Burning Man

À tous les amoureux de Burning Man, je vous présente mes excuses d’avance car mon article n’a pas pour but de vanter ce festival alors vous risquez d’être déçus. Je n’ai pas non plus l’intention de dire que “c’est de la merde” parce que, d’abord, je ne pense pas que ce soit de la merde, ensuite, je n’y ai jamais participé alors je ne peux pas juger. En revanche, j’ai simplement envie de réagir à cet article qui m’a quand même fait froncer les sourcils.

Diane Taieb, je vais m’adresser à toi comme si nous échangions face à face. Pour commencer, tu écris très bien et malgré que je ne sois pas d’accord avec certains passages de ton article, c’est un plaisir de te lire et ça rend le froncement de sourcils moins désagréable haha ! (Ça va, je sais encore exprimer mon point de vue sans être sauvage ! :-) )

Par contre, je ne peux pas m’empêcher de faire les gros yeux quand tu commences par:

Vous venez d’arriver après 8h de route et 5h de queue.

Je reviendrai à cette phrase précise un peu plus tard pour t’expliquer pourquoi elle m’a tant interpellée.

Ensuite, tu dis:

A Burning Man, pas d’argent et (presque) pas de possession. L’entrée du festival est payant certes, mais une fois dedans, le fric disparaît de votre quotidien.

Mouais… Pardonne-moi Diane mais comment peux-tu écrire une chose pareille alors que les prix d’entrée vont de 390$ à 1200$ (+ autres frais) ?! Comment peux-tu dire que le fric disparaît du quotidien à Burning Man alors que c’est un événement auquel on a accès CONTRE du fric (et qui n’est pas accessible à n’importe qui) ?! Sans oublier les frais supplémentaires pour se rendre au festival quand on vient de France ou d’ailleurs…

Puis tu poursuis en ajoutant:

Il n’y a pas de participants à Burning Man. Pas de consommateurs, ni de producteurs, mais que des acteurs.

Je ne sors pas d’école de commerce et je ne suis pas particulièrement calée en la matière mais à partir du moment où tu dépenses de l’argent pour quelque chose, tu en es le consommateur. Alors, si, quand tu vas à Burning Man, tu ES un consommateur. Un consommateur de ce festival, payant.

Un autre passage que tu écris me titille et c’est le suivant:

A Burning Man, la beauté et l’art règnent. Le ciel est profond. La terre aride et craquelée est belle. Et puisque votre regard n’est pas excité par des marques et des publicités qui nourrissent votre frénésie de possession, alors il se pose sur…. des hommes.

Diane, pardonne-moi mais le Burning Man en lui-même répond à un besoin de possession comme, par exemple, le besoin de posséder un ticket pour aller à ce festival…

Maintenant, Diane, j’aimerais partager mon point de vue avec toi puisque tu es réceptive aux avis.

Je n’ai jamais participé à un Burning Man et très sincèrement, ce n’est pas un événement auquel je rêve de participer donc il y a beaucoup de chances que je n’y mette pas un pied. Enfin, il ne faut jamais dire “jamais”. Cela dit,ça ne signifie pas que je trouve que les gens qui y vont soient stupides.Certainement pas !

D’ailleurs, j’aime tellement ce que tu écris par rapport aux valeurs de:

créativité, bienveillance, excentricité, authenticité, spiritualité

Diane, si tu savais à quel point ces valeurs me parlent. Pourtant, sans avoir été à Burning Man, j’ai côtoyé ces valeurs, je les ai même développées et aimées. D’ailleurs, je peux m’exprimer au présent puisque c’est toujours d’actualité. Bon, sauf peut-être pour l’excentricité car ce n’est pas dans ma personnalité. :-)

Je ressens ce que tu écris; je ressens et je comprends ce que tu partages. Je trouve ça tellement beau. Je trouve ça beau parce que ça me parle, parce que moi aussi je connais ce rendez-vous avec moi-même, parce que moi aussi j’ai adapté ma façon de faire dans des conditions extrêmes, bref moi aussi j’ai vécu “ça”. Mais pas à Burning Man. Soit.

Tout ça pour dire que ce sont des situations que je ne suis pas allée chercher. Ce sont des situations qui se sont présentées sans prévenir et sans que je puisse m’y préparer. Je ne dis pas qu’elles ont moins de valeur en les cherchant volontairement. En revanche, quand tu vas à Burning Man, tu connais déjà les conditions sur place, pas vrai ? J’ai simplement du mal à comprendre comment associer tout ça avec un festival, payant, où TOUT est organisé finalement. Est-ce que tu es sincère ou est-ce que “ça fait bien” de présenter les choses ainsi ? Je reprends ton terme d’ “acteurs”. Est-ce que tous ces “acteurs”, ces participants à Burning Man sont des acteurs au sens de jouer un rôle différent de leur véritable personnalité ? Est-ce, finalement, qu’une vaste mascarade ?

Pour ma part, mon corps et mon esprit sont mis à l’épreuve quand je voyage et quand je vis, tout simplement. Tu dis apprendre à aimer cet inconfort et bien tu sais quoi ? Je te rejoins complètement là-dessus. L’inconfortable finit par devenir confortable. Quelque chose qu’on n’imaginait pas pouvoir supporter devient finalement supportable parce qu’on a pas le choix, parce qu’on s’adapte, parce que c’est comme ça.

Tu dis que chacun prend soin des autres etc. J’aime beaucoup lire ça et voir que ça te touche, que ça te plaît, parce qu’à moi aussi ! Mais Diane, pardonne-moi, je ne peux simplement pas te laisser faire croire aux gens qui te liront que tout ça n’est possible qu’à Burning Man. J’entends bien que ce n’est pas ton objectif et que tu as simplement envie de justifier ton amour pour ce festival mais je ne peux pas te rejoindre là-dessus surtout quand tu commences par te plaindre d’avoir fait 8h de route et 5h de queue…

Alors c’est ça ? Le trajet et l’attente étaient si désagréables que le festival avait plutôt intérêt à t’apporter quelque chose de bien en retour ? “C’est normal”, tu as payé pour y assister et chaque fois qu’on paye pour quelque chose, il y a la dimension de rentabilité, de satisfaction. T’imagines si tu avais payé 390$ ou 1000$ pour un festival qui ne t’aurait pas plu ? J’ai bien compris que tu ne regrettes pas mais avec cette phrase du temps de trajet et d’attente interminables, ça me rappelle ces gens qui voyagent et qui veulent à tout prix que tout se passe bien et que tout leur convienne PARCE QU’ils ont payé pour ça ! C’est un peu contradictoire au final…

Je suis née à Paris mais n’y ai jamais vécu. Pourtant, j’y suis allée et j’y vais assez souvent. Ce n’est pas une ville où j’aimerais vivre. C’est comme ça. C’est comme avec un mec, tu sens direct s’il y a un feeling ou pas et bien entre Paris et moi, il n’y en a pas.

En revanche, quand j’y vais, même si les bouchons et les places de parking peuvent m’agacer, j’ai toujours un regard de touriste. Je m’attarde sur des détails, j’observe les gens et les scènes les plus banales avec un regard admiratif et curieux. Du coup, ça devient agréable.

Tu parles du métro alors c’est clair qu’il y a des lignes plus ou moins “ok” mais finalement, quand tout le monde regarde son smartphone ou ses chaussures, et bien moi je regarde les gens et je souris. Parfois on me fuit et parfois on me sourit en retour mais mon sourire ne coûte rien et ça rend le moment un peu plus agréable, en quelque sorte. (Je sais je sais, c’est un point discutable, je te l’accorde.)

Par contre, tu compares une ville (Paris) à un festival… Ai-je besoin de développer ? Bon.

Tu dis que:

Et là-bas, lorsque l’on croise un regard par inadvertance, au lieu de se sentir gêné et de détourner les yeux, eh bien… on ouvre sa bouche. On dit simplement bonjour.

Je suis d’accord avec toi, c’est tellement agréable de vivre ça au quotidien.J’ai une question pour toi Diane: est-ce que désormais, à Paris ou ailleurs, quand tu croises un regard, tu dis bonjour ? J’espère que ta réponse sera “oui” !

Tu dis aussi que:

A Burning Man, le corps se libère. On danse, on court, on grimpe, on s’allonge sur le sol, on fait de l’acroyoga. Et ça fait tellement du bien.

Mais j’aimerais savoir: qu’est-ce qui t’empêche de faire ça à Paris ? Ou ailleurs.

Honnêtement, je suis persuadée que Burning Man est une expérience unique et décoiffante, c’est indéniable, mais n’oublions quand même pas qu’il s’agit d’un événement payant qui attire des consommateurs, avant tout. Des consommateurs de bien-être ou de semblant de bien-être, éphémère.

Je pense simplement que le véritable bien-être ne s’obtient pas en échange d’argent.


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