Projecteur sur… Stephan Martinez, fondateur de Moulinot.

Vous connaissez Moulinot ? Mais si ! L’entreprise pionnière dans la mise en place du tri sélectif des déchets alimentaires des restaurateurs. L’objectif final ? Passer du déchet à la matière première.


Bonjour Stéphane. Tu es le fondateur de Moulinot. Quels sont les trois mots qui te décrivent le mieux en tant qu’entrepreneur ?
Innovant, pourvoyeur d’emploi…et d’énergie.

Pitch-moi ton idée en une seule phrase !
Transformer ses restes alimentaires : du déchet à la matière première.

Si tu avais des ressources illimitées tu commencerais par quoi ?
Je collecterais tous les restaurants et tous les particuliers.

Quel est ton plus gros défi dans les 6 prochains mois ?
Mettre sur le marché un compost “haute couture” à destination des particuliers, tout en les sensibilisant. Double effet kiss-cool : tu achètes un produit de qualité fait à base de restes et en même temps ça te sensibilise et te donne l’envie de trier tes restes à la maison… Ce qui est la chose la plus facile à faire au monde ! L’idée n’est pas de faire faire notre propre compost mais de mettre de côté nos restes alimentaires, à la maison, dans un bac dédié, qui sera collecté pour être transformé.

Tu as appris quoi sur toi depuis que tu as lancé ton idée ?
Que je dois être un peu fou, quelque part… Et surtout, que je suis un chef d’entreprise. Voilà ce que j’ai appris sur moi. Dans ma tête, maintenant, c’est clair, je suis Entrepreneur.

Qui t’est le plus utile au quotidien ?
Au quotidien, ceux qui me sont le plus utile, ce sont mes salariés. Parce qu’avant j’étais tout seul, et maintenant nous sommes 42. C’est une chance inouïe de pouvoir donner une chance à ceux qui sont éloignés de l’emploi ou en pleine réinsertion, de retrouver du sens dans leur vie. Tu y ajoutes un CDI et le fait qu’ils soient fiers de faire ce métier là, ce tout nouveau métier. Je suis heureux, tous les matins, de les regarder tous et de voir cette grosse équipe travailler en harmonie et grandir…

On prend des gars en pleine insertion ou qui se sont éloignés de l’emploi, on les forme à ce nouveau métier qui est de collecter les restes alimentaires et ça marche. Le pied !!

Ta devise personnelle ?
On fait les choses, ensuite on parle”. Il y en a dans notre société qui parlent beaucoup mais qui ne font rien : nous d’abord on fait les choses et on parle après.

Dans cinq ans, où en sera ton projet ?
Dans 5 ans, c’est Bahamas, parasol et cocktails (rires)….
Plus sérieusement, dans 5 ans, ce que j’aimerais bien c’est multiplier par 5 ou 10 les emplois créés, le tonnage créé et les outils de valorisation de cette matière-là pour montrer qu’on n’est plus dans le déchet mais dans la matière première.

Tu ne préfèrerais pas un parcours professionnel plus classique, en CDI ? Si non, pourquoi ?
J’ai jamais eu de petit CDI pépère. J’ai toujours été mon propre patron. À part à l’armée, parce qu’on n’a pas le choix, j’ai toujours été autodidacte et indépendant.

Qu’est-ce que tu donnerais comme conseil à un futur ES qui hésite à se lancer ?
Trouve-toi les bons partenaires. Surtout économiques. Surtout dans l’entrepreneuriat social. Quand on se lance dans une aventure comme celle-là, il faut aimer l’humain, c’est la base. Mais il faut aussi, et c’est vital, avoir à ses côtés des partenaires économiques qui vous permettent de faire progresser le projet. Sinon, tu n’avances pas. Donc bien les choisir et rencontrer beaucoup, beaucoup de monde avant de faire son choix.

Qu’est-ce qui t’inspire au quotidien ?
C’est le bon sens qui me fait marcher. C’est rencontrer des personnes avec du bon sens qui m’inspire au quotidien.