Tendance des marques : l’authentique, ce nouvel universel.

Publicité, communication, stratégie : et si l’authenticité et le retour aux racines étaient le nouveau cheval de bataille des marques ?

Ziyad Bachalany

En réaction à la destruction ressentie des nations et aux dégâts causés par la mondialisation, et dans un mouvement de “retour aux sources” plus ou moins orchestré, les consommateurs sont de plus en plus en demande de repères et de différenciation.

Après la standardisation des mœurs, de la nourriture et de la mode, est en train d’arriver le temps de l’affirmation de soi, de la remise au goût du jour des coutumes locales, et d’une promotion assumée d’authenticité, quelle qu’elle soit, d’où qu’elle vienne, et du rejet de cette standardisation qui a marqué nos sociétés depuis les années 80.

La recherche du Moi inimitable

A l’aune d’un égo-trip assumé et d’une consommation sans cesse instagrammable, les agents économiques sont plus que jamais en recherche de produits et de moments qui pourraient à la fois sublimer leur singularité, et en même temps montrer à leurs communautés combien ils apprécient l’authenticité de ce moment ou du produit consommé, et leur amour pour l’éthique, le fait maison, l’équitable, le bio.

En bref, la tendance est à l’authenticité au service de l’égo-trip et du personal branding.

Le retour aux sources multiculturel et cosmopolite

Dans un contexte ultra-globalisé, les villes et les mégalopoles cosmopolites sont devenues des concurrentes directes des Etats. Quitte à remplacer la culture nationale par une culture cosmopolite urbaine, façonnée par diverses influences.

N’avez-vous pas remarqué cette tendance sur les réseaux sociaux à se réclamer de plusieurs villes (NYC, Paris, Dubai…), plutôt que d’une origine ou d’une nation ?

S’il est vrai que ce mode de pensée multiculturel, urbain et détaché des racines, allait à l’origine totalement à l’encontre de la tendance actuelle qui se caractérise par un retour aux sources, par le « made in France », et par le rejet croissant des grandes enseignes mondiales, force est de constater que ces deux mouvances s’imbriquent aujourd’hui de plus en plus au bénéfice des marques qui l’utilisent pour leurs propres profits.

On assiste alors à une célébration de l’authentique, à la mise en lumière des coutumes nationales ou locales, et à une utilisation capitaliste de ce retour en force des nationalismes.

Les créateurs, par exemple, utilisent aujourd’hui des vêtements et tissus typiques de certains peuples du monde pour les mélanger avec d’autres dans des défilés mettant à l’honneur la beauté historique de l’authentique.

On vend alors l’originel dans un gloubi boulga universaliste, en accord avec l’esprit mondialiste des grandes villes.

La campagne Zara 2018
La campagne Zara 2018

Si le rejet du mondialisme par l’opinion publique et par les consommateurs ne fait pas de doute, il y a fort à parier qu’au bout du compte, les grandes entreprises, à commencer par les GAFA, les groupes industriels, les enseignes textiles, l’agro-alimentaire, exploitent cette mode du retour à la consommation locale, ancestrale et tangible.

Ce seront donc les marques les plus universelles, celles avec les économies d’échelle les plus importantes, celles qui écrasent tout sur leur passage, qui vendront l’authenticité aux consommateurs qui recherchaient à la base des alternatives locales, éthiques, bio, respectueuses de l’environnement, qualitatives, originales et authentiques.

Conclusion : basez votre communication sur l’authenticité !

Que vous soyez entrepreneur ou manager, je vous invite à réfléchir sur cette tendance et à agir en amont dans vos activités et votre business. La promotion de l’authentique en tant que valeur et argument commercial est déjà en train d’inonder le marché. Il faudra donc adapter vos produits et votre story-telling pour ne pas louper le train.

Dans l’univers de la mode

On fera la part belle à de nouveaux tissus innovants, éthiques et sans danger pour la santé, et on modernisera les habits locaux dans des collections très originales.

Sur le web et dans le secteur des services

Nous assisterons à l’avènement de l’hypra-local : après avoir chassé les artisans, les boulangers et autres fromagers du coin, les consommateurs les réclameront à nouveau.

Dans l’univers de la franchise

il faudra envisager de mettre en avant le côté « artisan » et « indépendant » du franchisé, et atténuer au maximum l’image du grand groupe capitaliste et financier qui oppresse l’indépendant.

Dans la food

Un véritable retour aux cuisines ancestrales et authentiques est déjà en train de s’opérer. Selon moi, les prochains à souffrir le plus seront les restaurants de sushis, dont le marché est déjà complètement saturé, les burgers premium, qui auront une image de nourriture malsaine, hybride et originaire du snobisme new-yorkais mondialisé, ainsi que la junk food.

Seront mises à l’honneur les cuisines régionales, la cuisine italienne, (qui est en plein re-boom, mais jusqu’à quand ?) les cuisines asiatiques authentiques, la cuisine méditerranéenne et évidemment la cuisine végétarienne et paléolithique.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Est-ce que cette tendance vous donne des idées de projets à entreprendre ?

Ziyad Bachalany

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Entrepreneur et blogueur passionné. Toutes mes trouvailles sur https://tulipemedia.com

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