Pourquoi je suis séries-vore ?

D’après Internet, j’ai passé au moins 1 mois, 3 semaines, 5 jours, 9 heures, 20 minutes à regarder des séries. Rien de très extraordinaire quand on y regarde de plus près.

Les raisons

ll y a plusieurs raisons pour lesquelles, j’aime autant regarder des séries. Elles sont plus ou moins louables mais ça n’en reste pas moins la réalité :

  • Je vis seule. Le soir quand je rendre du travail, je ne retrouve pas une famille ou des colocs pour manger. Et franchement manger seul peu être un peu déprimant parfois. L’ingestion d’aliments peut alors sembler durer une éternité. ^^ Alors je regarde un épisode (minimum) par repas. Donc forcement j’en regarde beaucoup plus que d’autres personnes dans d’autres saisons de leur vie.
  • J’ai besoin de m’évader de mes pensées rationnelles. La vie d’adulte a de multiples facettes qui peuvent bien prendre la tête. (Pas que celle d’adulte d’ailleurs) Quand on est soucieux, c’est dur de se déconnecter de ce qui nous préoccupe, par nous-même. Personnellement j’ai du mal à me concentrer sur un livre, si mon cerveau fait des to-do liste en même temps ! Les séries par leur côté multi-sensoriel me captivent davantage. Avec une série, je pars vivre l’histoire de quelqu’un d’autre et pendant 20 ou 40 minutes j’oublie mon quotidien et mes soucis actuels.
  • Dans la même logique, j’ai besoin aussi de déconnecter. D’éteindre mon cerveau. En rentrant du boulot ou entre deux sessions de travail à la maison, j’ai besoin de déconnecter. Et le format série est parfait pour cela. Un épisode de 20 min peut de temps en temps est ma carotte de mi-chemin quand j’ai des heures de travail à abattre.
  • Parfois j’ai même besoin de fuir. Quand la pression est trop forte au boulot. Ou quand mon célibat me pèse trop. Ou quand j’ai juste pas le moral. Et que je ne suis pas (encore) prête à faire face à ma situation actuelle, je me réfugie pour un temps dans une autre réalité. Il est des fois nécessaire de fuir pour mieux revenir à la réalité. Avec plus de recul et de sérénité.
  • J’aime les histoires. J’aime que des mots, des images, des sons me propulsent dans une autre époque, une autre dimension, un autre pays ou une autre famille. J’aime de nombreuses séries pour leur aspect documentaire mais aussi d’autres juste pour me divertir. J’aime voir progressivement les personnages évoluer (ce qui est souvent plus accéléré dans un film). D’ailleurs s’ils évoluent pas dans le sens que je veux, j’arrête en général de regarder la série !

Je suis une fille de la génération Y. Soyons honnête, il n’y a pas plus banal qu’une française de 26 ans, enchainant les saisons de ses séries préférées. Culturellement, je suis en fait très bien intégrée !

Regarder plusieurs séries en même temps ne fait pas de moi quelqu’un d’exceptionnel. Au contraire, cela fait juste de moi une jeune adulte, complètement dans la norme de sa génération.

Les limites et dangers

Au près de ma génération et de celle d’après, il est complètement acceptable d’enchainer les épisodes. On se plaint d’avoir à peine dormi parce qu’on s’est enfilé une saison entière la veille, alors qu’en fait on exhibe cette information comme un nouveau trophée de chasse. Dans une certaine mesure, les séries sont une nouvelle addiction de notre siècle au même titre que les réseaux sociaux et les smartphones par exemple. (Voir d’autres personnes qui parlent mieux du sujet que moi).

Pourtant même si c’est culturellement devenu acceptable de rester des heures devant son ordinateur devant Netflix, une petite culpabilité persiste quand même. Dû surement à de lointains souvenirs de nos parents nous encourageant à “aller dehors, il fait beau”.

Personnellement, je tiens à garder cette culpabilité en route, pour m’éviter de devenir complètement accro. Et je fais particulièrement attention à la relation que j’entretiens avec ce hobbies :

  • En période scolaire, je veille à ce que ma nouvelle série préférée ne viennent pas entraver ma capacité à bien faire mon boulot. Regarder des séries, ne doit pas m’empêcher de dormir 8 heures par nuit, de préparer mes cours et de corriger les projets de mes élèves. C’est notamment pour cela que je regarde essentiellement des séries qui sortent en ce moment. Comme ça, je n’ai pas plusieurs saisons disponibles mais juste un épisode par semaine. :)
  • Je jauge régulièrement que ce passe temps n’encourage pas trop mon introversion. Je suis naturellement assez solitaire (voir cet article). J’aime être seule. Quand je suis avec des personnes, je me sens jamais complètement à l’aise. Le fait d’habiter seule a déjà tendance à me rendre plus sauvage. Même si une part de moi rêvera toujours de devenir une ermite, je sais que pour mon équilibre mental et émotionnel, je dois rester en contact avec mes semblables !
  • Je parlais avant de fuir la réalité avec des séries. Ce qui est à la fois, parfois nécessaire et parfois toxique. J’ai tendance à me faire régulièrement submergée par une mauvaise gestion de mes écrans. À me mettre à regarder une série juste pour avoir un fond sonore ou plus souvent à enchainer des vidéos sur Youtube qui m’intéressent même pas. Et viens alors, un moment où quand je trimballe mon Ipad de ma cuisine à mon canapé, de mon canapé à ma salle de bain, de ma salle de bain à mes toilettes, de mes toilettes à re-mon canapé … je me dis “Yoni qu’est-ce que tu fout ?”. Je sais que ce qui me ressource vraiment c‘est le silence et les ballades.
Pourtant quand la fatigue augmente et que je deviens plus proche des vacances futures que des vacances passées, j’ai tendance à faire des moments “off” qui restent en fait très “on”.
  • Quand je regarde mon journal de bord, je vois que souvent ce qui m’empêcher de faire ce que j’ai vraiment envie de faire : donner des meilleurs cours d’Histoire de l’Art, dessiner, lire, être disponible pour mes proches, avoir des projets un peu fou … C’est le temps que je passe à regarder la vie d’autres personnes au lieu de vivre la mienne. Certes des fois, c’est parce que j’ai dit oui à trop de trucs. Mais souvent, si je suis honnête avec moi-même, c’est parce que ce que je suis passer de petites pauses dans l’action à un peu d’action dans la pause !
  • Du coup, quand je sens que le divertissement devient une addiction. Que je ne prend plus plaisir à regarder des séries/films/vidéos. Que je perds mon temps face à des écrans. Que je fuis les autres et moi-même. Que je deviens sauvage. Bref quand ma relation à mes écrans n’est plus saine, je jeûne : pendant minimum une semaine, je ne regarde plus aucune image mobile seule (Sous entendu, je peux me faire une toile). Je vous parlerais plus longuement de ce processus dans un autre article.

Pour l’heure, voici en gros, les différents réflexions que j’ai régulièrement sur cette activité quotidienne qu’une grande majorité des gens de ma génération ont également.

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