đŸ‡šđŸ‡” Pourquoi le wax est BIEN un tissu africain ?

Moulaye AFRIKREA
Oct 29, 2018 · 11 min read

Suite Ă  de nombreux articles et vidĂ©os rĂ©vĂ©lant que le tissu “wax” ou “pagne” n’est pas africain (mais hollandais ou indonĂ©sien ou chinois, au choix), nous avons assistĂ© effarĂ©s Ă  la montĂ©e de ce sujet. Bien qu’à notre humble avis, ce soit un dĂ©bat inutile, sa rĂ©currence nous a obligĂ© Ă  reconnaĂźtre l’intĂ©rĂȘt qu’il suscite.

Nous allons donc vous exposer pourquoi, Ă  notre avis, le wax est bien un tissu africain d’un point de vue symbolique, historique et surtout Ă©conomique !

Toutefois , nous tenons à préciser que nous avons été obligés de joindre ce débat pour plusieurs raisons :

  • par pure subjectivitĂ© : car, ceux qui “dĂ©noncent” que le wax n’est pas africain, sont en gĂ©nĂ©ral eux-mĂȘmes pas africains ou tout simplement font leur commerce de se distancier d’un pagne africain dont “ils ont marre” et/ou qui reflĂšte une image “inauthentique, arriĂ©rĂ©e, appropriĂ©e Ă  tout va” et SURTOUT digne de la plĂšbe populaire, pas de “vrais amateurs Ă©clairĂ©s”. Etant nous-mĂȘme des serviteurs avĂ©rĂ©s de ladite plĂšbe et promoteurs d’une majoritĂ© de crĂ©ateurs usant du wax .. on avait pas trop le choix, Ă  vrai dire.😅
  • par honnĂȘtetĂ© intellectuelle : parce que le sophisme simplifiĂ© de “une origine = une identitĂ©â€ nous irrite depuis bien trop longtemps sur plein d’autres sujets. Il est donc temps d’attaquer de front par des arguments et un raisonnement pragmatique.
  • parce que l’essentiel de la valeur de cette “polĂ©mique” rĂ©side, comme souvent, dans la “sensationnelle surprise” et la “choc value” que produit la “rĂ©vĂ©lation” de l’origine ou la domination des marques â€œĂ©trangĂšres”. Alors accrochez vous bien, on va envoyer du lourd nous aussi !
  1. L’argument d’origine et le symbolisme associĂ©

Un peu d’histoire s’impose donc, en prenant l’exemple du cĂ©lĂšbre Hamburger. Ce plat est aujourd’hui indĂ©niablement le fer de lance de la “fast food” culture et par extension de la “gastronomie” amĂ©ricaine. Toutefois, le Hamburger est un plat crĂ©Ă© au dĂ©part en Allemagne , donc Allemand d’origine!

Tout comme le Berliner pour Berlin, le “Hamburg-er” fait rĂ©fĂ©rence Ă  la ville de Hambourg en Allemagne. Il a ensuite Ă©tĂ© probablement apportĂ© par des immigrĂ©s allemands, puis popularisĂ© aux USA. Un peu comme les soldats ghanĂ©ens ont Ă©tĂ© les premiers Ă  rapporter du batik indonĂ©sien, qui leur plaisait tout simplement, puis sont devenus populaires en Afrique.

La simple rĂ©vĂ©lation de cette information peut vous faire passer pour un Ă©rudit (ou ennuyeux “je-sais-tout”) mais prouve un point important : l’origine initiale, ou mĂȘme le mĂ©canisme de propagation, est plus un point de discussion anecdotique qu’une base de dĂ©finition de l’identitĂ©. Cela est vrai qu’on parle de gastronomie ou de textile, encore plus quand on parle d’individus. Assez basiquement, je vous invite Ă  essayer de convaincre qui que ce soit autour de vous qu’un hamburger est un plat allemand, bon courage ! C’est tout comme essayez de limiter un Malien qui a grandi en France dans une “case” en tant que “Malien d’origine”, “non Malien”, ou“toubab” pour les plus affectueux en Afrique. C’est possible, argumentable mais simpliste car trĂšs trĂšs loin de la rĂ©alitĂ© complexe d’une identitĂ©.

Pour en revenir Ă  notre sujet donc :

“Le tissu wax est autant hollandais/javanais que le hamburger est allemand” .

Et cette anecdote historique/gastronomique va plus loin qu’une simple comparaison fortuite. Rokhaya Diallo a dĂ©veloppĂ© un argumentaire similaire, mais avec la ratatouille, sur ce mĂȘme sujet du wax !

Nous prenons l’exemple du “Burger” car c’est aujourd’hui l’un des emblĂšmes officieux de la culture amĂ©ricaine, au mĂȘme titre que le tissu wax est en train de devenir l’un de ceux de la culture africaine. Il ne s’agit donc pas seulement de penser historiquement, mais de reconnaĂźtre la prĂ©pondĂ©rance de l’usage et l’association dans l’esprit entre un objet et une culture. Il est donc important pour toute personne qui veut valoriser la culture africaine de reconnaĂźtre, respecter, voire utiliser la place indĂ©niable du tissu wax dans l’esprit de tous autour du monde, pas juste en Occident mais bien aussi en Afrique et partout ailleurs. Il est probable que si vous montriez un pagne en wax Ă  un Japonais, il pense automatiquement que c’est un tissu d’Afrique. Cela peut ĂȘtre contestĂ© d’un point de vue historique, mais ne saurait changer l’image associĂ©e au dit tissu. Et il serait dommage d’ignorer ou pire snober un tel avantage dans l’esprit commun. Car l’histoire peut servir la constitution d’une identitĂ©. Mais l’histoire Ă  elle seule peut rarement lutter contre des associations quotidiennes dans un esprit.

Il est donc tout aussi absurde de demander Ă  un Africain de renier le pagne parce qu’“il vient de Hollande” que de rĂ©torquer Ă  un AmĂ©ricain que McDonalds s’approprie de la gastronomie allemande !

Notre position chez Afrikrea.com est donc qu’il vaut mieux se servir de cette association pour marquer facilement les esprits. Puis, une fois que l’on a suffisamment de “capital de marque”(capacitĂ© Ă  gĂ©nĂ©rer plus de revenus sur tout produit du simple fait d’ĂȘtre associĂ© Ă  une marque connue) , on peut travailler pour Ă©largir cette place et ce qui y est associĂ©. Le changement vient de l’intĂ©rieur bien plus souvent que de l’extĂ©rieur, peu importe la violence ou la rĂ©pĂ©tition des stimuli. Attendons donc d’avoir une sociĂ©tĂ© aussi importante dans l’esprit des consommateurs que McDonalds, pour Ă©largir les symboles associĂ©s Ă  notre culture.

Bien sĂ»r, vous me direz : “mais McDonalds est une sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine tandis que VLISCO est une sociĂ©tĂ© hollandaise”
 ce qui nous amĂšne Ă  ce fameux argument Ă©conomique.

2. L’argument Ă©conomique

Voici comment la plupart des dĂ©tracteurs du wax reprĂ©sentent gĂ©nĂ©ralement les sociĂ©tĂ©s hollandaises ou chinoises vendant du “tissu non africain” : des nĂ©o-colonialistes manipulant de pauvres africains aliĂ©nĂ©s (qui ignorent leur histoire et leur culture) 
 😏

Tout d’abord cette vision omet une rĂ©alitĂ© importante : tous les tissus wax ne sont pas faits en Hollande ni en Chine, mais certains sont faits en Afrique, par des sociĂ©tĂ©s africaines, aux employĂ©s africains.

On peut Ă©videmment citer UNIWAX en CĂŽte d’Ivoire et GTP au Ghana (mĂȘme si les sociĂ©tĂ©s appartienent au groupe VLISCO), mais aussi, CICAM au Cameroun, SOBETEX au BĂ©nin, SONITEXTILE au Niger, ou encore BATEXCI au Mali. Et ces sociĂ©tĂ©s souffrent dans leur dĂ©veloppement, pas seulement de l’importation chinoise (qui tue aussi le groupe VLISCO), mais le plus souvent d’une consommation insuffisamment rĂ©guliĂšre par la population.

Il y a donc du “Wax Africain” car fait en Afrique, fait par des Africains et pour des Africains, qui deviennent des dommages collatĂ©raux de la chasse aux sorciĂšres actuelle.

Dans le cas de BATEXCI que nous connaissons mieux étant Maliens, nous avons appris que la régularité des achats était un tel sujet que les pagnes qui se vendaient le plus étaient ceux faits pour les événements : élections, journée de la femme etc.. Cela démontre à quel point ces industries ont besoin de soutien par une consommation plus forte et réguliÚre, pas le contraire.

Du coup, une “dĂ©nonciation” gĂ©nĂ©raliste du wax pourrait aggraver la situation dĂ©jĂ  difficile des rares initiatives africaines.

Et comme on a promis de la “choc value”, poursuivons le raisonnement par l’absurde : imaginons un monde oĂč plus personne n’achĂšte du wax, spĂ©cifiquement du wax hollandais ou chinois.

Il est important de rappeler que ces sociĂ©tĂ©s, Ă©tant trĂšs industrielles, ont souvent plus d’employĂ©s en Afrique qu’ailleurs. Par exemple VLISCO en a 2 fois plus en Afrique (1800)qu’en Europe. Si la sociĂ©tĂ© venait Ă  disparaĂźtre, il y aurait donc mathĂ©matiquement plus de victimes en Afrique qu’en Europe.

Et ça c’est sans compter une autre rĂ©alitĂ© : ces groupes industriels reposent sur un rĂ©seau extrĂȘmement large de grossistes, semi-grossistes et revendeurs. Par exemple, pensez Ă  Chateau Rouge Ă  Paris ou au marchĂ© Dantokpa de Cotonou. Et vous visualisez alors bien que l’essentiel de ces revendeurs sont d’origine ou basĂ©s en Afrique, et font ce mĂ©tier souvent depuis des dĂ©cennies. Dans cette hypothĂšse de la fin des “nĂ©o-colonialistes”, on souhaite donc la perte de revenus et d’emplois par milliers d’Africains et d’Africaines, sur le continent mais aussi partout ailleurs dans le monde !

Malheureusement les chiffres ne sont pas publics, mais il est objectivement impossible de ne pas rĂ©aliser que bien que produit par des sociĂ©tĂ©s Ă©trangĂšres, l’essentiel de la chaĂźne de valeur du wax est africaine.

Des employĂ©s aux clients en passant par les grossistes, boycotter le wax ferait plus de mal aux Africains qu’à tout autre population.

Au passage, il est bon de se rappeler que le “boycott” ne marche pas d’un point de vue Ă©conomique, et encore moins sans un mouvement de changement pour le porter, comme l’a dĂ©montrĂ© Freakonomics .

Mais, si vous persistez Ă  boycotter le wax, pour des raisons de goĂ»t simplement, pas de soucis ! On a prĂšs de 300 produits pour vous dans notre sĂ©lection “Tout sauf le wax!” sur Afrikrea.com, faites vous plaisir .

3. L’argument de traditions et d’usage

Tout Africain qui a grandi en Afrique, mĂȘme en partie, pourra vous illustrer la complexe mais profonde relation qui le lie au wax. Il Ă©tait omniprĂ©sent et nĂ©cessaire pour fluidifier la machine sociale, ou donner Ă  mes tantes un peu de libertĂ© Ă©conomique. Mais il faut reconnaĂźtre qu’en dehors des fĂȘtes, je n’étais pas Ă  l’aise pour en porter pour de multiples raisons. Personnellement, quand j’étais Ă  Bamako, le wax Ă©tait un “vieux tissu populaire”, comparĂ© Ă  notre trĂ©sor national : le Bazin (qui est aussi fait en Allemagne le plus souvent). Pour autant, le jour oĂč j’ai appris que le wax n’était pas fait en Afrique (simplement parce tout le monde voulait le “hollandais”), j’étais en colĂšre.

En colĂšre que “l’on nous vole encore ce qui nous appartient”. En colĂšre que l’on puisse me traiter d’ignorant quand je portais un vĂȘtement arborant du wax, mĂȘme si je trouvais la tenue superbe et que l’on me couvrait de compliments. Et c’est cette colĂšre qui ressurgit Ă  chaque fois que l’on me dit aujourd’hui que le wax (ou le bazin d’ailleurs) n’est pas africain. Car oui, ces tissus font partie de mes traditions, je me suis senti fier d’ĂȘtre Africain en les portant. Et j’espĂšre bien un jour contribuer Ă  ce que ces tissus permettent Ă  de plus en plus de Noirs d’ĂȘtre fiers et s’enrichir !

Il est donc hors de question que pour des technicalitĂ©s historiques, on nie mon attachement et celui de millions d’Africains Ă  nos traditions.

Ce tissu wax a été, est et sera toujours le notre, point à la ligne.

Mais bref, soit, revenons à des arguments “objectifs” et “rationnels”.

Il y a un argument rĂ©current et relativement pertinent qui m’irrite Ă©galement : “le wax Ă©touffe les tissus traditionnels locaux comme le Bogolan du Mali,le KentĂ© du Ghana (proche du Kita ou du pagne BaoulĂ© de la CĂŽte D’Ivoire), le Faso Dan Fani du Burkina Faso , le Ndop du Cameroun, l’ Aso-okĂ© ou GelĂ© du Nigeria , le Raphia de Madagascar, le Chiromani des Comores le Shuka MassaĂŻ du Kenya, le Kilim d’ Afrique du Nord ou les tricots de laine Xhosa ou le Shweswhe d’Afrique du Sud.”

L’argument est pertinent car personne ne s’opposerait Ă  une rĂ©utilisation massive et une rĂ©appropriation de ces tissus locaux. Il est vrai qu’il faut soutenir, en achetant par exemple, ces tissus traditionnels. Du coup, si vous cliquez sur n’importe lequel de ces noms vous aurez une sĂ©lection sur Afrikrea.com de produits comportant ces tissus (ou s’en inspirant) ! 😉

La pertinence de l’argument est cependant toute relative car cette noble quĂȘte est “l’arbre qui cache la forĂȘt”, pour plusieurs raisons pragmatiques :

  • tout d’abord, ces tissus sont souvent trĂšs onĂ©reux et difficiles Ă  rĂ©aliser, ne serait-ce qu’en temps et fourniture de matiĂšre premiĂšre. Du coup, les produits avec ces temps seront forcĂ©ment plus onĂ©reux, plus longs et plus durs Ă  trouver que leurs alternatives imprimĂ©s!
  • ensuite, il faut accepter et redire fort que le wax est aujourd’hui partie intĂ©grante de la traditions et des habitudes africaines. En tant que Malien, je ne peux imaginer comment ma mĂšre, mes tantes et cousines feraient Ă  chaque mariage ou Ă©vĂ©nement si elles ne pouvaient pas offrir ou acheter du wax. Cette symbolique est d’autant plus important que pour beaucoup d’Africains, les tissus wax dĂ©mocratisĂ©s aujourd’hui font souvent Ă©cho Ă  des souvenirs de leurs parents ou grands-parents, y compris dans la diaspora.
  • enfin, le wax a un avantage inhĂ©rent indĂ©niable par rapport aux autres tissus africains : la versatilitĂ© de ses motifs. Le bogolan par exemple, mĂȘme en imprimĂ© sur d’autres matiĂšres est assez limitĂ© en variantes pour ĂȘtre reconnaissable, mais le wax a cette ubiquitĂ© qui le rend reconnaissable et mĂ©morable quelle que soit mĂȘme la matiĂšre choisie.

Cette versatilitĂ© a d’ailleurs un avantage unique que nous a partagĂ© Anne Grosfilley (docteur en anthropologie, spĂ©cialisĂ©e dans le textile et la mode en Afrique) : la fĂ©dĂ©ration “panafricaine” que permet le wax !

Quoique l’on fasse, le KentĂ© sera toujours associĂ© au Ghana, le Bogolan au Mali etc 


C’est parce qu’il n’a pas d’ancrage prĂ©cis dans un pays ou une culture locale que l’imprimĂ© “wax” arrive Ă  avoir cette force identitaire, Ă  travers tout le continent africain et mĂȘme dans sa diaspora !

Si vous voulez en savoir plus sur toutes les significations, subtilitĂ©s et la riche histoire de ce fameux tissu africain , nous invitons donc Ă  lire Wax&Co ! Par exemple, vous pourrez y lire les passages qu’on adore sur la signification donnĂ©e Ă  chaque imprimĂ© par les Nana Benz puis les femmes africaines, montrant que l’appropriation du wax est si profonde qu’on a pu en faire un support de langage africain !

Pour finir, essayer naĂŻvement de pousser les Africains ou Noirs Ă  les consommer par simple “conscience” ou “solidaritĂ©â€ c’est faire fi de la praticitĂ© ou juste des goĂ»ts de chacun au nom du supposĂ© “conscience noire ou africaine” 
 bon courage aussi !

Le meilleur rĂ©sumĂ© que l’on peut trouver pour conclure ce point est l’une des rĂ©ponses Ă  ce dĂ©bat inutile par l’un des fers de lance de la mode africaine , notre chĂšre Maureen de Nanawax :

Pour conclure, Ă  notre sens, le tissu wax est bel et bien africain car c’est l’un des plus vibrants exemples d’appropriation par les Africains, qui a un Ă©cho mondial. Le wax est africain car il est fait pour les africains, parfois par les africains, (parfois non) mais quasiment toujours vendu par eux. Et en bonus, le monde entier l’associe Ă  notre culture, il serait donc suicidaire d’un point de vue Ă©conomique de le dĂ©nigrer ou le renier, et fallacieux au possible de lui refuser une africanitĂ© qui s’est construite au fil des dĂ©cennies.

Il nous reste encore beaucoup de chemin Ă  faire pour que cette appropriation bĂ©nĂ©ficie entiĂšrement aux Africains, mais cela n’arrivera que si l’on consomme et vend plus de wax, pas le contraire. Tout comme pour la musique, il nous appartient de nous battre pour que cette tendance mondiale du wax ne soit pas un Ă©phĂ©mĂšre effet de mode dont nous nous Ă©loignons, mais une vague qui porte la culture africaine dans son ensemble vers de nouveaux sommets historiques, Ă©conomiques et symboliques.

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Merci pour votre lecture, et si ces quelques mots vous ont plu, touchĂ© ou apportĂ©, vous pouvez “clap clapper” jusqu’à 50 fois pour le montrer et le partager autour de vous !

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Moulaye AFRIKREA

Written by

Cofounder @Afrikrea aka “Kal-El”, African, casually French, aspirant Japanese and doing what he can to live up to his ambitions.

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Le Blog Afrikrea.com : opinions, analyses et conseils sur la mode africaine l’entrepreneuriat crĂ©atif et les startups

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