Le vélo : vous y viendrez tôt ou tard

Pour un étudiant, le vélo se résume en trois mots : facilité, économie et liberté.

En vivant au Japon, il est impossible d’ignorer que ce pays est bien celui du deux roues.

Nombreuses grandes artères sont pourvues de pistes cyclables et la plupart des trottoirs sont prévus pour recevoir aussi bien des piétons que des vélos. On trouve des parkings dédiés devant tous les grands magasins et lieux touristiques ainsi que dans les gares, les centres commerciaux ou simplement aux coins des rues.

Les japonais sont particulièrement friands de ce mode de transport. Ils le pratiquent depuis le plus jeune âge et beaucoup de personnes âgées continuent à l’utiliser. Le public se déplaçant en vélo est très varié. Nous retrouvons bien sûr des étudiants, du primaire à l’université, mais également des salarymen, des ouvriers se rendant à leur travail ou des mères de famille qui les équipent alors d’un, voir de deux “porte-enfant”.

Les vélos japonais sont conçus de manière pratique. A la base, ils se composent d’au moins un panier à l’avant et un porte-bagage à l’arrière, d’un pied stabilisant à la roue arrière, un phare avant avec une dynamo, un antivol intégré, etc…

Acheter un vélo d’occasion : comment procéder

Même si l’on peut en trouver neufs à des prix parfois équivalents à ceux d’une mobylette pour les vélos électriques, les magasins d’occasion, tels que l’enseigne « Eirin », en proposent déjà en bon état à partir de 6 000 yens hors taxes. Vous pouvez bien sur vous en procurer un auprès d’un particulier mais la boutique et son aimable vendeur restent toujours la solution la plus simple. Ils offrent également l’avantage d’une garantie de 2 à 6 mois sur votre achat moyennant la conservation de votre ticket de caisse.

Vous pouvez faire le tour des magasins de votre quartier et guetter les étiquettes « USED », vous ne tarderez certainement pas à trouver LE vélo qui vous amènera bientôt à travers tout la ville en parfaite liberté. Lorsque vous aurez fait votre choix, il vous suffira d’entrer et de dire en le pointant du doigt « Sono jitensha o kaitai desu, onegai shimasu » (Trad : J’aimerais acheter ce vélo, s’il vous plait). Comme expliqué dans l’article précédent (cf. Lawson Store Store 100 : un konbini à mini prix), les prix affichés s’entendent sans la taxe de 8%.

A ce prix, il faudra rajouter 500 yens pour l’immatriculation. Oui vous avez bien lu ! Au Japon on immatricule aussi les vélos. Au moment de l’achat, il vous sera demandé de remplir un formulaire avec toutes vos coordonnées. Bien sûr, il est écrit entièrement en japonais mais la plupart des vendeurs seront ravis de vous aider dans cette démarche, quitte à le remplir pour vous, et ce tout en katakana. La présentation de votre carte de résident et une éventuelle copie vous sera demandée. On vous donnera ensuite une étiquette à coller sur votre vélo « la plaque d’immatriculation » et la « carte grise », en fait un double du document que vous venez de remplir, l’original étant remis à la Police, dans le but principal d’éviter les vols.

Tout ceci a évidemment un coût pouvant paraître assez lourd pour un étudiant. Mais à long terme, il s’agit bel et bien du moyen de déplacement le plus économique car ici, les transports en commun sont relativement chers. Les bus de Kyoto pratiquent en effet des prix exorbitants allant de 230 yens le trajet (sans correspondance et sans réduction) à 9 200 yens pour un abonnement de 30 jours, en passant par le One Day Pass à 500 yens. Et une fois acheté, je rappelle qu’un vélo ne vous demandera que peu de frais et peu d’entretien. Le regonflement des pneus est d’ailleurs gratuit dans chaque magasin de vélo de la ville. La phrase magique « E~A, onegai shimasu », signifiant « De l’air, s’il vous plait » vous sera dans ce cas bien utile.

Une autre chose à prendre en compte est bien entendu la liberté que cela procure. Vous aurez la possibilité d’emprunter les centaines de petites rues inaccessibles dont sont composées la plupart des villes du Japon. En centre-ville, vous irez plus vite que les voitures. Vous ne serez pas dépendants des horaires. Et le point le plus important, vous profiterez des plus beaux paysages et des meilleurs moments que le Japon propose ; l’écologie, la nature, le respect des êtres vivants tiennent une grande place dans l’esprit et le cœur des japonais. En somme, le vélo n’a que du bon ! Et votre santé vous dira “merci “ (Votre régime aussi !).

Quelques petites choses importantes à savoir

La plupart des parkings destinés aux vélos sont payants mais ne coûtent pas très chers : par exemple, le Parking à Velo situé sous le grand magasin Yodobashi Camera et reliant directement la gare de Kyoto est gratuit les 2 premières heures, puis 100 yens pour 6 heures, cependant il est fermé la nuit. Comptez de 500 à 800 yens par 24 heures pour des plateformes extérieures ouvertes en permanence, qui ont l’avantage de faire office également d’antivol.

Beaucoup d’endroits, notamment le long des trottoirs des rues les plus fréquentées, sont interdits de stationnement à vélo, indiqué par un panneau qui vous enverra vers le parking autorisé le plus proche mais il ne sera pas forcément gratuit.

Vous pouvez rouler aussi bien sur les routes que sur les trottoirs, chargés ou non.

Cependant il est interdit entre autres de rouler :

– Sous l’emprise de l’alcool

– En tenant un parapluie (ou un smartphone)

– Côte à côte

– Sans phare la nuit

– Sans freins

– Sur certains trottoirs et certaines rues réservés exclusivement aux piétions (un sigle vélo barré vous signifiera à partir et jusqu’où vous ne devez plus rouler. Mais marcher en poussant son vélo est autorisé, un autre sigle vous le dira, en général sous-titré en anglais)

– Sur le trottoir si la foule est telle que l’on ne voit pas 3 mètres devant soi

– Avec une personne sur son porte-bagages

– Etc…

Alors franchement, pourquoi louer bien cher quand on peut acheter ? C’est l’un des nombreux avantages que vous offre votre Visa Etudiant si durement acquis. Il serait bien dommage de ne pas en profiter. Et n’hésitez pas à partir vous balader du côté de Kamogawa, rivière ancestrale traversant la ville de Kyōto et accessible depuis Nihongo Center en 5 petites minutes à pieds.