Parce que Marine ne remplacera jamais Marianne.

5h du matin, coup de chaud, sueurs froides, réveil en sursaut. Ce n’était qu’un cauchemar, respire. Non, Marine Le Pen n’a pas gagné l’élection présidentielle. Il est encore temps de se réveiller.

Alors je me lève, nous sommes à J-3. Et tout me revient, comme chaque matin lorsque l’on reprend conscience de soi : qui je suis, où je suis, ce que je fais : depuis un an maintenant, je suis En Marche. Pourquoi ? Parce-que je crois très fortement en une France généreuse, inclusive, altruiste, laïque sans être liberticide, européenne sans être impuissante, mondialisée sans être déracinée. Ce pari fou, nous étions moins d’une dizaine à l’avoir fait en avril 2016. Et je me souviens encore de l’air amusé des médias à ce moment là, nous étions des bambins essayant un costume trop large.

Et pourtant, cet optimisme de la volonté a plu, car nous avons écouté avant de proposer, avant de donner des solutions. De 10 nous sommes alors passés à 50, puis à 1000 puis à 20 000 puis à plus de 250 000. Nous avons co-construit, ensemble, un programme à taille française, pour et par les citoyens de notre pays. Nous avons ajusté des solutions réalisables pour la France de demain, nous avons insisté sur l’égalité, de tous, dans l’accès à l’éducation et la possibilité, pour tous, de se former tout au long de sa vie. Nous voulons protéger les plus précaires, parce-que nous pensons que la solidarité est l’une de nos plus belles valeurs. Et puis, les citoyennes et citoyens nous ont fait confiance, et nous voici au 2nd tour de la présidentielle avec 24% des voix au 1er tour.

Voici, à J-3, la réalité folle que des optimistes désirant un changement réel, profond, mais positif et tourné vers l’avenir, ont réussi à concrétiser. Et voici que près d’un quart des votants leur ont fait confiance.

Et pourtant ? L’angoisse continue à m’envahir à J-3, malgré ce réveil en sursaut et cette voix intérieure qui me dit « non Marine Le Pen n’est pas passée, ce n’était qu’un mauvais rêve ».

Car oui, c’est le Front National que nous avons en face de nous au 2nd tour. Nous avons Marine Le Pen et son parti de tradition raciste, xénophobe. Nous avons un parti prônant le repli sur soi, la haine de l’autre, la peur de l’étranger. Nous avons une candidate qui explique admirer Vladimir Poutine, dirigeant qui n’est pas tout à fait connu pour son amour concernant les droits fondamentaux et le respect du droit international. Et pourtant, Madame Le Pen veut être présidente du pays des droits de l’Homme.

Je sais que de nombreux citoyens n’ont pas voté pour Emmanuel Macron au 1er tour, je sais que beaucoup ne partagent pas toutes nos propositions. J’entends que certains aimeraient aller plus loin au niveau environnemental, quand d’autres voudraient être plus conservateur au niveau des propositions familiales. Je conçois les divergences que nous pouvons avoir au niveau économique et même au niveau social, mais tout est toujours à l’intérieur du « cadre » républicain, de ce cadre où l’on reste tolérant, laïque, ouvert aux différences. Le Front National sort de ce cadre et en bafoue les valeurs républicaines, et je ne peux pas croire que Marine remplace, un jour, Marianne.

Je respecte les choix, de cœur et de raison, des citoyennes et citoyens qui ont voté pour les candidats républicains. Je pense qu’il sera temps, après les élections présidentielles, de débattre pour ces idées. Mais pour pouvoir débattre, il faut protéger notre liberté de presse, de conscience. Le Front National est à l’opposé de ces libertés là, est à l’opposé de la liberté tout court.

Je suis optimiste de nature. Et je suis optimiste quand je pense aux idéaux chers à la France. C’est pourquoi, je pense malgré tout, sans relâche, que nous ferons le bon choix le 7 mai, le choix de nos valeurs. Je pense que nous sommes face à deux visions de la société diamétralement opposées, et que même si certains n’adhèrent pas forcément au programme d’Emmanuel Macron, nous sommes tous contre le repli et la peur de l’Autre que veut mettre en place Mme Le Pen en France. Et c’est pourquoi l’angoisse, qui ne me lâche plus depuis le 23 avril, cohabite avec une envie farouche de me réveiller et de réveiller les personnes autour de moi. Car, heureusement, nous sommes à J-3, il est encore temps de se réveiller.

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