Migrants : L’Allemagne fait-elle (encore une fois) un choix d’avenir?

Yannig Roth
4 min readAug 28, 2015

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Et si la société française voyait l’immigration maîtrisée comme une dose de vitamines pour l’économie et la culture plutôt que de la mauvaise graisse ?

Imaginons le pays comme un corps humain, l’histoire comme une éducation, les valeurs comme son esprit, les institutions comme ses organes, l’économie comme son métabolisme, les habitants comme son énergie alimentaire qui lui permettent de vivre. La France est en bonne santé, belle, intelligente, élégante, riche… à tel point qu’elle a de nombreux admirateurs qui veulent la rejoindre. Mais à en croire de plus en plus de français, ces admirateurs dérangent.

L’immigration serait comme de la mauvaise graisse qui menace un beau corps d’athlète.Tous ces mauvais plats surchargeraient notre métabolisme, feraient souffrir nos organes et augmenteraient les risques de maladies — comme le chômage ou la criminalité. Du coup, on commence à compter les bourrelets, on déprime et on ne croit plus en rien. Tout ça à cause de la malbouffe. Enfin, des immigrés.

L’immigration serait comme de la mauvaise graisse qui menace un beau corps d’athlète.

Est-il juste de s’en prendre à ce trop-plein de nourriture et à ceux qui la produisent pour expliquer notre déprime? Non. Un esprit sain dans un corps sain ne devrait-il pas, en même temps que de surveiller son alimentation, s’autoriser quelques écarts et faire du sport pour assimiler toute cette énergie supplémentaire? Si.

Il ne faut pas trop manger, et il faut surveiller son alimentation. La France ne peut accueillir toute la misère du monde et vivre dans l’illusion que ça ne posera aucun problème. L’accueil massif de personnes de cultures, religions et histoires différentes peut poser des problèmes d’intégration, et l’actualité nous le prouve.

Mais c’est aussi une faiblesse que d’imputer sa surcharge pondérale à la seule existence et la consommation d’aliments gras. Comme c’est normal pour la plupart d’entre nous de manger un peu de frites, c’est aussi normal d’accueillir des immigrés, même clandestins, qui demandent l’asile ou l’accueil. Faites du sport et de la musculation, et vous pourrez en manger sans problème, votre système l’assimilera. Ajoutez-y une dose de générosité, et vous aurez même le sentiment d’avoir accompli quelque chose de juste.

L’immigration clandestine est certes un problème, mais la manière dont on la gère en est un autre. Il faut aussi savoir être humble et reconnaître le mal que nous avons à assimiler cette immigration pour qu’elle nous soit avantageuse et qu’elle rende la France plus forte. Au lieu de voir en eux des profiteurs communautaristes, on devrait voir en eux les patriotes de demain et leur permettre de se reconnaître dans les valeurs françaises. Les immigrés ne sont pas des missionnaires qui veulent envahir un pays, ce sont des personnes qui cherchent de nouveaux repères et qui ont choisi la France.

Il faut aussi savoir être humble et reconnaître le mal que nous avons à assimiler cette immigration pour qu’elle rende la France plus forte.

Certains immigrants sont néfastes et coûtent cher à la société, comme ceux quine profitent que des aides sans contreparties, ceux qui commettent des vols, font nos poches ou demandent de signer de fausses pétitions. L’intégration et l’acceptation de ces personnes par la société n’en sont pas vraiment facilitées, et il paraît légitime d’être sévère avec eux. On vient dans un pays pour s’y intégrer, ça ne devrait pas être tabou de le dire. Mais d’autres sont motivés, travailleurs, généreux et contribuent à la richesse nationale (dans tous les sens du terme).

Ils balaient nos rues, préparent nos repas, soignent les personnes dans nos campagnes, dirigent nos orchestres, et tous payent leurs impôts. Ils contribuent autant à la vie du métabolisme que les habitants présents à l’origine, parfois plus. Ils s’intègrent. Cette énergie supplémentaire, le corps devrait s’en servir pour construire du muscle et des neurones, pas de la graisse. Cet apport, lorsqu’il est bien dosé et bien assimilé, il serait plus juste de le considérer comme nos compléments alimentaires, nos vitamines.

Cet apport, bien dosé et bien assimilé, doit être considéré comme un complément alimentaire pour l’organisme France.

Si l’on s’en sert à bon escient, cette énergie fait non seulement fonctionner le métabolisme, mais elle peut aussi permettre à ce dernier de renforcer ses défenses immunitaires et de résister aux maladies qui nous entourent. Une alimentation saine et variée renforce les défenses naturelles, augmente les performances, réduit la vulnérabilité aux maladies et allonge l’espérance de vie. Un pays qui a une population unie et cosmopolite est économiquement plus puissant, socialement plus sûr et mieux armé dans la concurrence mondiale.

Maintenant, il faut savoir à quoi on veut ressembler en tant que pays : veut-on être faible et protégé ou fort et résistant? Veut-on se protéger de cette énergie par peur des bourrelets ou veut-on faire l’effort de l’assimiler pour devenir plus grand et plus fort? Préfère-t-on la minceur, la retenue et la pureté ou la résistance, l’activité et le métissage? Certains français manquent de confiance en eux, et ils ont peur des migrants, qu’ils voient comme une masse inerte qui ne profitera que des aides sociales. Et si on s’y prenait plutôt comme les allemands, qui doivent pourtant gérer 3 fois plus de demandeurs d’asile que nous ?

Il faut savoir à quoi on veut ressembler : veut-on être faible et protégé ou fort et résistant?

Il n’y a pas de doute qu’une nation puisse être forte sans accueillir et sans assimiler cette énergie extérieure, même si les bons exemples sont rares. Mais le postulat qui est fait ici est qu’une nation ouverte et exigeante puisse être plus forte que n’importe quel pays fermé à l’immigration. Pourquoi se priver d’une énergie si précieuse que des personnes motivées à s’intégrer et à travailler? Il faut juste savoir la canaliser, expulser ceux qui ne nous font pas de bien, accueillir les autres et savoir leur faire aimer notre pays.

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Yannig Roth

I’m a Full-Time Marketer, Former Academic, Occasional Teacher and a Passionate Athlete.