Encore raté.
Déjà dix minutes que j’attends, les pilules ne passent pas… Je comprends, diminué, je suis un canevas. J’ai jamais compté sur personne. Je compte pas pour ces démones. Je multiplie les échecs, même pour finir ma vie. Je ne peux me soustraire à ce monde qui me suit. Dans mon bain, regard vitreux et désolé. Je regarde la vitre… euh… J’vois des vieux… Envie de clamser. Le rasoir est à ma gauche, impeccablement usé et c’est là que me vient l’idée de me “raser”… Méthodique, je tire une latte, je m’applique à fumer le filtre. Comme dans un exercice de maths, faut bien lire entre les lignes. Le philtre gicle, la vie s’écoule mais je reste digne. Je mate un bon vieux porno en attendant un quelconque signe. Je perds conscience, c’est un début, on est d’accord. Tous les chemins mènent à la mort. J’ai beaucoup raté dans ma vie, jamais d’alcootests parce que j’ai pas beaucoup écrit, encore à l’ouest. Je n’ai jamais eu le vent en poupe alors je me suis laissé mener en bateau. Je ne sais pas vraiment nager, condamné à errer dans l’eau. Doucement ma tête s’affaisse. La tristesse se mêle aux rêves d’anneaux et de fesses. Plus que quelques minutes et viendra ma chute chez Saint-Pierre. Je m’en sortirais avec une blague sur Toto et la prière. Tout à coup, j’entends des cris. Merde, je suis découvert… Le suicide c’est comme la vie. Bien mieux en solitaire.