LA CÔTE D’IVOIRE ÉLUE MEMBRE TITULAIRE AU CONSEIL D’ADMINISTRATION DU BIT

L’organisation internationale du travail (OIT) est depuis 1946, une agence spécialisée de l’ONU. Fondée en 1919 après la première guerre mondiale, son but de « poursuivre une vision basée sur le principe qu’il ne saurait y avoir une paix universelle et durable sans un traitement décent des travailleurs[1] ». L’OIT compte 183 membres et son siège est situé à Genève (Suisse). Les États membres se réunissent à la Conférence Internationale du Travail qui a lieu chaque année au mois de juin à Genève. Chaque État membre est représenté par deux délégués gouvernementaux dont un employeur et un travailleur. La conférence a plusieurs fonctions[2] :

- Elle élabore et adopte des normes internationales du travail, sous forme de conventions et de recommandations. Les conventions sont des traités internationaux qui, une fois adoptés par la Conférence, sont ouverts à la ratification des États Membres. La ratification d’une convention entraîne l’obligation juridique d’en appliquer les dispositions. Les recommandations sont destinées à guider l’action nationale mais ne sont pas soumises à ratification et ne sont pas légalement contraignantes.

- Elle suit également l’application des conventions et recommandations au niveau national. Elle examine les rapports que les gouvernements de tous les Etats Membres sont tenus de soumettre et dans lesquels ils présentent de manière détaillée la manière dont ils remplissent leurs obligations liées aux conventions ratifiées de même que la législation et la pratique en rapport avec les conventions et recommandations (ratifiées ou non) sur lesquelles le Conseil d’administration du BIT a demandé l’établissement de rapports.

- Depuis l’adoption de la Déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail (1998), la Conférence a une autre fonction importante, à savoir examiner le rapport global préparé par le Bureau dans le cadre de la procédure de suivi imposée par la Déclaration. Sur un cycle de quatre ans, la Conférence examine des rapports globaux couvrant successivement les quatre droits fondamentaux, à savoir: a) la liberté d’association et la reconnaissance effective du droit de négociation collective; b) l’élimination de toute forme de travail forcé ou obligatoire; c) l’abolition effective du travail des enfants; et d) l’élimination de la discrimination en matière d’emploi et de profession.

- Elle est également un forum où sont débattus librement, parfois avec passion, les problèmes sociaux et du travail qui intéressent le monde entier. Les délégués examinent l’évolution sociale dans le monde mais le thème central est le rapport présenté chaque année par le Directeur général du BIT. En voici quelques-uns, parmi les plus récents: Un travail décent (1999), Réduire le déficit de travail décent: un défi mondial (2001), et Une mondialisation juste: Créer des opportunités pour tous (2004).

- Elle adopte aussi des résolutions qui contribuent à orienter la politique générale de l’OIT et ses activités futures. Tous les deux ans, la Conférence adopte le programme et budget biennal de l’OIT qui est financé par les Etats Membres.

L’OIT dispose en son sein, d’un secrétariat permanent qui abrite l’ensemble des activités de l’Organisation : C’est le Bureau International du Travail. Il est chargé des questions générales liées au travail dans le monde et a pour but d’uniformiser les concepts et définitions relatives au travail et à l’emploi, particulièrement celles liées à la population active occupée et aux chômeurs.

Ainsi, seulement quelques jours après son élection en tant que membre non permanent du conseil de sécurité de l’ONU (fin mai 2017), la Côte d’Ivoire est élue membre titulaire au conseil d’administration du Bureau International du Travail (BIT) le 12 juin 2017. Cette élection est intervenue lors de la 106e session de la conférence internationale du travail qui a débuté à Genève (Suisse) le 03 juin 2017. Représentée par son ministre de l’emploi et de la protection sociale (M. Jean Claude Kouassi) et d’autres délégués gouvernementaux, la côte d’ivoire devient ainsi, l’un des rares pays chargés de décider du budget, de la politique du BIT par rapport au travail, à l’emploi et à la protection sociale du moins pour les trois années à venir. Ainsi, après une crise politico-militaire qui a duré une décennie impactant profondément son économie, la Côte d’Ivoire semble revenir peu à peu sur la scène internationale.

Marie-Noel Koffi

[1] Voir site OIT http://www.ilo.org

[2] Voir site OIT http://www.ilo.org

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