#DY1–4 compagnons de route
Ma psy a assez vite compris que je serais plus à l’aise à un bureau avec une feuille et des feutres que sur le canapé sans trop savoir quoi faire de mon corps. Mon cheminement a alors pris une tournure plus visuelle que j’aimerais vous partager ici dans une série d’articles.
NOTA BENE Depuis quelques années, c’est assez à la mode de parler des émotions primaires. Je suis bien consciente de ne pas être la première à écrire sur le sujet. Le très bon film Vice Versa présente bien la complexité du micmac et la recherche d’équilibre. Pour ceux qui ont des enfants (ou pour ceux qui aiment les beaux livres), le pop-up La couleur des émotions est top pour en parler. Je ne pense pas particulièrement que travailler à partir de ses émotions, soit LE remède miracle pour apprendre à mieux se connaître (et sortir d’un temps de dépression). C’est juste que cette classification a été bénéfique pour moi. C’est une approche pertinente parmi d’autres pour découvrir son fonctionnement relationnel. (Comme Les 5 langages de l’amour, les tests DISC, le test du site Talentoday pour un contexte plus pro, etc. Pour ne citer que les méthodes que j’ai testés et que je recommanderais les yeux fermés à ceux qui veulent creuser sur qui ils sont)
Les émotions, ce que c’est et ce que ce n’est pas.
Vous verrez dans les articles suivants qu’avant ma dépression je croyais qu’il y avait une bonne émotion et trois mauvaises. Et dans certains moments, j’ai même pensé que c’était péché d’en ressentir certaines. Que ce soit clair : C’EST FAUX. En fait, les émotions sont des révélateurs neutres de ce qui nous anime au plus profond de nous. C’est ce que nous faisons d’elles après, qui peut être bon ou mauvais.
Dans mon cas, elles exprimaient (et expriment encore parfois) un certain idéal que je me suis créé inconsciemment au début de ma vie.
Elles forcent aussi une remontée en surface de nos besoins les plus profonds, les plus intimes. Voici une vidéo qui l’expliquera mieux que moi :
Rencontre avec moi-même
Après plusieurs séances à raconter et décrypter une première fois ce qui s’était passé entre 2014 et aujourd’hui dans ma vie, ma psy m’a proposé de travailler sur les émotions primaires. Comme elle savait que j’étais dans le domaine artistique, elle m’a proposé de le faire plus visuellement que oralement. Le principe était simple : 1 heure, 1 émotion, 1 feuille, 1 boîte de feutres. De ce processus ont émergé les sketchnotes les plus moches que j’ai jamais faits, mais les plus intimes. Je regrette un peu de ne pas les avoir mis au propre dans la foulée, car maintenant il y a des choses que j’ai écrites que je ne comprends déjà plus !
C’est intéressant de noter qu’au fur et à mesure que j’allais chez ma psy, je n’avais plus l’impression de rencontrer une personne extérieur à moi-même mais juste de me rencontrer. J’étais en fait moi, face à moi, pendant une heure toutes les deux semaines. Face à ma feuille, je me questionnais sur comment je vivais telle ou telle émotion. Comment je la ressentais physiquement ? Comment je cherchais à la canaliser ? Comment je l’exprimais ? Pourquoi j’agissais ainsi ? Quelles étaient les causes de mon fonctionnement ? De mon dysfonctionnement ? Finalement la psy était plus un enzyme à ma réflexion qu’une personne qui me donnait des solutions toutes faites. Et malgré une première séance de pleurs quasi en continue, j’ai rapidement apprécié d’aller à ces rendez-vous. Même si on creusait de plus en plus en profondeur, j’étais de plus en plus sereine de faire ce cheminement. Je dirais même heureuse de faire ce cheminement.
Sortir du cirque
Après avoir passé en revue mes 4 émotions, j’ai cherché à les illustrer. Assez vite m’est venue l’image de 4 animaux … dans un cirque.
Je n’ai jamais été dans un cirque, mais dans mon imagination le cirque c’est un endroit à la fois hyper festif et en même temps assez misérable dans les coulisses. Il y a toujours de la musique entrainante. Les animaux font des tours sur scène. Ils sont bien dressés et font exactement ce qu’on leur demande de faire. Tout est mis en scène et semble irréel. Monsieur Loyal en fait des tonnes pour annoncer chaque tour et en vanter leurs mérites. Il y a toujours de l’animation, du début à la fin du spectacle. Tout semble spontané et pourtant rien ne l’est … Bref, c’est le cirque !
Quand je pense à ma gestion instinctive de mes émotions, je pense à un cirque. À un spectacle faux et extravagant. On fait semblant que c’est la fête tout le temps, alors que ce n’est pas le cas. Seul un animal est sur scène et les 3 autres restent toujours en coulisse. L’un en particulier est recouvert de cicatrices plus ou moins récentes. Bon, ils le sont tous mais lui, c’est à se demander si on lui a déjà autorisé à aller dehors. Ah si, une fois, il est sorti sur scène. Et les organisateurs s’excusent encore aujourd’hui de ce “débordement”. Sous des aires de gaîté permanente, ce cirque peut être une bombe à retardement.
Aujourd’hui j’aspire à sortir mes animaux du cirque et à faire d’eux mes fidèles compagnons de marche. À n’en brimer aucun et à écouter chacun. À les accepter tous dans leur façon de s’exprimer et dans ce qu’ils ont à me dire. D’apprendre à les extérioriser (ce qui sera le sujet d’un article entier après ceux sur les 4 émotions)
Pour ceux qui veulent aller plus loin d’un point de vue scientifique : C’est pas sorcier sur les émotions :)
