Quand on veut — à l’école — , on peut? #Meritocracy

Boyz N The Hood, J. Singleton, 1991

Question posée à des jeunes lors d’une animation sur la réussite scolaire en Discrimination Positive. La question faisait suite à un débat sur la scolarité/décrochage scolaire avec 2 supports : le film La Haine et un doc vidéo “Bruxellois en Classe(s)”

En premier lieu, j’ai été frappé par l’individualisme des élèves qui condamnaient fermement ceux et celles qui comme eux, du même quartier, de la même origine, du même milieu n’ont pas su “réussir”. Les exemples sont assez frappants :

— “Moi j’avais du mal en math, j’ai été prendre des cours particuliers” — “Moi je cherchais une école et j’ai même pris le train tôt tous les jours pour faire l’option que je voulais” — “Moi j’avais un frère braqueur, un autre en prison, une mère seule et je m’en suis sortie” — …

Cependant, un discours alternatif existait :

— “On ne va pas demander à une personne sans bras de faire menuisier” — “Si un prof est raciste t’as beau tout essayer çà n’ira pas” — “Si je veux porter mon hijab et que l’école veut pas, j’ai beau vouloir, je ne pourrai pas”

Qu’en déduire? Premièrement, une analyse de discours ; la réussite nous est appropriée et l’échec est attribué à des faits qui nous dépassent. Deuxièmement, une confusion dans les termes égalité des chances, justice sociale et équité. La provenance fait-elle la réussite? Le capital familial influe-t-il sur la trajectoire? L’école est-elle égalitaire ou équitable? A-t-on tous droit aux mêmes soutiens?

Enfin, la récupération ; la réussite individuelle des élèves défavorisés doit-elle s’imposer comme modèle à suivre pour le reste des élèves? Doit-on continuer à se soumettre à cette logique de “réussite” par l’exemple pour pallier aux insuffisances de l’école pour tous? La dernière enquête PISA est malheureusement très alarmante!

Il reste beaucoup à faire, une énorme réforme au niveau de l’empathie, mais aussi des structures liées à l’Education. Dans le cadre d’une urgence, je pense qu’il ne faille jamais négliger le mentoring, l’investissement dans les écoles de devoirs pour faire plus que des devoirs (accompagnement, soutien psychologique, inscriptions, rencontres) mais surtout, se rappeler que l’école est avant tout un moyen d’éducation et que des alternatives existent. Et surtout utiliser ces plate-formes pour outiller les gens sur leurs droits!

Le pouvoir de rendre capable les gens — L’empowerment quoi ;) — est à une portée de main, ne le négligeons pas!

Et comme une image vaut plus que mille mots, une scène qui m’aura marqué dans le film “Boyz N The Hood” de John Singleton : celle où trois jeunes, Tre, Ricky et Doughboy, issus d’une même rue, d’une part, et d’une même famille, d’autre part, connaîtront des trajectoires différentes.

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