Mon expérience avec la dépression

Fleur De jasmin
Aug 9, 2017 · 8 min read

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler d’une expérience très importante et très intime que j’ai eue le malheur et le bonheur à la fois de vivre. Je ne dirai pas que c’est un sujet tabou, mais beaucoup de gens peinent à en parler et pourtant ça nous est tous arrivé ou nous arrivera. Il y a quelques jours j’ai regardé la vidéo d’une youtubeuse qui parlait d’un sujet très personnel que beaucoup de gens jugent mal : la dépression. Qu’est ce qu’une dépression ? Comment en reconnaitre les symptômes ? Et comment la combattre ?

Dans ma vie j’ai était dépressive à 2 reprises et de manières totalement différentes. La première fois il y a 2 ans, la 2ème fois il ya 2 mois. La dépression pour faire simple est un état psychologique dans le quel prédomine un sentiment de tristesse permanant et un manque total de joie de vivre et même parfois d’envie de vivre. Un dépression dure généralement dans le temps et implique un changement de mode de vie souvent dangereux. En étant dépressif on développe un état d’esprit négatif où l’on se sous estime et se dévalorise, on perde la notion du temps, on rejette les habitudes quotidiennes et saine, on est constamment triste et stressé. Toute chose qui nous procurait du bien être autrefois devient insignifiante et généralement cela induit à des addictions. On cherche quelque chose qui va nous soulager : le sommeil, la nourriture, la cigarette, l’alcool, la drogue, le sport, le travail…. Ces nouvelles pratiques nous servent de dérivatif car ils nous permettent d’oublier pendant un moment l’état de tristesse dans le quel on est. C’est alors que les addictions naissent. On commence à les pratiquer de plus en plus pour être le plus souvent et le plus longtemps « heureux ».

Je ne me suis rendue compte de ma dépression la première fois qu’après 8 mois, eh oui mon mal a duré un bon moment sans que je puisse le pointer du doigt c’est d’ailleurs le problème numéro 1 de la dépression : ne pas admettre que l’on est dépressif. La société nous conditionne à croire qu’être dépressif équivaut à être fou, alors tant que l’on n’est pas fou on ne soupçonne pas que tout ce mal est du à la dépression et c’est un grand tort. Au début, lors de ma première dépression je pensais que ce n’était que du stress du à mes études ; mon avenir était incertain, mes résultats étaient déplorables, mes liens avec mon entourage étaient catastrophiques trop de choses allaient mal. J’étais constamment énervée voir même en colère contre tout et tout le monde et surtout contre moi-même, je pleurais beaucoup et souvent pour des futilités, je trouvais refuge dans le sommeil, je dormais tout le temps c’était entre autre mon addiction, je me sentais incomprise, je n’avais aucune estime de moi-même et je me comparais sans cesse aux autres, rien ne me rendait heureuse, et le moindre petit échec m’enfonçait encore plus dans le gouffre. Mon état a duré 8 mois. Je ne me suis rendue compte que j’étais dépressif que quand un jour je me suis assise dans ma chambre et j’ai pleuré pendant un bonne demi heur parce que je venais de trouver un objet que j’avais perdu. A ce moment la je me suis rendue compte que j’étais malade. Oui c’est une maladie il faut l’admettre et ne pas avoir honte, j’étais malade et j’avais besoin d’aide. J’ai réussi à m’en sortir petit à petit. Tout d’abord on en parlant, puis en voyageant. Changer de cadre de vie, changer de repère et changer d’environnement nous permet de remettre les pendules à l’heur. Mais parfois ce n’est pas suffisant.

Ma 2 ème dépression est différente. Je suis toujours dépressive mais cette fois je le sais et ça change tout. Une dépression née souvent d’un événement qui marque et/ou change notre vie, elle née aussi d’une absence de but ou d’un échec personnel. Ma 2ème dépression a réuni ces 3 éléments et c’est ce qui a fait qu’elle est particulièrement profonde. Comme à chaque fois on ne se rend pas compte tout de suite de sa maladie, c’est quand les symptomes persistent et se développent que l’on reconnait être dépressif. J’ai eu un choc émotionnel. J’ai perdu un être très important dans ma vie et ça a tout chamboulé, j’ai perdu en quelque sorte ma raison de vivre je n’avais donc plus de but, ma vie avait changé et j’avais eu un échec sentimental tous les ingrédients étaient réunis pour une bonne dépression. J’ai commencé d’abord par pleurer. Je pleurai tout le temps n’importe où et n’importe quand : la nuit avant de dormir ce qui m’empêchait de dormir d’ailleurs, le matin en me réveillant, en parlant, en faisant la vaisselle, en restant assise à ne rien faire… je n’avais aucun contrôle sur mes larmes puis petit à petit les choses ont prit de l’ampleur. Je ne supportais plus la lumière du jour, jusqu’à présent j’ai toujours du mal à ouvrir le rideau dans ma chambre, je ne pouvais plus entendre de musique, j’avais perdu la notion du temps du coup je dormais le jour et veillais le soir, je ne mangeais plus comme il se doit. Au départ je ne mangeais pas du tout puis j’ai commencé à manger mais jamais à l’heur des repas jusqu’à présent je saute toujours les repas. Je ne voulais voir personnes, je changeais d’humeur au quart de tour et je me disputais avec tout le monde. J’avais l’impression que tous ceux qui m’entouraient me demandaient des comptes à rendre qu’ils essayaient de m’étouffer. J’ai développé une addiction au sommeil c’était mon seul échappatoire ; je dormais pour ne pas faire face à la réalité et a chaque fois que je me réveillais je pleurais car j’étais forcée de revenir à mes problèmes. Il m’était difficile de trouver le sommeil. Tout les moyens étaient bon, je prenais des médicaments avec somnolence comme effet secondaire, je prenais des tisanes pour dormir je pleurais à en être fatiguée et une fois endormie je ne me réveillais que 14h plus tard. Mais tout cela n’était rien comparé à ce qui a suivit. A force de répéter tout cela je n’avais aucune envie de vivre je voulais changer de nom, de passé, de ville, d’amis, de famille. Je me sentais seule et je me complaisais dans ma solitude et c’était grave car je broyais du noir. Je savais que je ne pouvais pas changer de vie et que je ne pourrais pas faire face à celle que je mène alors j’ai pensé à l’interrompre.

Le suicide est le dernier recours d’un dépressif. Ne plus voir le bout du tunnel, se retrouver seul faible face à la vie, perdre toute envie de se battre génère un désintérêt total à ce que l’on possède. On n’a pas forcement envie de mourir mais on a plus la force de faire face alors on choisit de tout arrêter. En regardant la vidéo de cette youtubeuse que je salue d’ailleurs par la même occasion j’ai pu ouvrir les yeux. La première chose que je me suis dite est : je ne suis pas toute seule. La dépression produit une illusion de solitude fatale. Nous ne sommes pas seuls, nous refusons de laisser les autres nous aider alors nous avons l’illusion d’être seuls. J’ai décidé de demander de l’aide. j’ai tout d’abord fais face à mon problème et j’ai mis un trait dessus. Car il faut le dire il est impossible de se soigner lorsqu’on pense au passé et au futur. Le passé ne contient que la raison de notre malheur il ne nous apporte rien de bon, et le futur n’est qu’une succession de possibilités et de questions il ne nous apporte rien de sur il faut penser au présent. Je ne pensais qu’à ce que j’avais perdu et comment je l’avais perdu, je me sentais mal alors j’essayais de penser au futur mais je ne savais rien de ce qui allait m’arriver je n’imaginais que le pire je me sentais incapable à faire face alors j’allais encore plus mal. En demandant de l’aide à une amie je me suis sentie moins seule j’avais un appui c’était un bon début mais il me fallait plus. J’ai du donc m’entourer de personnes qui me valorisaient et qui avaient confiance en moi. Je me suis retournée vers un nouvel ami et c’était l’une des meilleures choses que j’ai faite. A force de fréquenter toujours les mêmes personnes on ne remarque plus leurs qualités ni leur points forts on ne se focalise que sur leurs défauts en essayant de les améliorer mais en faisant cela on les amoindrit et on les détruit. C’est pourquoi quand on est dépressif il faut voir du nouveau monde des gens qui reconnaissent en nous de belles choses, qui valorisent nos qualités et nous aident à nous estimer. Tout cela évidemment est important mais mon plus grand soutien fut dieu. S’en remettre à une puissance divine, à un parent, un médecin, quelqu’un de plus compétent de plus « fort » que nous ne peut que nous aider. M’en remettre à dieu m’a soulagé d’un poids énorme, je me disais que peu importe où j’irai ce que je ferais et avec qui je serai dieu sera toujours la. Je n’étais jamais seule, dieu était mon appui. En m’en remettant à dieu j’ai donné les raines à « quelqu’un » d’autres, je n’avais donc plus à me soucier de ce qu’il fallait faire, comment faire face ni comment tenir bon, « quelqu’un » d’autre allait s’en chargé pour moi. Je suis toujours en vie et c’est pour une raison le meilleur est certainement à venir. Ces nouvelles pensées m’ont donné la force de faire face à ma maladie. Je sais de quoi je souffre et je sais comment la guérir. Tout d’abord il faut demander de l’aide, il faut partager son expérience et écouter celles des autres, il faut s’entourer de nouvelles personnes, de personnes positives qui font ressortir le meilleur de nous même, il faut renoncer à ce qui nous fait mal, l’éviter et l’oublier, il faut s’en remettre à quelqu’un de plus « fort » de plus compétant, moi j’ai choisi dieu. Il faut s’occuper, trouvez vous une nouvelle activité, apprenez une nouvelle langue, faites un gâteau, entourez vous, ouvrez vous aux autres, et dites vous que ce n’est pas votre faute, il faut relativiser ce dire que ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort. Je me sens plus forte, je ne suis pas totalement guérie mais je sens que j’ai « survécu », je sais que j’irai mieux, les plus mauvaises expériences dans nos vies tendent toujours à nous aiguiller vers de nouveaux chemins, à nous changer et faire de nous de meilleures personnes. Ne perdez pas courage vous serez une meilleure personne.

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