Aide Outrancière

L’aide financière aux études du Québec fournit une assistance bien méritée aux étudiants des cycles supérieurs n’ayant pas les moyens de bien réussir leurs études, elle est décaissée des coffres du ministère de l’Éducation pour venir se retrouver sous forme de bourses et prêts dans les comptes des universitaires, permettant ainsi de payer ses dépenses mensuelles et ses frais de scolarité, ainsi que l’équipement nécessaire pour parfaire ses connaissances et habiletés.

C’est une belle initiative du Ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, en théorie.

En théorie, les politiques, les procédures et les règles qui ont pour but de réduire l’abus du système portent l’assurance de fournir l’argent à ceux qui en ont vraiment besoin. En principe, ils n’ont pour effet que de rendre l’accès laborieux, voir presque impossible à n’importe quel étudiant n’ayant pas un parcours linéaire et simple.

Les critères d’autonomie, par exemple, sont étroitement liés aux obligations qu’a un parent ayant un enfant au Québec. Un enfant peut même aller jusqu’à réclamer une aide matérielle en cour devant un juge afin de faire exercer son droit à l’appui parental. C’est fort probablement là-dessus que se basent les autorités de la caisse du ministère lorsqu’ils ont décidé qu’un enfant doit être ‘déclaré autonome’ avant de pouvoir bénéficier de l’assistance financière.


Quels sont les critères?

Ceux qui ne nécessitent pas de commentaire:

«Je suis chef de famille monoparentale et j’habite avec au moins un enfant.
Je vis avec un conjoint de fait ou une conjointe de fait et au moins un enfant (le mien ou celui de mon conjoint ou de ma conjointe).
Je suis ou j’ai été le parent biologique ou adoptif d’un enfant.
Je vis ou j’ai vécu en famille d’accueil.
Mes deux parents sont décédés.»

Rendu aux cycles supérieurs, tu as le droit à l’aide:

«J’ai un diplôme universitaire de 1er cycle (baccalauréat) ou je poursuis des études universitaires de 2e ou de 3e cycle.
J’ai terminé à l’extérieur du Québec, quatre années d’études universitaires à temps plein dans un même programme d’études;
J’ai terminé à l’extérieur du Québec, trois années d’études universitaires à temps plein dans un même programme d’études tout en étant titulaire d’un diplôme d’études collégiales.»

Ceux qui me posent problème:

«J’ai été pendant 24 mois, sans être en même temps aux études à temps plein, j’ai occupé un emploi rémunéré tout en résidant chez mes parents ou j’ai subvenu à mes besoins tout en résidant ailleurs que chez mes parents.»

Si tu as travaillé pendant 2 ans en habitant chez tes parents, n’ayant pas à subvenir à tes besoins, qu’as-tu fait avec ces deux années de salaire? N’as-tu pas assez économisé, omettant tes dépenses personnelles et tes transports, pour subvenir à tes besoins en occupant un poste à temps partiel lors de tes études?

«J’ai cessé d’étudier à temps plein pendant au moins 7 ans, consécutifs ou non.»

Je comprends que c’est nécessaire d’encourager les gens à retourner à l’école, mais de manière réaliste, quelqu’un ayant un salaire au-delà des 6 chiffres pourrait bénéficier de l’aide financière en prenant quelques années sabbatiques dans le but d’obtenir un diplôme quelconque.

«J’ai terminé au Québec, trois années d’études universitaires et j’ai accumulé 90 unités (crédits) dans un même programme d’études.»

Celui-là. Tu n’habites plus chez tes parents depuis des années, ils ne sont pas tenus responsables de payer ton loyer et fournir à tes besoins alimentaires, ils ne sont pas dans l’obligation de payer tes frais de scolarité. T’as fait une année préparatoire dans un programme universitaire connexe au tien, t’es rendu au délai de 90 crédits à l’université et bientôt 4 ans d’études qui t’ont coûté plus de 5000$ par année, sans compter ton loyer et ta nourriture.

Si tu réponds à ces critères, tu n’as pas le droit à l’aide financière, mais si tu avais pris deux années sabbatiques avant d’aller à l’université, t’aurais pu avoir quelques milliers de plus chaque année.


Au Québec, on punit les gens qui travaillent fort, réduisant leurs accomplissements à des coups de chance, traitant les riches de voleurs. Si quelqu’un réussit mieux que toi, c’est sûrement parce qu’il l’a fait de manière illégitime. Je me suis fait dire que si j’avais pris mon temps pour finir mon diplôme, j’aurais pu profiter encore plus de l’aide financière. C’est une propagation de la culture de lâcheté et just-enough’isme du Québec. Pourquoi travailler plus fort quand tu peux juste crosser el système?

Le traitement de mon dossier est en cours depuis le début de cette année, on me fournit des informations contradictoires, la ligne mise à notre disponibilité qui doit normalement servir à répondre aux questions ne possède pas de file d’attente, il faut constamment recomposer afin d’arriver à parler à un être humain. Ces humains au bout de la ligne ne sont pas garanties d’être au courant des deniers développements (même celles qui ont eu lieu il y a 6 mois) et peuvent vous refuser l’accès au département de révision, priorisant ainsi une communication par la poste pendant une période ou les services de poste menacent d’être en grève. J’ai vu mon dossier retardé de près de 2 mois et demi parce qu’ils l’ont perdu et que le traitement irait à après leurs vacances.

Vous, qui n’êtes pas aux études, vos impôts servent à financer ce système mal conçu et mal géré. Pensez-y-bien.

En attendant, je vais patienter encore un petit «4–6 semaines».
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