Le regard des ados sur la couverture médiatique de la présidentielle #FutureOfMedia

Fake news, Snapchat et info gratuites: les médias ont du boulot pour convaincre cette audience qui votera dans 5 ans !

C’est un groupe d’une cinquantaine d’ados dans une ville de province plutôt ancrée à gauche : Emmanuel Macron y a recueilli 80% des suffrages au second tour et plus de 25% au premier, devant Jean-Luc Mélenchon, François Fillon et Marine Le Pen (dans l’ordre).

Je les rencontrés dans leur lycée mardi 9 mai au matin, à peine plus de 24 heures après l’élection du nouveau président de la République, et j’ai voulu connaître la manière dont ils avaient observé cette campagne. Dans cet établissement public de centre ville, les jeunes sont plutôt issus de milieux favorisés et leur niveau moyen scolaire est assez élevé.

Ces élèves de seconde voteront en 2022. Voici de manière brute leurs réactions spontanées à mes questions.

Que leur évoquent les médias ?

« Désinformation », « fake news »
« Le journalisme est un peu orienté : par exemple on ne nous rapporte des Etats-Unis que les nouvelles négatives sur Trump »

Qu’ont-ils pensé de la couverture médiatique des élections ?

« Fillon a été tué par les médias »
« Les médias choisissent ce qu’ils veulent dire des candidats, ils peuvent influencer l’opinion »
« Moi je fais une différence entre les journalistes qui rapportent les informations et les patrons des médias qui orientent les choses »
« Macron a eu beaucoup plus de couvertures que les autres »
« On a plus entendu ce que les candidats faisaient de mal plutôt que leurs bonnes idées »
« Dans l’émission Quotidien, ils sont de gauche et ils cherchent à influencer »

Se sont-ils informé via les réseaux sociaux ?

« Facebook » « Twitter »
« Snapchat a fait des reportages sur les programmes, c’est bien, bref, ça permettait de comparer »
« Snapchat ça nous concerne beaucoup » « Et pourquoi Jean Lassalle n’a pas fait de vidéo sur Snpachat ? »

La plupart considère que Facebook et Twitter sont des plateformes neutres et ne sont pas, en elles-mêmes, des médias. Mais la question fait débat!

Et puis ils se sentent suffisamment avertis des codes des réseaux sociaux pour repérer les fake news par eux-mêmes : comptes officiels vs les autres, nature des commentaires, nombre de followers… Tout cela leur permet, estiment-ils, de détecter un compte malintentionné.

A quoi ressemblerait leur média idéal pour s’informer de la politique ?

« Il présenterait les bonnes idées de chacun et comment ça peut profiter au maximum de gens »
« Il regrouperait les idées d’extrême gauche, de gauche, de droite, d’extrême droite… juste pour poser les idées »
« Il donnerait l’essentiel des informations sans influencer »

Dans ce groupe d’une cinquantaine d’ados, seuls 2 sur seraient prêts à payer pour s’informer! L’un parce qu’il recherche des infos scientifiques qu’il ne trouve pas ailleurs, l’autre de manière plus classique pour des informations générales de qualité.

Ces réactions sont finalement assez représentatives de la défiance d’une grande partie des Français vis-à-vis des médias et aussi de l’importance prise par les réseaux sociaux pour s’informer. Elles reflètent peut-être enfin une envie d’éléments plus constructifs dans le débat public et les médias. Comment les journalistes peuvent-ils instaurer un vrai dialogue avec ces ados? C’est certainement notre grand défi!

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