Sans titre


J’ai appris à lire pour “Press PLAY then any key”
Raisonné en goto et gosub sur ces touches colorées
Troqué mon vélo contre une cartouche de Duck Hunt
Démonté mon magnéto et la télévision.

J’ai fait face très jeune à l’intolérance de ma famille
Refusant de voir en son rejeton un “junkie du pixel”
Sûre que ma manette était pire que sa télé.
Beaucoup ont vécu pareil. Je ne me plains pas.

Mais rien de tout cela n’est virtuel. Laisse-moi t’expliquer.
Ma prose bâtarde ne sera jamais suffisante pour enumérer
Mes souvenirs saturés de ces moments…

Été 2000, en vacances, enfermé devant la console ;
Au barbecue des voisins, quand même emmener la Game Boy ;
Les heures séchées au collège pour fragger entre potes ;
Les mois d’argent de poche pour les factures Internet ;
En amoureux, les jeux d’ados au Trancevibrator ;
Les salles d’arcade coûteuses, rentabilisées en groupe ;
Un défi sur Guitar Hero, mode Expert toujours ;
Pas grave si je perds mais je te prends à la prochaine.

Bien plus tard, un Bomberman à 10, “une dernière et on ferme”
La map imprimée dans la rétine, à vie
Au milieu de semblables, confrères, amis,
Tandis que gueulaient derrière les KO du versus fighting.

Le video game est une aventure humaine.

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