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Hier soir, je descend pour manger. Je viens de rentrer de mon entraînement de foot, je suis fatiguée et pleines de courbatures. Je n’ai toujours pas fait mes devoirs, je sais que je ne les ferai jamais ce soir mais demain matin, à la dernière minute. Je me dit pour la centième fois que je devrai prendre de l’avance et mieux m’organiser parceque je me fatigue à me lever tôt pour les faire, et m’asseoie sur la chaise de la salle à manger. Ma mère arrive de la cuisine avec un gros plateau à la main :

-Gratins de choux-fleurs pour mes petits amours, et avec ça, un bon gros rôti de veau !

Ma petite sœur de sept ans ne tiens pas sur sa chaise. On pourrai croire que la chaise est pleines de piques. Elle crit partout, elle veut absolument nous parler de sa journée et nous réciter la poésie où elle a eu la meilleure note de la classe. Mon petit frère, pour l’instant de quelques mois, se fait dorloter par ma grande sœur. Lui, au moins ne crit pas, il dort. Je crains le réveil de mon frère et essaye de calmer ma petite sœur surexcitée. Je n’ai pas faim, tout ce dont j’ai envie c’est d’aller me coucher. Mon lit moelleux, ou je serai enfin en paix, dans un rêve, loin de tout ça.

À la fin du repas, j’aide ma mère à débarrasser la table. Je nettoie la bout de la nappe qu’un des petits monstres à taché. Depuis que mon père est parti et que ma sœur est au lycée j’aide ma mère avec les petits. Ma mère, une femme forte, douce, qui ne peut faire de mal à une mouche. Elle travaillais dans la boîte de mon père jusqu’à qu’il parte et qu’elle doive se trouver un autres boulot. Pour l’instant, elle travaille beaucoup en tant que serveuse dans le bar au coin de la rue. Elle part très tôt le matin, et rentre très tard le soir. Il se faut de peu qu’on ne la voit plus du tout. Je trouve ça assez triste, mon petit frère qui vient de naître, ne connaîtra jamais ma mère avant cette catastrophe.

On allume la lumière vers deux heures du matin, je me reveille, vais calmer ma sœur et retourne dans mon lit.

Le lendemain, plus d’électricité dans l’appartement. Heureusement que ma mère a gardé des bougies dans la cave. Je remet le même tee-shirt que hier, prend mon sac et appelle les petits. Je les accompagnes à leur école. J’espère que ma sœur n’a pas oublié d’amener le plus petit à la crèche. Je me dirige vers l’arrêt de bus, direction mon College. Je vois, au coin de la rue, trois garçons, de grandes tailles en survêtement. Sûrement quelques racailles de ma cité. Ils s’approchent de moi, peut être un peu trop.. Ils sont beaucoup, j’ai peur. L’un me chuchote dans l’oreille :

-Si tu cris ou préviens quelqu’un t’es morte.

Il pointe son couteau dans mon dos. Je ne bouge plus. Une goutte de sueur coule le long de mes jours puis de mon cou. Il me fait avancer dans un coin obscur. Je voudrais crier mais ma peur froide m’en empêche. Il me plaqué contre le mur. Je me débats, alors il me menace encore une fois. M’oblige à faire des choses que je ne voudrai pas. Je pleure, il rigole. Il me viole. Ses amis filment tout avec leurs téléphones. Et hop, tout est sur instagram et snapchat. Tout le monde se fou de moi, me regardent mal ou avec pitié. Ils ont honte. Des groupes se regroupent contre moi. Ils me poursuivent pour me frapper, ils disent que c’est pour deconner mais ces insultes ne font que me briser. Je n’en peux plus. Ma vie est brisée et maintenant plus personne n’est là pour la réparer.

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