Disruption digitale : une aubaine pour le cinéma français ?

Disruption digitale, innovation disruptive, innovation continue, innovation disruptive technologique, technologie de rupture, disruption innovatrice digitale, innovation technologique disruptive digitale continue … De nos jours, un nombre incalculable de mots ont vu le jour pour qualifier toutes sortes de bouleversements et changements qui s’opèrent au sein d’une entreprise, d’une industrie ou d’un secteur. L’objet de cet article n’étant pas de définir tous ces termes barbares, je vous renvoie vers des articles plutôt bien faits qui se contredisent parfois mais qui permettent de comprendre « un peu » mieux. Intéressons-nous à la disruption digitale …

La disruption digitale fait référence aux bouleversements et aux changements provoqués par le numérique et les nouvelles technologies dans les entreprises et les industries. Les entreprises sont alors amenées à repenser leur business model en y intégrant le digital (à ne pas confondre, donc, avec l’innovation disruptive de Clayton Christensen.).

L’industrie des médias et du divertissement n’est pas épargnée par ces changements. Netflix est un parfait exemple des conséquences de la disruption digitale. En fait, Netflix a fait ce que Airbnb a fait dans l’industrie du tourisme : rendre l’offre accessible en un clic. Netflix a supprimé les intermédiaires entre le contenu et le consommateur en créant une plateforme accessible pour quelques euros par mois seulement. Grâce à un puissant système de recommandation, Netflix est aujourd’hui capable de proposer à ses consommateurs une offre personnalisée. Et quoi qu’en dise ses détracteurs, force est de constater que Netflix séduit, car avec près de 70 millions d’abonnés dans le monde, l’entreprise de Reed Hastings reste le leader mondial de la SVOD et un sérieux concurrent aux chaînes de télévision traditionnelles.

Alors pourquoi le cinéma serait-il protégé de ces changements ? En réalité, il ne l’est pas.

Bien que le cinéma français reste globalement à l’abri de la disruption digitale (grâce notamment à l’intervention de l’État), on observe à l’étranger de nombreuses expérimentations liées à la disruption digitale dans l’industrie du film. Par exemple, outre-manche, Curzon Home Cinema (https://www.curzonhomecinema.com) propose à ses spectateurs de découvrir des films le jour de leurs sorties en salles et sur plateforme VOD où l’on trouvait récemment le dernier film de Xavier Dolan Juste la fin du monde. L’entreprise MUBI commence à acheter le package droits de diffusion en salle et en SVOD. Aux États-Unis, des studios comme la Warner réfléchissent d’ores-et-déjà à une réduction de la fenêtre réservée à l’exploitation des films en salle. Bref, les choses bougent.

Mais en France, ce type d’expérimentations n’est pas envisageable. Pourquoi ? La peur.

Alors que pour les acteurs historiques du cinéma français la disruption digitale est perçue comme une menace ou un problème, les perspectives qu’elle offre aux nouveaux entrants et aux entreprises courageuses déjà établies sont infinies.

Car là où un acteur historique voit la destruction de son business model, de ses sources de revenus, voire de l’industrie cinématographique toute entière, nous devrions aperçevoir la possibilité de créer « ce que l’on veut » entre le contenu et son public, de concevoir de nouvelles offres, et de générer plus de revenus pour mieux financer. En somme, une incroyable opportunité de permettre l’émergence de nouveaux modèles économiques qui renforceraient encore d’avantage la puissance et la singularité du cinéma français.