Démocratie participative : se réapproprier le politique ?

Ce matin, au café citoyen Altérez-Vous à Louvain-la-Neuve, une conférence-débat sur le thème : “Démocratie participative : se réapproprier le politique ?

Après un brunch, les participants visionnent “Déconcertation”, documentaire-fiction dans laquelle des habitants assemblés lors d’une réunion publique expriment leurs réserves, voire leur rejet du projet de centre commercial. Les poncifs politisants y sont reproduits de manière comique : “se projeter dans l’avenir”, “un projet ambitieux”, “vous pouvez être rassurés”. On les a tous lus ou entendus. Et le projet d’être adopté sans qu’on l’ont ait vraiment tenu compte des remarques des habitants.

Troublant de ressemblance avec les consultations populaires telles qu’on les connaît, à OLLN ou ailleurs, et particulièrement d’actualité ici avec le projet d’extension de l’Esplanade, où on peut craindre que ce simulacre d’écoute de la population fasse partie du mode opératoire à venir.

J’avais des doutes en me rendant à ce débat, car pour moi, la démocratie participative est un pléonasme, et la démocratie représentative, un oxymore. Il ne saurait y avoir de démocratie sans l’exercice du pouvoir par le peuple, sans être tour à tour administré et gestionnaire, gouvernant et gouverné. Le régime politique actuel en Belgique est, au choix, une oligarchie, ou une aristocratie, voire une particratie, mais en aucun cas une démocratie, même s’il lui emprunte certains traits.

L’intervention de Thibault Gaudin, exposant brillamment un argumentaire similaire et l’étoffant de références historiques (pour rappel, le Congrès national qui élabora notre Constitution de 1831, toujours d’application, n’était certainement pas composé de démocrates), emporta immédiatement mon adhésion (applaudissements nourris dans la salle).

Le tirage au sort est mentionné sans malheureusement faire l’objet d’une analyse. Le juriste pointe également du doigt la professionnalisation de la politique, et le peu de représentativité socio-professionnelle des élus. Je fais ici l’impasse sur d’abondantes questions et sur les interventions des autres orateurs.

Tout ceci fut donc extrêmement intéressant, mais nous sommes ici entre citoyens convaincus. Lorsque je parle de démocratie à des amis, des collègues ou des membres de la famille, je ne peux que constater l’empathie, le désintérêt, la résignation ou tout simplement l’incrédulité face aux alternatives.

So now what?