Pédagogie et Neurosciences

C’est notre cerveau qui apprend.

Au delà de cette considération tout à fait banale, les découvertes en neurosciences apportent des éclairages intéressants pour la conception et l’animation des formations, pour améliorer ou valider les pratiques pédagogiques et finalement, l’apprentissage et l’acquisition des savoirs.

  1. Créer une ambiance sécurisante

Pourquoi ? tout simplement parce que le stress empêche d’apprendre. Il est donc important de veiller au confort psychologique des gens qui se forment.

Quelques pratiques simples installent cela :
La crédibilité de l’intervenant, favorisée notamment par le fait de se présenter et se situer.
La pertinence et clarté des objectifs et du programme.
La transparence des modalités d’évaluation et de suivi.
Et…les Informations pratiques sur le déroulement de la formation.

2) Solliciter les émotions

Ce qui nous met en mouvement, c’est l’émotion : lorsqu’un signal reçu suscite une émotion, notre cerveau se mobilise chimiquement parlant et lui accorde davantage d’importance. Il s’agit bien entendu d’émotions en lien avec le sujet et d’intensité modérée.

3) Les moyens :

Créer le lien avec chaque personne en diminuant le plus possible les obstacles aussi bien matériels que psychologiques entre les formés et le formateur. Par exemple : se rapprocher, supprimer la barrière des tables du moins à certains moments, se mettre tous debout, adapter sa communication et sa posture aux personnes.

Pratiquer des approches pédagogiques variées et impliquantes:

  • Utiliser le paradoxe.
  • Raconter des histoires.
  • Créer des effets de surprise, des ruptures de rythme.
  • Faire des quiz, des tests : le cerveau adore les questions, les énigmes, les devinettes et les tests sont un mode d’apprentissage en soi.
  • Faire des jeux : le jeu est la plus puissante façon de retenir. Reconnaître une erreur est le point de départ du changement.
  • Favoriser la réussite. La réussite suscite la satisfaction, la satisfaction libère de la dopamine, la dopamine provoque le plaisir; on a alors tout simplement envie de recommencer ! Dans cette même ligne la motivation positive et les encouragements stimulent l’apprentissage et les meilleurs encouragements résident dans le regard des autres et la conscience de progresser.
  • Susciter l’envie d’apprendre par des expériences et activités de découverte. Activité, cela signifie “actif”. Un organisme vivant passif n’apprend pas. L’apprentissage est optimal lorsque le formé alterne un apprentissage et des tests répétés de ses connaissances. Cela lui permet de prendre conscience de ce qu’il ne sait pas.

Une étude a montré que le nombre de tests et d’exercices compte plus dans la mémorisation que le nombre d’heures passées à étudier.

4) Ne transmettre que l’essentiel
Éviter les informations inutiles ou non pertinentes.
Pour les visuels : une idée par slide ; éviter les séquences de plus de 10 minutes.
Pour les jeux ou activités de groupe : énoncer une règle à la fois, soigner la clarté des consignes.
Enfin, varier les modes d’apprentissage pour relancer constamment l’attention des formés.

5) Faire bouger les participants
Faire bouger les formés (via des jeux ou autre activités de groupe)
permet d’activer leur cervelet : le cervelet joue un rôle important dans le maintien de l’attention et de la concentration. Bouger permet donc, indirectement, de favoriser la création ou le renforcements des réseaux de neurones.

6) Répéter l’information pour l’ancrer
L’automatisation des connaissances est essentielle. L’automatisation est le fait de passer d’un traitement conscient, avec effort, à un traitement automatisé, inconscient, donc bien moins gourmand en effort. Elle permet de libérer le cerveau pour de nouveaux apprentissages. Cette automatisation passe par la répétition et l’entraînement : c’est la réactivation. La réactivation doit prendre des formes variées et être échelonnée dans le temps.

Voici plusieurs pistes pour réactiver le contenu de la formation :

  • Organiser un jeu après une présentation pour en revisiter le contenu.
  • Demander aux participants de prendre un engagement post-formation.
  • Mettre en place un suivi à distance.
  • Organiser une séance de feed-back en groupe ou un coaching individuel.
  • Répéter ses messages sous différentes formes : avec des mots et présentations différents, en revenant sur un sujet après une pause et surtout le lendemain, en reliant le nouveau à l’acquis.

Enfin, quelques mots sur une chose longtemps ignorée : le sommeil
Le sommeil joue un rôle important dans cette phase de répétition et de consolidation. Après une période d’apprentissage, une période de sommeil, même courte, améliore la mémorisation et la généralisation.

Sources

Les grands principes de l’apprentissage, Stanislas Dehaene
Apprendre avec les neurosciences, Pascale Toscani
Neurosciences de l’éducation : Cerveau et apprentissage, Fabien Dworczak

Martine Bigeard pour Ze Big Mamma