Pourquoi le Gabon ne sera pas la Silicon Valley de l’Afrique centrale (ou le mythe de la Komo Valley)

La croissance phénoménale des technologies de l’information et de la communication (TIC) en Afrique est en train de changer rapidement le paysage économique du continent.

Ces changements spectaculaires ont lieu à travers l’Afrique, avec des marchés en cours de libéralisation et les organismes de réglementation de plus en plus compétents. La concurrence a également beaucoup fait baisser les prix de ce qui était, jusqu’à très récemment parmi les prix les plus élevés de la communication dans le monde.

Les entreprises ont compris depuis longtemps l’importance des TIC dans le maintien et l’augmentation de la rentabilité, et les gouvernements africains reconnaissent maintenant officiellement l’impact positif des TICs sur le développement économique des pays et l’inscrivent leurs développements comme pilier de croissance.

Cet intérêt est alimenté par une classe moyenne en pleine expansion, un revenu disponible plus élevé et un fort appétit pour les nouvelles technologies.

19656091303_af7a63a969_z

Depuis 2009 pour le cas du Gabon, le gouvernement à travers son Plan Stratégique Gabon Émergent a mis l’accent sur le 17e objectif dont le but est de “construire une économie numérique dynamique”.

Aujourd’hui, même si tous les objectifs ne sont pas atteints en termes de développement numérique, le Gabon est au cœur du développement des TIC dans la sous région, grâce au projet Backbone qui a pour objectif de relier les pays de la CEMAC à la fibre optique pour accroitre l’accès à l’internet haut débit.

Cependant, des défis importants existent encore dans le développement du numérique pour préparer le terrain pour le secteur des TIC, à savoir l’établissement de cadres institutionnels, juridiques et réglementaires, ainsi que l’ouverture du marché des télécommunications en réduisant les obstacles à l’entrée.

medical-records-in-hospital

La promotion de l’e-Santé

Le Gabon pourrait promouvoir des initiatives en matière de TIC dans le secteur de la santé, grâce au système ouvert de dossier médical pour facilité par exemple le suivi national des données des patients, fournissant un soutien pour les patients avec un système électronique qui relie les hôpitaux urbains et ruraux, ce qui permet aux gens de recevoir des services spécialisés de traitement à distance.

Au Sénégal, il y a “SenGeoSanté” est une application Android qui permet aux Sénégalais de localiser toutes les structures sanitaires sur une carte, avec ou sans connexion.

legal-contract-and-calculator-on-table

La numérisation des démarches administratives

Même si les individus peuvent déjà demander un visa en ligne pour le Gabon, payer une catégorie d’impôt la systématisation de ce genre d’outils pourraient permettre de lutter contre la corruption en surveillant les flux de taxes et les droits d’importation, et de s’assurer que les agents publics ne soient pas indûment impliqués dans les processus d’appel d’offres et d’approvisionnement.

Au Rwanda, l’Autorité Revenu Rwanda (RRA) a créé une calculatrice d’impôt en ligne efficace pour aider les petites et moyennes entreprises à enregistrer leurs entreprises et calculer leurs impôts plutôt que d’aller physiquement au bureau RRA.

Selon la Banque mondiale, le gouvernement électronique améliore la transparence.

25868847124_0e1384a1e9_z

La fédération de l’écosystème TIC

L’accès au TIC ne concerne pas seulement l’accès et la connectivité, mais aussi la formation en adéquation avec les besoins des entreprises et des administrations avec les outils et techniques en phase avec les méthodes actuelles et futures.

Le développement des TIC du Gabon a un impact énorme sur le développement socio-économique les acteurs de l’économie numérique doivent tous prendre une part active à la construction d’un tissus économique solide pour impacter de manière durable ce secteur porteur.

Nous avons l’exemple du HUB AFRICA l’outil d’accompagnement par excellence des entrepreneurs africains soutenu par le Roi Mohammed VI et en partenariat avec le ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération du Maroc.

protection-symbol-on-computer-screen

L’absence de Cadre institutionnel

Le gouvernement a promulgué des lois pour régir les transactions électroniques principalement dans le secteur des télécoms, mais n’a pas de lois pour régir l’usage des messages électroniques au sein des administrations publiques, les signatures électroniques, les transactions mobiles, la publicité sur internet, la protection des données, la cyber sécurité et l’utilisation des TIC.

Il a créé l’Autorité de Régulation Communications Électroniques et des Postes (ARCEP) qui a pour mission de veiller à l’accomplissement par les opérateurs des formalités relatives à l’obtention des autorisations ou déclarations liées à l’exercice des activités du secteur ; de recueillir toutes les informations utiles relatives aux activités des opérateurs aux fins de régulation.

En privilégiant encore une fois, le secteur télécoms aux autres branches des TICs.

14760925989_cb1e1ee13a_c

Le manque d’infrastructures.

Le Gabon se concentre sur la mise en place d’un réseau fédérateur de la fibre optique au niveau national grâce au câble maritime international.

Avec la Société de Patrimoine des Infrastructures Numériques (SPIN) créée en juin 2012 qui a pour mission d’exploiter, de maintenir et de commercialiser les infrastructures numériques mises à sa disposition par l’État, afin de réduire la fracture numérique en République gabonaise.

Pour favoriser le stockage de l’information, en négligeant la gestion et la protection des données.

8089987943_92b512c3f6_z

La faiblesse de l’e-gouvernement

En 2016, seul une infime parti des entités du secteur public (ministères, agences, provinces et communes) avec le portail : gouvernement.ga et une partie négligeable du secteur privé a eu une présence sur le web.

Malgré la mise en place d’une Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences (ANINF) qui est l’instrument du gouvernement en charge d’assurer la création et la gestion de l’infrastructure et des ressources nationales communes dans les domaines des télécommunications, de la radiodiffusion et des technologies de l’information.

Pourtant, la base d’abonnés des TIC a augmenté de façon significative.

Le nombre de clients de téléphonie fixe a plus que doublé entre 2000 et 2016, les clients de téléphonie mobile est passé de 200 000 en 2000 à plus 2 857 902 en 2016, et les utilisateurs d’Internet est passé de 55.000 à 1 101 231 au cours de la même période.

11775746134_eb482a70d6_z

La réduction de la fracture numérique.

Pour améliorer la qualité des prestations des services dans les TIC le gouvernement espère vulgariser l’accès à l’outil informatique à travers des programmes tels que e-éducation pour équiper les écoles publiques en salle multimédia ou des programmes public-privé comme train my génération avec Airtel.

Le gouvernement espère rendre l’outil informatique accessible en négligeant de mettre l’accent sur les compétences, les établissements publics et privés n’ont pas d’offre de formations adaptées aux besoins du secteur privé et répondant aux problématiques de développement communautaire, ainsi qu’aux questions liées à l’amélioration et au renforcement de l’administration électronique ou même de la lutte cyber-sécurité.

close-up-of-black-computer-keyboard

C’est indéniable la modernisation de l’économie numérique est en marche et affecte positivement l’économie traditionnelle avec le développement de services innovants pour plusieurs entreprises et administrations.

Si vous avez des contributions n’hésitez pas, partager vos avis et impressions avec nous.

Sources : Banque Mondiale, Gouvernement Gabon, ARCEP, Le Monde, Wikipedia, CIA World Factbook, RRA


Originally published at Agence CW.

Show your support

Clapping shows how much you appreciated Pascal Ango’s story.