Gérard

Retour d’expérience sur 5 jours de Design Sprint.

Projet construit en utilisant la Méthode inspirée du GV style design sprint. Si vous ne connaissez pas encore, faites un tour ici ou lisez le livre.

Après 2 jours passés en mai à préparer cet évènement de 5 jours avec les 7 autres mentors, il est temps de rentrer dans le vif du sujet.

Le summer camp de l’école Estaca de Paris organise une initiation au Design Sprint sur 5 jours (le nombre de jour habituel d’un sprint). Je m’y positionne en tant qu’intervenant expert de la méthode, prenant en charge la position de Sprint Master sur l’un des 8 groupes de travail. Chaque groupe est conduit par un mentor et doit répondre à une problématique apportée par une entreprise partenaire de l’évènement. Tous les sujets concernent une problématique globale, la mobilité (école technique de l’Estaca oblige).

A quelle problématique devions nous répondre durant ce sprint ?

Le point d’étude de mon équipe était la gestion du stationnement. En effet, le Crédit Agricole, notre client, va accueillir bientôt 3000 personnes de plus sur son campus et il n’y a plus de places de parking disponibles. C’est là que nous entrons en jeu : trouver une solution pour éviter toute friction au moment de l’arrivée de ces employés supplémentaires, qui en plus, on été muté pour la plupart contre leur volonté. Il y a donc un paramètre humain important, mais également technique : il faut trouver des places pour les voitures supplémentaires, ou réduire le nombre de voitures

Qui fait partie de l’équipe durant le Sprint ?

Nous étions 7, venant de tous horizons, évènement d’initiation à la méthode oblige. 2 professionnels venant du commerce, 2 étudiants du marketing et 2 pro du secteur Design technique et urbain, tous ne connaissant pas du tout la méthode et pas habitués à travailler en groupes de réflexion. Ce paramètre représente en soi un défi principal, positionnant ces 5 jours comme une expérimentation inédite de la méthode.

La team juste avant la présentation Jury

Qu’avons nous produit en sortie de ce Sprint ?

Le vendredi, présentation du projet devant le jury, qui s’attendait, école technique étant, à un projet reposant sur une application. De notre côté, et suite au déroulé de toutes les étapes du Sprint ainsi que beaucoup de feedback utilisateur, nous sommes arrivés à un produit viable, reposant sur un service à la personne direct.

Gérard, nom du projet, est également une personne réelle, un concierge de parking. Une entreprise ayant besoin de plus de places, commande Gérard. Gérard peut, dans son offre, trouver les places, parfois plutôt loin du lieu de travail, faute de choix, surtout dans la région parisienne. Mais c’est là que rentre en compte le service unique de Gérard. Sur ses parkings, il accueille les personnes, les oriente pour se garer au mieux, leur propose un café avec le sourire chaque matin, et met en place un service de navette pour les amener sur leur lieu de travail, et le soir, rend les clés qu’il conservait bien au chaud à la personne qui peut retrouver sa voiture soit nettoyée, soit révisée, suivant le service qu’elle a commandé à Gérard pendant qu’elle était au bureau.

Ainsi, le parking devient une zone d’accueil et de service agréable. Surtout que tout le business model a été réfléchi sur de vrais chiffres, vrais devis, du concret. En gros, le projet après 5 jours de travail peut être lancé dès le lundi suivant !

Le tout a été proposé au Crédit Agricole, qui agréablement surpris demande le coût ; 1 café par employé, soit 2 euros par place de parking par jour. Simple.

Qu’avons nous appris grâce à ce Sprint ?

Il est parfois difficile d’apporter une solution viable à une problématique pas forcément très bien définie. Voilà toute l’importance de la phase COMPRENDRE qui va redéfinir la vision avec le porteur de projet, qui se doit de faire partie du groupe de travail, ce qui n’était pas le cas ici, d’ou une friction supplémentaire.

De plus, il faut aussi accepter le côté improvisé de la méthode. L’idée de Gérard est arrivée jeudi matin, alors que nous étions déjà dans la phase de conception de prototype post décision. Elle est venu via une visite direct sur le terrain actuel du crédit agricole. Le plus important est toujours l’étude terrain et utilisateur.

Pour finir, difficile de se lancer dans la proposition d’un service reposant sur de l’humain. En effet, actuellement tout le monde s’attend à de l’application, du technique. Pour cette raison, nous n’avons pas gagné le concours. Mais tout cela est en faveur de la méthode : elle nous a amené à trouver une solution viable, à mettre en place pour quasiment rien en coût au lancement, et fonctionnelle pour le client dès lundi, ce qui est le plus important si l’on souhaite lancer un nouveau business. Dès la semaine post-conception, nous pouvions commencer à gagner de l’argent, le Crédit agricole étant prêt à mettre en place le service Gérard !

Quelle suite à ce Sprint ?

Cas d’étude plus que réel création de business, je n’ai pas de retour du reste de l’équipe pour le moment. A la fin de l’évènement, ils souhaitaient rester en contact pour porter le projet, un incubateur ayant proposé de le porter. De plus, le service est réfléchi adaptable à toute entreprise, ainsi, le business peut s’étendre rapidement. Je conseille sincèrement à qui veut de reprendre l’idée et de la tester concrètement, si ce n’est pas les étudiants du groupe.

Qu’est-ce qui a bien fonctionné/pas bien fonctionné durant ce sprint ?

Difficile d’apprendre aux participants la méthode en même temps que nous étions en train de l’utiliser pour résoudre une problématique. Difficile également de faire avancer un groupe, certes riche en diversité, mais pas professionnel du secteur ni sélectionné suivant la problématique.

Cependant, nous sommes arrivé à construire un produit viable. Personne n’a décroché et très peu de friction dans le groupe tout au long de la semaine. La séparation a même été difficile, tout le monde étant devenu un Gérard du projet, le portant comme son propre projet. C’est magnifique en tant que Sprint Master de voir que lorsque tout à été mis en place, le groupe tourne de lui-même, comme si ce n’était qu’un seul et même cerveau de réflexion. Personne ne décroche, tout le monde est impliqué et surtout s’amuse en créant sérieusement.

Est-ce que la méthode Design Sprint a été modifiée ?

Groupe de travail d’étude, non professionnel, sur un sujet de mobilité type stationnement. Le porteur de projet ne faisait pas partie intégrante du groupe. Il paraissait difficile ainsi de tenir à la méthode, et la question se posait même de la faisabilité. Mais au final, l’expérimentation montre que cela peut fonctionner, cependant, très éprouvant pour le Sprint Master qui est alors formateur, facilitateur et improvisateur en même temps ! Il est donc très important de connaître parfaitement la méthode, mais aussi tous les outils à disposition suivant les différentes phases. Bien tenir aussi au timing !

Voilà pour ce retour d’expérience, qui je l’espère, est enrichissant pour vous aussi. Si vous souhaitez découvrir la méthode, accélérer votre projet ou simplement en discuter, n’hésitez surtout pas à me contacter !

Liut.me, accélération de projet.

Inspiré de la méthode Design Sprint de Google, favorisant l’idéation par le travail de groupe, construit dans une recherche de diversité.


Originally published at www.liut.me.

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