après tout, on avait beaucoup promis, mais, vous savez, c’était plus compliqué finalement…

Ce que propose Emmanuel Macron, c’est un réel plan de transformation. Plus de liberté, plus d’égalité, plus de fraternité. Je ne sais pas vous, mais moi, ça me botte.


Maxime Vasse est entrepreneur dans le web depuis 2009. Développeur front-end, il est co-fondateur de O’clock, une école de développement web nouvelle génération qui forme ses étudiants depuis chez eux, en direct avec des formateurs expérimentés.

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