Vous ne fêterez plus Evala par hasard!

Nous sommes au mois de juillet, au Togo. Probablement avant la proclamation des examens du baccalauréat deuxième partie. Au Nord du pays, une des fêtes traditionnelles avale l’ampleur d’autres, si bien qu’elle devient objet de curiosité. L’administration publique est de presto transposée vers le Nord du pays et Kara devient de presto la nouvelle capitale… pour au moins une semaine.

Me retrouver sur Mondoblog?

La controverse n’a pas tari de sa sève. Et plus d’un s’interrogent encore. Evala, est-elle plutôt la fête nationale ? Vraisemblablement, rien qu’à voir de près le dispositif déployé, la précision et la finesse dans l’organisation, et c’est l’importance que tout le monde, dont les autorités premières du pays accordent à cet évènement qui achève de convaincre.

Ce mois de juillet est encore victime d’une migration vers le Nord du pays. Il faut reconnaitre, le phénomène a su s’imposer, faisant de lui, le grand événement du début des vacances et trouvant par la même occasion, une période toute taillée d’échapper à l’embarras qu’offre souvent la multitude de fêtes traditionnelles. Placé juste à la fin des examens scolaires et coïncidant par la même occasion au début des vacances. Ce qui fait de cette fête, une grande opportunité même pour les commerçants.

A lire aussi: Quand le politique est chancre de Epe-Ekpe

Mais diable pourquoi Evala tant rêvé d’un côté, déchire de l’autre ?

L’importance outre mesure accordée à Evala a fini par être l’arme qui sera utilisée pour maculer sa réputation, si ce n’est au delà des frontières nationales — ce qui est peu probable-, au Togo, et surtout vers sur le Sud du pays. Les conflits d’ethnies causés depuis les périodes coloniales, dans le dessein semble-t-il de diviser pour facilement dominer porte encore ses amers fruits. Et les deux grandes ethnies du Togo –Ewe et Kabyè- continuent de s’en martyriser, (au dam d’autres ethnies) au point parfois où une sorte de haine se constate. Les périodes entretemps tendues des élections illustrent mieux la situation.

A l’heure où ces mêmes autorités scandent l’hymne de la réconciliation, au nom d’une nouvelle nation qui portera dignement le nom du Togo, c’est à cette heure que les clivages deviennent ô malheureusement bien visibles. L’administration publique qui vide la capitale officielle pour loger une demeure temporaire dans les beaux hôtels de la nouvelle capitale. Parfois, le phénomène devient plus inquiétant quand la proclamation des résultats du baccalauréat doit supporter jusqu’à terme la bravoure d’une poignée d’hommes. En ce moment, d’autres milliers de bacheliers sont contraints de stocker leurs stress et tout ce qui peut y aller avec.

L’importance accordée à cet évènement est sans pareille. A d’autres fêtes traditionnelles comme Ayizan, Agbogbozan, Epe-Ekpe, Ovazu, Hogbeza, Gadoa, le président fait rarement le déplacement, quelques ministres délégués le représentent. Ce n’est pas le cas avec Evala, où tous les ministres y sont présents, coiffé par son Excellence. Lors des Evala de l’année passée, quelques célèbres lutteurs sénégalais furent invités pour leurs spectacles, de même que des comédiens et artistes ivoiriens. La célèbre Delta Akissi aurait même animé une conférence publique. L’édition de cette année connaitra la participation de la vedette (et amie du président), la nigériane en vue à l’heure actuelle Yemi Alade. Alors même que certaines fêtes traditionnelles peinent à s’organiser efficacement. La CEDEAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest) a récemment fait don des matériels de luttes pour soutenir la campagne de cette année. D’ailleurs la qualité et l’image sainement préservée d’Evala –en complicité avec la télévision nationale qui y prête particulièrement une considération pointue, plus que d’autres événements du genre- au point où tout le monde souhaite voir ce qui s’y fait. Le tout, à l’image d’un culte de l’ethnie Kabyè, minoritaire devant les Kotokolis et les Ewe pourtant. Entre Evala et les autres fêtes traditionnelles, le contraste est manifeste.

Un fait, sinon une discrimination qui n’a aucunement de caractère grégaire. Devrions-nous aussi forcément appartenir à la même ethnie que le Chef de l’État pour être heureux ?