5min pour devenir chanceux toute votre vie

Il existe une règle simple que les chanceux utilisent. On peut naître chanceux mais on peut surtout le devenir.

Un jour, une femme du nom d’Amy envoya un email au Professeur Dan Ariely, spécialiste incontesté d’économie comportemental et véritable Rock Star du milieu:

Cher Dan,
Est-ce qu’il y a des gens chanceux ?
Moi je pense que oui, seulement je n’en fait pas partie.
Amy
Dr. Dan Ariely

Et Ariely conclu sa réponse par:

« Life is a numbers game ».

Je n’ai pas trouvé de traduction exacte à cette expression. Pourtant, c’est la règle ultime respectée par tous les chanceux.

Un « number game » c’est une situation dans laquelle le facteur le plus important est le nombre d’une chose particulière. Je m’explique: la situation en question est “la vie” et cette chose particulière est “la tentative”. En somme, les chanceux partagent ce caractère très particulier: ils essaient. Ils essaient beaucoup. Ils essaient tout le temps.

Et dans la grande majorité des cas ils échouent.

Puis un beau jour ils réussissent.

On ne retiendra que ça d’ailleurs…

Ou mieux encore leurs échecs passent du monde de la Médiocrité à celui du Romantisme et du storytelling que l’on radote dans les Écoles de Commerce, comme si en parler nous associait à ce succès.

On repensera alors à cette interview complètement folle que mena le présentateur américain Charlie Roze en 2015 à Davos en Suisse face à Jack Ma, le fondateur et actuel PDG du plus grand E-commerce du monde Alibaba. En effet, lors du World Economic Forum, tous s’attendaient à ce que le milliardaire et autodidacte chinois parle de son succès.

Pourtant, Mr. Ma commença dès les dix premières minutes à énumérer ses échecs:

« (En Chine) Si vous êtes un jeune qui veut aller à l’université, vous devez passer un examen et je l’ai échoué à trois reprises. J’ai échoué à des choses drôles. J’ai échoué deux fois au test principal de l’école primaire et j’ai échoué trois fois pour les écoles secondaires. Pendant trois ans, j’ai essayé les universités. J’ai postulé pour des emplois 30 fois. J’ai été rejeté. Je suis allé postuler pour devenir policier. Ils ont dit « non, vous n’êtes pas bon ». Je suis même allé à KFC. Lorsque KFC est venu en Chine, 24 personnes ont postulé. Vingt-trois personnes ont été acceptées. J’étais le seul gars qui ne l’était pas. Quand cinq d’entre nous sommes allés postuler à la police, quatre personnes ont été acceptées. J’ai postulé à Harvard et j’ai été rejeté là-bas — dix fois ».

On se remémorera également cette punchline incroyable signée Mandela, que John Kavanagh, le premier coach de Conor McGregor, a d’ailleurs piqué pour titrer son livre :

« Je ne perd jamais. Soit je gagne, soit j’apprend »
Le champion de MMA Conor Mcgregor & John Kavanagh

La Stratégie du ‘Tant Pis’

La différence entre les chanceux et les malchanceux se joue selon moi sur un barème de notation personnel qui diffère selon ces deux groupes. J’ai tenté de modéliser ces deux comportements:

-Les malchanceux “notent” un événement vécu soit par « Échec » (que je note -1) soit par « Succès » (que je note 1). À chaque échec vécu, il faut ainsi faire le deuil de cet échec, s‘accorder de tenter de nouveau, puis se jeter à l’eau (avec en prime la peur de re-perdre 1 point dans son estime de soit).

-Les chanceux notent un événement vécu soit par « Tant pis » (que je note 0) soit par « Succès » (que je note 1). Si la tentative porte ses fruits, alors c’est un succès. Dans le cas contraire, ils se disent “Tant pis” et tentent de nouveau, forts de leurs experiences passées mais pas affaiblis en pensant “je suis nul, j’ai raté, ça n’est pas pour moi”.

Les chanceux sont simplement ceux qui ont décidé de ne pas faire de leurs échecs des traumatismes. En ce sens la vie devient un jeu des nombres et en passant sa vie entière à essayer, notre chance est en corrélation directe avec le nombre de nos tentatives.

Vous avez plus de chance d’obtenir le job de vos rêves en envoyant 100 CV qu’en en envoyant un seul.

Vous avez plus de chance de trouver l’homme ou la femme idéale si vous en rencontrez 100 que si vous en rencontrez 1. C’est mathématique après tout.

Comme une gueule de bois, les échecs et les succès se ressentent fort mais passent vite. Faire le deuil de nos échecs le plus vite possible nous permet de remonter en selle pour tenter encore et encore jusqu’à devenir chanceux.

On s’essouffle beaucoup moins à courir qu’à chercher après quoi l’on court.

La vie n’est ni un sprint ni un marathon. C’est une course contre la montre…

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Je vous laisse ça ici: le footballeur Xavi vient de gagner à la loterie au Quatar. Il gagnait déjà 10 millions d’euros par an.

Chanceux non?