Au Burkina Faso, Facebook attire de plus en plus d’institutions publiques

Ce matin, je viens de cliquer sur « j’aime », pour suivre désormais la page officielle de la Gendarmerie nationale du Burkina Faso. La page existe depuis seulement trois jours, à peu près au même moment que celle de la Direction Générale des Impôts du Burkina. Près d’un an d’existence de moins que celle des Forces armées nationales, et près de trois ans de moins que celle de la Direction Générale des Douanes Burkina Faso. La grande muette veut être de moins en moins muette et se rapprocher des citoyens en multipliant les canaux de communication.

En septembre 2015, lors d’un programme d’échanges aux USA sur les nouvelles technologies de l’information, j’ai été émerveillé par l’utilisation que fait la police de Denver (dans le Colorado) des réseaux sociaux pour combattre la criminalité et protéger les citoyens. Je pensais: le type d’expérience que l’on pourrait bien répliquer chez moi au Faso. Et on y est. Ou presque.

Bienvenue sur le compte officiel Facebook de la Gendarmerie Nationale du Burkina Faso. Notre objectif est de mieux vous accompagner dans votre sécurité!!!
Posté par Gendarmerie Nationale du Burkina Faso sur mardi 2 février 2016

La gendarmerie nationale et les Forces armées nationales sont en train d’expérimenter des nouvelles formes de communication pour se rapprocher des populations. Le moment est bien trouvé par ces deux institutions pour se faire une présence sur les réseaux sociaux. Depuis quelques temps, l’insécurité s’est révélée une préoccupation quotidienne. Il y a quelques semaines, le Burkina Faso a été victime d’attaques terroristes. Depuis lors, à chaque sortie des autorités, les appels à la collaboration se multiplient à l’endroit des populations. Déjà des initiatives de relais ont vu le jour, comme ces numéros utiles affichées sur les vitres de taxi (voiture et tricycles). Désormais, Facebook qui concentre un nombre non négligeables de jeunes Burkinabè, est mis à contribution. Ce réseau social, tout comme le site de micro-blogging Twitter, est devenu ces derniers temps l’endroit de prédilection ou les quelques Burkinabè manifestent leur patriotisme.

Les premières publications sur la page officielle de la gendarmerie nationale ont suscité un engagement intéressant de la part des internautes : moyenne 50 partages, 250 likes, 50 commentaires. La page est déjà suivie par environ 6 000 personnes. Celle des Forces armées nationales l’est par plus de 12 000 personnes. Des chiffres qui promettent d’évoluer, compte tenu de l’intérêt que les populations portent aux questions de sécurité par ces temps qui courent. Il reste que ces deux institutions ont encore fort à faire pour améliorer l’interaction avec les internautes, de loin l’aspect le plus utile de ces pages.

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