Sonia Lavadinho, consultante indépendante, chercheuse et conférencière.

Parcours de docteurs en sciences urbaines

École Urbaine de Lyon
Oct 28 · 12 min read

À la suite de la parution de l’Arrêté du 22 février 2019 définissant les compétences des diplômés du doctorat et inscrivant celui-ci au répertoire national de la certification professionnelle[1], l’École Urbaine de Lyon, qui finance chaque année plusieurs bourses de thèse, pose la question des parcours pour les docteurs en dehors de l’Université, et ce dans le cadre de sa veille professionnelle. Quels secteurs reconnaissent véritablement les compétences doctorales ? Quelles stratégies adoptées pendant la thèse pour préparer la suite de sa carrière ? Entretien avec Sonia Lavadinho, consultante indépendante, chercheuse et conférencière en urbanisme. Propos recueillis par Lucas Tiphine le 26/10/2019.

Sonia Lavadinho (crédit photo : Conseil d’Architecture d’Urbanisme et de l’Environnement du Nord)

Quel a été votre parcours professionnel depuis la soutenance de votre thèse de doctorat ?

Pour comprendre mon parcours depuis la fin de la thèse de doctorat en 2011[2], il faut revenir dix années auparavant. Après le baccalauréat, je me suis d’abord formé en psychologie à l’Université de Genève, mais je n’ai pas voulu poursuivre cette carrière, je ne me voyais pas donner des consultations dans un cabinet. J’ai décidé de devenir photographe, car j’étais très attirée par le voyage et ce métier me permettait de voyager dans le monde entier. Environ 5–6 ans plus tard, j’ai voulu apprendre le Web design, qui en était alors à ses débuts. J’ai passé trois mois à New York dans le cadre d’une Summer School à la Parsons School of Design. Cette expérience a infléchi totalement ma carrière : à mon retour à Genève, j’ai décidé de suivre une formation de 3e cycle en Sciences des Médias et de la Communication, tout en travaillant à côté, dans l’import/export, puis le secteur de la banque ou encore l’enseignement des langues étrangères, autant d’expériences professionnelles très diversifiées qui me servent aujourd’hui pour tenter de comprendre la réalité des clients pour lesquels je suis consultante. C’est lors de la soutenance de ce premier mémoire de master que l’un des membres du jury m’a fait remarquer qu’il y avait beaucoup d’éléments d’urbanisme dans mon travail et que je devrais songer à me spécialiser dans ce domaine. Je me suis alors inscrite dans un deuxième master de 3e cycle, cette fois-ci en Géographie urbaine à l’Université de Lausanne. À partir de ce moment-là, je me suis toujours arrangée pour avoir des missions opérationnelles en lien avec ce domaine d’études, d’abord sur le thème des loisirs des enfants en ville puis rapidement sur les mobilités, qui étaient au cœur des activités de recherche du laboratoire auquel j’étais rattachée à l’époque. Ce thème très appliqué correspondait bien à mon souhait de faire de la recherche — action plus que de la recherche fondamentale. C’est d’ailleurs lors d’une réunion de travail avec la directrice de l’urbanisme de la ville de Genève de l’époque que j’ai eu pour la première fois en germe l’idée de mon sujet de thèse. En effet, alors que je présentais quelques idées sur la marche au bord du Lac de Genève, celle-ci m’a dit en substance : « On sait déjà que les gens aiment marcher au bord du Lac, ce qui nous intéresse, c’est de comprendre comment on peut les inciter à marcher dans des espaces moins attractifs, et notamment en périphérie ! » À l’époque, la Ville de Genève était en train de faire une évaluation de son plan piéton, qui était précurseur à l’échelle européenne, et les services d’urbanisme avaient besoin d’éléments analytiques sur ce qui s’appelle maintenant de manière courante la « marchabilité » des territoires. J’ai réalisé cette étude pour la Ville de de Genève, et cela a donné lieu à des rapports techniques, des conférences et des publications, qui m’ont permis d’asseoir mon expertise dans ce domaine de la marchabilité, qui était à l’époque tout nouveau, mais j’ai longtemps résisté à me lancer dans l’exercice de la thèse. Je voulais seulement faire de la recherche, et les temps relativement courts de la recherche appliquée me convenaient mieux que de me lancer dans une épreuve en solitaire pendant des années. Puis nous avons décroché avec le Professeur Yves Winkin des fonds importants pour effectuer une recherche pionnière sur le thème des villes marchables lors du lancement de la première édition de l’ANR en 2007, et là cela faisait du sens que je m’inscrive en thèse pour aborder ce thème plus en profondeur.

La soutenance de ma thèse à l’ENS de Lyon en 2011 a coïncidé, une année plus tard, avec l’arrivée à échéance de mon contrat à l’EPFL. Je cherchais à l’époque à poursuivre ma carrière dans le monde de la recherche, mais je dois dire que la fragmentation européenne en la matière n’aide pas : cela reste compliqué de devoir postuler à l’international, de devoir changer de langue, de pays, de niveau de salaire, les freins en Europe se cumulent, contrairement à ce qu’il se passe aux États-Unis, où le paysage de la recherche déploie ses opportunités au sein d’un seul grand pays. Mon frère, ingénieur de formation, avait fondé quelques années auparavant sa propre entreprise. Voyant mes tentatives répétées en vue d’obtenir un poste, sans succès, alors même que j’avais des clients en attente de poursuivre leurs collaborations avec moi, il m’a interpellée : « Avec les quelques opportunités que tu as déjà par l’intermédiaire de tes mandats de recherche, pourquoi tu ne créerais pas une société de conseil ? » Je n’y avais jamais pensé, mais là tout à coup cela pouvait faire sens. Je me suis dit que je ne perdais rien à essayer : j’avais quelques mois devant moi où j’allais recevoir encore un salaire, donc j’avais le temps de me lancer. Il faut également dire qu’entre le moment où j’ai commencé à faire de la recherche universitaire en 2000 et la soutenance de ma thèse en 2011, j’ai été directement témoin de la dégradation des conditions de travail : baisse des dotations, nouvelles contraintes administratives, etc. Par ailleurs, je n’avais que très peu de publications dans les titres qui comptaient pour un recrutement académique, j’avais surtout écrit pour des revues professionnelles. Créer un bureau de conseil ne me semblait donc pas si fou que cela même si je n’avais aucune culture dans le domaine entrepreneurial ! C’était vraiment seulement mon expertise scientifique dans le domaine des mobilités, fruit de dix années de recherche, et une notoriété déjà affirmée par le biais des conférences, ainsi que mon envie d’être libre par rapport aux contraintes universitaires, qui m’ont donné confiance pour me lancer.

Pourriez-vous décrire concrètement la manière dont se déroule une expertise représentative depuis la première prise de contact avec le client jusqu’au rendu des livrables ?

Généralement après un premier contact par téléphone ou lors d’une réunion, nous parvenons au fil d’une série d’échanges plus approfondie à une entente sur les objectifs à atteindre et sur la méthodologie à déployer, que j’invente souvent expressément pour les besoins de tel ou tel projet concret. Ensuite nous déployons une phase de diagnostic sur le terrain, ou bien j’entame directement une analyse qui s’appuie sur mon expertise. À ce stade, une restitution auprès des décideurs ou des élus est souvent requise, et donne de nouvelles orientations qui permettent d’approfondir nos recommandations, ou bien affiner des scénarios, le cas échéant. Souvent je vais le faire par le biais d’ateliers dans lesquels je vais employer diverses méthodes de design thinking pour coconstruire les solutions à imaginer avec les acteurs eux-mêmes. La valeur ajoutée de mon intervention se situe au niveau de l’argumentaire, qui permet d’y voir clair sur les directions à prendre pour le futur. Un mot sur les livrables, car c’était pour moi un long apprentissage, et autant apprendre à optimiser cet aspect-là depuis le début : au départ, je rendais des rapports qui faisaient entre 100 et 200 pages. Ils étaient touffus, très complets et exhaustifs certes, mais totalement impossibles à mettre en œuvre, et je perdais souvent de l’argent à cause de l’effort de relecture important. Aujourd’hui je livre 2–3 planches en grand format qui se prêtent à un storytelling par oral. Je suis en mesure de déployer un argumentaire convaincant en moins de 5 ou 10 minutes tout en étant visuellement frappant, et cela fait toute la différence, car cela reste dans les mémoires. Sans compter que je n’y passe désormais qu’une fraction infime du temps que j’avais l’habitude d’y consacrer, pour des résultats exponentiellement meilleurs et une satisfaction des clients bien plus affirmée.

Actuellement, il est possible d’observer dans les institutions universitaires des incitations à destination des doctorants, et ce afin de les encourager à devenir consultants, par exemple avec les programmes « doctorant — conseil ». Est-ce selon vous une voie professionnelle prometteuse ?

S’il s’agit uniquement d’une réponse à la raréfaction des postes académiques, cela ne me semble pas une position tenable. On peut être un excellent scientifique, mais ne pas du tout avoir envie de s’adapter aux exigences du métier de consultant, notamment à la compréhension des besoins des clients, aux rythmes de travail très soutenus, aux délais de rendu relativement courts, aux contraintes techniques des projets, qui doivent aussi composer avec les impératifs économiques et politiques, etc.

De manière plus générale, il me paraît essentiel pour devenir consultant de développer des compétences spécifiques à l’oral, car c’est souvent dans l’échange en direct que l’on peut avoir le plus d’impact. L’écrit fait trace pour justifier la réalisation du contrat, mais finit le plus souvent dans un dossier sans avoir été lu ! Il faut donc beaucoup s’entraîner à s’exprimer à l’oral, et pas seulement dans les conférences académiques, car les modalités d’attention et d’échange sont trop différentes par rapport à un auditoire non scientifique.

Par ailleurs, la multiplication du recours aux consultants à tout bout de champ depuis une dizaine d’années, par exemple dans les réunions de concertation, rend d’autant plus difficile de faire entendre sa voix d’expert, qui n’est plus qu’une vision parmi d’autres, cela dans un contexte global de remise en question de toute forme de médiation et de représentation de l’expérience vécue par les individus. Être consultant, c’est souvent avoir deux minutes d’attention pour essayer de faire passer un message. Il est nécessaire de renoncer à une partie de la complexité, il faut jouer le jeu de reprendre au moins en partie le vocabulaire avec lequel le client a formulé sa demande initiale même si on préférerait utiliser d’autres termes, et l’on peut être l’objet de vives critiques en illégitimité par les acteurs de terrain. Tous les chercheurs n’ont pas forcément envie de cela !

Le rapport à la production de l’analyse est également très différent de la recherche académique, car les temporalités pour rendre les livrables à partir de l’obtention du contrat sont souvent de quelques semaines ou au mieux de quelques mois. Il est donc nécessaire d’être extrêmement efficace dans la collecte des données de terrain, d’identifier très rapidement les résultats qui vont avoir le plus d’impact et d’avoir un excellent esprit de synthèse pour les mettre en récit.

Je pense qu’il ne faut pas non plus sous-estimer le besoin d’être très outillé du côté visuel : cartographies, infographies, mises en récit demandent une excellente maîtrise des logiciels de PAO ou SIG, et beaucoup de chercheurs ne sont pas assez formés dans ces domaines. Heureusement en ce qui me concerne j’avais eu l’opportunité d’apprendre à utiliser Photoshop, Indesign et Illustrator dans le cadre de mes autres jobs. Mais je constate toujours ce même déficit chez les nouvelles générations de chercheurs, maintenant que j’assume un rôle d’employeur. Or aujourd’hui ces compétences, notamment infographiques, sont essentielles à la bonne transmission des données.

Enfin, il y a la question de la gestion du management et de l’administration de la structure, surtout en travaillant à son compte, et à laquelle on ne s’est le plus souvent pas préparé pendant le doctorat. Apprendre à le faire pourrait néanmoins être utile, même pour celles et ceux qui veulent continuer dans l’académie, étant donné que de plus en plus de responsabilités administratives et managériales sont assurées par les scientifiques eux-mêmes…

Comment établit-on la valeur marchande de son expertise scientifique en tant que consultant indépendant ?

Le piège classique, auquel il est néanmoins difficile d’échapper, est la facturation horaire. Récemment, je lisais encore un article d’une chercheuse australienne qui insistait sur la dimension inestimable, au sens littéral du mot, d’une consultation d’expert réussie, par exemple pour la courbe d’apprentissage d’une équipe, la consolidation d’un argumentaire ou le gain de temps dans la réalisation d’un projet. L’enjeu pour le consultant est donc de réussir à présenter son expertise d’une manière qui permette aux clients potentiels d’avoir une idée très claire de la façon dont une collaboration va rendre possible une avancée conséquente, et ce sans que la prestation se traduise nécessairement par un équivalent à facturer en nombre d’heures. Il faut arriver à découpler la valeur ajoutée de l’expertise et le taux horaire, et appliquer plutôt des tarifs forfaitaires en adéquation avec l’importance de la mission.

La valeur de l’expertise passe aussi par la capacité à se renouveler, ce qui n’est pas toujours évident lorsque l’on est consultant depuis de nombreuses années dans le même domaine. C’est la raison pour laquelle, en ce qui me concerne, je veille à garder beaucoup de temps pour me tenir au courant de l’état de l’art dans mon domaine, mais aussi pour lire sur de nombreux sujets qui ne sont pas toujours immédiatement en relation avec celui-ci. Cela me permet de faire un pas de côté, et donc de favoriser la création de liens inédits. Plus crucial encore, je continue à faire de la recherche, le plus souvent au cours des projets pour lesquelles je suis sollicitée comme consultante. Les clients avec lesquels je travaille savent qu’il s’agit d’une composante essentielle dans ce qui fait la spécificité de mon expertise et j’y tiens énormément. C’est en partie ce qui me permet de faire entendre une voix un peu différente par rapport à d’autres consultants qui sont plus issus du monde de la pratique. Concrètement, cela passe par le développement d’un protocole de collecte de données adapté à chaque nouvelle situation, qui va par exemple déboucher sur la mise au point d’un indicateur inédit propre à la ville dans laquelle le projet a lieu ou encore à l’invention de nouveaux concepts.

Quels conseils donneriez-vous à un docteur qui voudrait devenir consultant indépendant ?

Je lui suggérerai d’abord d’essayer de publier un livre à partir de sa thèse, car quoique l’on en pense, il s’agit encore d’un élément de légitimation fort sur le marché de la consultance, par exemple pour être invité à donner des conférences. Et dans le même temps, je ferais une série de vidéos sur mon domaine d’expertise, que je diffuserais sur Internet librement. Il suffit de penser à la manière dont de nombreuses personnes vont désormais directement sur des plateformes comme YouTube pour trouver des informations afin de comprendre comment la revalorisation de l’oralité est en train de chambouler les cadres de la connaissance. Cela permet en outre de créer très rapidement un réseau et d’identifier son public cible. La présence numérique est donc de ce point de vue absolument cruciale, de même qu’une bonne connaissance des outils de visualisation des données, quitte à avoir recours à un prestataire pour produire les infographies que l’on souhaite et rendre ainsi ses contenus plus attrayants.

À un autre niveau, avec le développement de l’intelligence artificielle, qui va devenir beaucoup plus performante que les humains en ce qui concerne la maîtrise quantitative de l’ensemble des connaissances factuelles, la différence se fera sur la capacité à mettre en récit les données et à interagir avec autrui sur le plan de l’intelligence émotionnelle. Ma recommandation serait donc de prendre des cours de théâtre ou d’improvisation et d’hybrider autant que possible son regard d’expert en croisant les expériences que l’on a pu avoir à l’intérieur et en dehors de son parcours professionnel, et ce pour acquérir une qualité d’intervention irremplaçable.

À titre personnel, comment envisagez-vous l’évolution de votre carrière en tant que consultante indépendante ?

Je suis actuellement en pleine évolution, à la fois thématique et méthodologique. Après avoir étudié pendant une vingtaine d’années comme chercheuse et consultante la mobilité du point de vue des flux dans les espaces publics, je souhaite désormais m’intéresser à la ville du futur, et notamment comment les mutations de nos modes de vie vont modifier nos choix liés à l’habitat et au travail. Ces thèmes ne sont pas aussi lointains qu’ils en ont l’air : si aujourd’hui le travail influence énormément la manière dont on pense la mobilité (heures de pointe, temps de trajet domicile — emploi, place de la voiture en ville, etc.), dans le futur la prépondérance du motif travail continuera de baisser et nos déplacements seront encore plus souvent qu’aujourd’hui motivés par d’autres « raisons d’être là ». Cela ouvre la recherche à de multiples enjeux et à des objets d’études passionnants, par exemple comment pourra-t-on gérer toutes les friches de bureaux qui s’annoncent comme fort probables à un horizon de 15–20 ans.

Cela me conduit à insister sur le fait que comme chercheur, il faut avoir conscience que son sujet de thèse de doctorat finira par passer, surtout dans un monde en pleine accélération. Si l’on prend l’exemple des véhicules autonomes, le cycle de recherche est quasiment terminé. Il reste bien sûr des questions à la marge, comme l’homologation ou la prise en charge de ces véhicules par les assurances, mais le cœur des problèmes fondamentaux tels que pouvait les résoudre la recherche, cela a déjà été fait au cours des 10–15 dernières années.

Lorsque j’ai commencé à travailler sur la marche au tout début des années 2000, il s’agissait d’un sujet dont personne ne parlait. La première édition de Walk21, la conférence internationale de la marche, venait d’être lancée à Londres en 1999. Le pic d’intérêt a été atteint vers 2010–2012 selon les pays : appels à projets sollicitant des experts de la marche, chargés de mission dédiés dans les collectivités. etc. Aujourd’hui, toutes les villes ont une politique de la marche (qui n’est bien souvent pas efficace, mais là est un autre problème). Ce qui est certain, c’est que la vague est déjà en train de passer en ce qui concerne la consultance. Je le vois non pas comme un creux qui serait à craindre, mais comme une formidable opportunité de pivoter afin d’aborder de nouveaux problèmes de recherche et me réinventer !

[1] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000038200990&categorieLien=id

[2] Sonia Lavadinho (2011), Le renouveau de la marche urbaine : Terrains, acteurs et politiques. Ecole Normale Supérieure de Lyon.

Anthropocene 2050

Un blog de recherche de l’Ecole Urbaine de Lyon pour réfléchir sur la dimension urbaine de l’Anthropocène. // An Ecole Urbaine de Lyon’s research blog to reflect on the urban dimension of the Anthropocene.

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L’École Urbaine de Lyon (EUL) est un programme scientifique « Institut Convergences » créé en juin 2017 dans le cadre du Plan d’Investissement d’Avenir.

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