Pourquoi avancer avec le mental plutôt que contre lui ?

Au quotidien il est facile d’entendre et de lire les affirmations suivantes :

  • Il faut lâcher son Ego
  • Il faut couper le mental
  • Il faut faire taire les pensées incessantes

Durant les dernières années, j’étais l’un des premiers partisans de ces “vérités” à suivre. Il est évident que le mental tourne en boucle, évident que tourner en rond ainsi apporte stress et souffrance. Il est agité, très agité même, du réveil au couché et souvent même difficile pour qu’il laisse la place au sommeil.

Alors j’ai commencé à méditer, je fais plus de sport, j’essaie de développer l’art, la musique, le théâtre d’improvisation. Je fais comme baucoup de monde, je “travaille” à le calmer. Clairement, même si je ne me l’avouais pas, je lutte contre. Et puis surtout, je pensais avoir tout contrôle sur lui !

Il y a aussi les soirées, pour se “détendre”. Boire, prendre de la drogue, raconter n’importe quoi et revenir pipi-caca, ou simplement regarder des séries, lire des histoires drôles pour “s’évader”, etc… Des outils pour fuir le mental, il y en a des milliers !

La problématique qui vient de cette analyse n’est pas le fait d’agir pour calmer le mental. Ce n’est pas “l’art” de ne plus penser c’est plutôt la manière de ne plus pensée qui est peut-être à revoir. Pas la manière dans le sens “COMMENT”, mais plutôt la manière dans le sens de la relation qu’on porte à notre mental, ou notre Ego.

Qui suis-je ?

Est-ce que je suis mon mental ? Si je peux l’observer, c’est que quelque chose ou quelqu’un observe… Je ne suis alors pas mon mental. Je suis la conscience… Premier pas.

Ensuite, je veux réduire “la pollution” qu’il apporte dans ma vie, je veux le faire taire ! Est-ce que je peux vraiment traiter le mental comme mon enfant, mon employé, mon esclave, mon adversaire ? Est-ce que je n’aurais pas plutôt intérêt à le traiter comme un compagnon, un égal, un ami. Comme le corps, il me permet de faire plein de chose dans ce monde matériel. Il me permet d’analyser, de conceptualiser, de stabiliser les perceptions, etc… Imaginer un monde de pures émotions et ressentis… Justement, impossible d’imaginer, c’est chaotique, c’est infini ! Pour nous “amuser” dans cette réalité, nous avons besoin de lui et lui, il a besoin de nous également, tout simplement parce qu’il veut exister lui aussi !

Et quand on lutte contre lui il réagit comme un enfant qu’on ignore : il hurle plus fort, il ne veut surtout pas qu’on l’oublie, il veut exister, se rendre utile !

Il est vraiment comme nous… Mais ce n’est pas nous !

La conscience que nous sommes qui peut observer le mental est dans la joie, la paix et le calme. On le sent quand on observe et c’est dès lors qu’on se confond avec le mental qu’on entre dans la souffrance. Le mental veut exister, mais comme tout ce qui appartient au vivant. D’ailleurs quand on se confond à lui, il n’existe plus non plus… alors on souffre tous les deux !

Une relation d’amour

Alors voilà, je vous propose d’aimer votre mental ! L’aimer totalement, sans limite, de la même manière que vous pouvez aimer votre corps, votre famille, vos ami.e.s, votre amant.e.

L’aimer tellement que vous ne pourrez plus vous confondre avec lui. Il sera ainsi votre compagnon de chemin et vous serez toujours à l’écoute de ce qu’il a à vous dire. Vous pouvez le valoriser, le remercier aussi !

Merci mental !

Et plus vous l’écoutez, plus vous le remerciez et moins c’est vous. Plus vous l’aimez et moins il a besoin de crier. Alors il se calme et il commence à s’aligner sur ce que veut le corps et puis vous. Tout commence à s’aligner, l’intuition, la pensée, la parole, le geste.

Une belle équipe pour une belle aventure ! Comme quoi, tout n’est que relation, même à l’intérieur de nous-même.

Ps : je me demande encore si fumer, boire, manger trop ou pas comme il faut, tous les vices et ce qui semble lié à “s’évader”, n’est pas simplement le résultat d’une grande bataille d’intérêts à l’intérieur de nous-même. La clé serait alors l’écoute et l’amour inconditionnel pour toute cette équipe. Faire confiance que tout s’organisera de lui-même ensuite, pour l’intérêt de tout le monde. Enfin, on pourra se tourner vers l’extérieur et aligner les Hommes et le vivant :)