De l’innovation disruptive au redressement judiciaire pour 3 pionniers de la tech

Depuis quelques semaines une véritable épidémie semble toucher l’écosystème, quelque peu cloisonné mais de plus en plus grandissant, des startups que l’on voulait voir devenir licornes. Au même titre que Uber, ou snapchat leur débuts ont suivis une voie royale, menant à une croissance fulgurante, emportant l’adhésion d’un public large et réceptif dès son déploiement, malheureusement ce mois de Juillet fut bien cruel pour des start-up que l’on pensait installées et en marche vers une domination sans partage de leur marché. Skully, Take eat easy et Save viennent d’être placé en redressement judiciaire en cette dernière semaine de juillet et personne ne l’avait vu venir…

Une adhésion totale du marché et une orientation disruptive

Dans un premier temps il faut s’intéresser à leurs origines, qui malgré des bases géographiquement éloignées (France pour Save, Belgique pour Take eat easy et USA pour Skully ) sont similaires en bien des points.

Le plus général de ces dénominateurs c’est le trait intrinsèque aux startup : elles se glissent dans un marché qui n’en est qu’à ses balbutiements et anticipent un besoin auquel elles vont répondre avec plus ou moins de brio.

Chez Skully c’est un casque connecté offrant une visière criblée d’outils technologiques sécurisants et /ou divertissants que les 2 frères Weller veulent développer. Pour Damien Morin de Save et Chloé Roose de Take it easy le smartphone servira en Belgique comme plateforme de commande de livraisons de repas et sera réparé en France, tout cela en express pour se distinguer de leurs concurrents naissants.

C’est en aout 2014 que l’entreprise Skully, issue de l’ambition et des rêves d’une fratrie se fait connaitre des internets. Sur indiegogo le duo estime à 250 000 $ leur besoin pour créer un premier prototype mais la machine s’emballe et les motards connectés, geeks, et/ou soucieux de leur sécurité financent le projet Skully à hauteur de 2 500 000 $, 10 fois plus que la somme initiale demandée.

Il y a 3 ans Take eat easy se lançait, passant de 10 à 160 employés

En quelques années, [Take eat Easy] est devenus leaders de la livraison de restaurants en Belgique et en France

alors que Save passaient eux de 3 à 150 en multipliant par 5 leur chiffres d’affaires.

Des partenaires solides et une croissance fulgurante

Au-delà de toute attente la compagnie Californienne, alors composée des deux frères, se développe et bénéficie d’un engouement total de la part du public mais également des papes de la Silicon valley qui en mars 2015 injectent plus de 11 millions de dollars dans le projet. Une part du capital est à ce moment-là cédée à Riverwood, l’un des premiers investisseurs à risquer ses deniers dans l’entreprise Gopro en 2011, ainsi qu’à une branche du géant Intel dédiée au support de projet innovants, des pointures dans le domaine technologique donc…

Pour Save ce sont des partenaires du même acabit qui se joignent au projet en septembre 2015, Xavier Niel ou 360 Capital Partners négocient leur présence au sein du comité de direction, pour quelques 15 millions d’euros.

Chez Take It Easy, c’est la co-fondatrice dans son billet de blog qui rappelle le bilan de leur année passée:

« En une année, nous avons connu une croissance mensuelle de plus de 30%, franchi le cap du million de commandes, accru notre portfolio de restaurants partenaires de 450 à 3 200 et notre base de clients de 30 000 à 350 000. »

Impressionnantes et fulgurantes donc ces jeunes pousses, qui en l’espace de 3 ans ont investies un marché, séduit un public et des capital risqueurs pour ; semblait-il évoluer drastiquement, embaucher et développer leur stratégies à l’échelle internationale, mais c’était sans compter les risques du métier d’entrepreneurs et ceux liées intrinsèquement à la croissance, qui grandissent avec elle lorsqu’elle n’est pas maitrisée :

« Pavaner sur cette croissance fulgurante, c’était fantastique. Tout le monde a pris son shot de dopamine et s’est senti pousser des ailes. Moi le premier. Sauf que nous n’avons pas maitrisé cette croissance », D.Morin.

Puis la désillusion tout aussi fulgurante

Au cours du mois de Juillet Ce sera Save, puis Take it easy et Skullly dont on apprendra dans l’ordre le placement en redressement judiciaire. La surprise est donc grande, lorsque l’on a pris connaissances des appuis solides à leur disposition, et des chiffres mirobolants qui les accompagnaient , de voir s’écrouler ces structures.

Mais à l’heure où les entrepreneurs francophones répandent eux même la nouvelle dans l’esprit d’entreprise et d’espoir que l’on associe aux pionniers de la tech — A San Francisco c’est par le biais d’un journaliste de « techcrunch » que, les fondateurs Weller comme le public, découvre que Skully ne sera plus …

Une désillusion pour ces entrepreneurs mais aussi pour leurs clients qui pensaient voir grandir des pépites et en avaient presque oubliés les bases encore balbutiantes.

Que va-t-il advenir

La question se pose alors de la suite, une fois passé le choc, comment se relever, y-a-t-il encore un espoir de sauver le navire submergé par sa croissance et ses ambitions, l’avenir nous le dira mais on peut d’ores et déjà faire le constat suivant : La garantie de poser leur casques connectés sur leur tête de motards s’éloigne pour les early-adopter de Skully, pour tendre vers une dilution quasi-certaine de l’entreprise, entraînant avec elle plusieurs dizaines d’employés pour la plupart passionnés et qui portaient, comme les futurs clients, l’ambition de pousser leurs produits et services vers une hégémonie semblable à une Gopro ou un Uber.

Le parallèle d’attachement des clients peut difficilement être fait avec les firmes belges et Françaises mais de nombreux employés seront laissés sur le côté de la piste pour tenter de relancer un système qui s’est crashé. De fait, ces pionniers qui ont plantés le terreau de futurs grands acteurs devront sans doute prendre du recul- et Damien Morin en est bien conscient

« Aujourd’hui, tout le monde est redescendu sur terre, pour construire une machine de guerre »

mais le marché est maintenant identifié et la clientèle dans l’expectative d’un renouveau déjà en cours.

En espérant que le climat de ce mois de Juillet pour les plus jeunes pousses leur soit plus favorable qu’à leur aînées.

Sources -

http://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/20150203.OBS1589/skully-ar-1-le-casque-demoto-a-realite-augmentee-arrive.html

https://medium.com/@chloeroose/lesmots-justes-pour-vous-dire-au-revoir-f1a647178346#.nbprdal1h

https://techcrunch.com/2016/07/26/oncepromising-ar-motorcycle-helmet-startup-skullyhas-crashed-and-burned/

http://americasmarkets.usatoday.com/2015/03/04/skully-funding-proves-the-right-wearablecomputer-still-excites/

William