Makers Vs Haters : L’équation marocaine

Ce que j’ai remarqué lors de mes pérégrinations et tribulations Webesques, c’est que la tendance au négatif, au bad buzz et à la destruction l’emporte sur la critique constructive. Comme la procrastination, l’insulte et la critique destructive nous sont tombées subitement sur la tête, et au lieu d’une révolution des makers, nous avons eu celle des haters.

En effet, au lieu de la déconstruction, nécessaire à la remise en question et à la reconstruction, nous avons choisi la destruction. Comme c’est plus simple et si facile de tirer sur l’autre quand on est derrière son écran de smartphone ou d’ordinateur ; nous avons produit ainsi une armée de haters. Cette propension à haïr devient plus élevée avec la frustration bien propre à une génération connectée mais livrée à elle-même. Quand on sous-traite les jeunes à la télé puis à l’internet, le résultat peut être catastrophique.

Le constat est cuisant, je n’exagère pas quand je dis souvent que l’expérience avec les feedback négatifs, acides et amers devient lourde, voire impossible à supporter. Avec un Etat qui se décharge de l’éducation et du social en général, une société civile qui panique et une école qui répond aux abonnées absents, internet reste le seul refuge et le seul défouloire pour les générations montantes. Un espace de tous les maux et des tous les dangers. Le risque d’hyperconnectivité, de virtualisation et de formatage des esprits reste saillant.

Cette image du patron de Facebook qui a buzzé et qui en a effrayé plus d’un sur la toile en dit long sur les dangers que recèle cette 4ème révolution industrielle et cette digitalisation de masse des individus et des organisations avec un clin d’oeil implicite au Big Brother d’Orwell. Ce n’est pas par hasard que le Zuckerberg apparait dans cette scène et que la symbolique de cette image fasse peur.

Et comme ici est souvent pire qu’ailleurs et qu’un malheur ne vient jamais seul, un phénomène a vite émergé avec un profil type : le hater dont voici l’anatomie. Il s’agit d’un loser virtuel, inoffensif dans la vraie vie (en IRL) mais au clavier (tactile) aiguisé quand il s’agit de médire, diffamer ou encore insulter. Il ne connait pas personnellement le producteur de contenu, il ne produit jamais de contenu mais il est toujours là pour troller et placer la mauvaise critique.

Comme disait feu Umberto Eco, à qui je tiens à rendre un hommage posthume au passage, “Internet a donné le droit de parole à des légions d’imbéciles, qui avant ne parlaient qu’au bar, après un vers de vin, et ne causaient aucun tort à la collectivité.”. Le célèbre sémioticien et romancier Italien pèse ici ses mots, et bien qu’il emploie une insulte, elle arrive au bon moment, et à juste titre pour exprimer un ras-le-bol au sujet de ces foules déchainées sur les réseaux sociaux. Et le sémioticien d’ajouter que cette toile ne peut être que dangereuse par les possibilités et la facilité qu’elle laisse transparaître mais avec un fond occulte, voire sournois.

La révolution des Makers, bien cher à Chris Anderson, n’est pas prête à avoir lieu sous nos cieux tant que la population des haters ne cesse de s’épanouir et d’occuper l’espace virtuel avec des répercussions néfastes sur le monde réel. Etre un maker, c’est d’être empreint d’un mindset de Design Thinker, de Winner (Qui veut dire gagnant, pas un ultra du WAC) et de constructeur. Cela veut dire aussi avoir la gagne, la niaque et la pugnacité. Se doter des 3 Ps de l’entrepreneur gagnant : Passion, Patience et persévérance afin d’affronter un environnement de plus en plus propice aux mutations et aux changements.

Et si une révolution des haters a lieu, avec une guerre virtuelle où des millions d’internautes s’envoient des insultes et des critiques destructives à volonté et à tour de claviers ? Restons malgré tout optimistes car l’humain, quel que soit sa situation géographique, son ethnie et son profil recèle des trésors secrets, à explorer sans modération !