Encore une fois, Tunis a mal.

Ce soir, j’ai eu envie d’écrire avec le cœur. J’aurais dû m’entraîner car je ne suis pas si bon coureur. Derrière des rimes je me suis caché, derrière de belles paroles, on m’a adoubé et derrière les faux semblants, j’ai tout accepté.

Ecrire pour être aimé, dire les choses qu’il fallait, quand il fallait, utiliser la prose telle une rose pour les appâter.

Bref, ce soir plus de rimes au programme. Ces derniers mois, j’ai essayé d’écrire pour combler une sorte de mal-être, une sorte de manque qui m’a traversé comme des milliers de mots que je n’ai pas entendu et des milliers d’images que je n’ai pas vu. Accablé par les événements et fatigué, tellement fatigué. Je ne veux ni écrire un classique “Vive la Tunisie” ou un message alarmiste et déprimant mais… Mais j’ai l’impression qu’on m’a volé ma jeunesse. Vous devez bien rire derrière vos écrans mais c’est vraiment ce que je ressens. Cynique, déprimé, en quête d’approbation et vivant dans la terreur, je ne me sens plus tranquille. Je ne me suis jamais vraiment senti tranquille mais aujourd’hui plus que les autres jours, resurgit encore une fois ce mal-être. J’ai eu la chance de ne pas connaître les personnes qui sont décédées récemment mais est-ce de la chance ? Des veuves, des orphelins, des frères, des sœurs à l’abandon et vous savez quoi ? J’aurais aimé les connaître. Sincèrement, j’aurais aimé connaître tous ces visages, tous leurs sourires, toutes leurs peines. Un à un leur parler et leur dire que je suis désolé, désolé de ne pas les avoir connu parce qu’ils méritaient de laisser une trace eux aussi, ils le méritaient. Je sais que ce que j’écris ne veut pas dire grand chose, que mes mots ne sont que des mots et que mes promesses ne sont que des promesses.

Mais, ça vaut ce que ça vaut. Je jure sur tout ce que j’ai de plus précieux de continuer à écrire, à écrire, des milliers de choses, belles ou laides juste pour leur faire honneur, en espérant très fort, vraiment fort que là où ils sont maintenant, tout va pour le mieux.

Merci d’avoir pris le temps, merci d’exister, aimons nous les uns les autres car personne ne le fera à nos places.