VEILLE #18. Semaine du 3 au 9 février 2020

berenice gagne
Feb 9 · 14 min read

L’incertitude, un mot clef de l’Anthropocène ? Une incertitude existentielle mais aussi une incertitude entretenue et instrumentalisée par de grandes industries soudoyant la science. Pendant ce temps en ville, on fait du vélo et on se demande si on pourrait laisser les enfants jouer dans la rue.

Centrale électrique abandonnée de Monceau-sur-Sambre à Charleroi (Belgique) © Lennart Tange (CC)

Si vous avez des suggestions pour enrichir cette veille, n’hésitez pas à les partager : berenice.gagne@universite-lyon.fr

Retrouvez la veille au fil de l’eau sur twitter : @BereniceGagne

URBAIN

- « Que serait un urbanisme populaire ? Faire ville, faire communauté » : une invitation à renverser la perspective et partir de la manière dont sont habités les espaces pour repenser l’aménagement du commun, depuis la marge et les espaces dits indignes (AOC, 07/02/2020).

- Un projet de décret du gouvernement étatsunien chercherait à imposer un « style classique » aux bâtiments fédéraux afin qu’ils « inspirent à nouveau le respect, et non la confusion ou le dégoût » (Hyperallergic, 06/02/2020).

- En ville, le nombre d’enfants qui jouent dans la rue est en chute libre : comment rendre la rue aux enfants ? (rtbf, 04/02/2020).

- A voir : une enquête alarmante sur la manière dont le système financier alimente l’explosion des loyers, responsable de l’expulsion de citadins modestes des grands centres urbains (arte, 03/02/2020).

- A écouter : un podcast à Quingey, entre Besançon et Pontarlier, où les habitant.es réfléchissent collectivement à la sobriété énergétique et participent à la Fruitière à Energie, pour produire des énergies renouvelables (La Traverse, 03/02/2020).

- « Comment le vélo redessine la ville » ou comment adapter les infrastructures (Le Monde diplomatique, février 2020).

- Parution : Marie Gibert-Flutre, Les envers de la métropolisation. Les ruelles de Hô Chi Minh Ville, Vietnam (CNRS éditions, 2019). Par sa confrontation avec le terrain vietnamien, l’autrice renouvelle la notion d’espace public, historiquement issue de la pensée urbaine occidentale, en croisant la géographie, l’anthropologie urbaine et l’urbanisme.

- Le Low-tech Lab publie un rapport sur l’habitat low tech (mesures de l’impact écologique, économique et ergonomique) après un an de vie dans une tinyhouse équipée de 12 low-tech.

POLITIQUE

- Raviver l’héritage du libéralisme politique de John Dewey, selon lequel les libertés politiques fondamentales doivent être défendues contre les intérêts économiques de l’État, pour lutter contre le néolibéralisme autoritaire, la démocratie antilibérale et les censures identitaires (AOC, 10/02/2020).

- Une tribune de Yanis Varoufakis et David Adler (Democracy in Europe Movement 2025) pour dénoncer l’opération de greenwashing que représente selon eux le Green Deal de la Commission européenne (The Guardian, 07/02/2020).

DROIT

- Un projet de loi prévoit la création de juridictions spécialisées afin de traiter des cas graves d’atteinte à l’environnement (novethic, 04/02/2020).

- Une analyse du cadre de la Convention citoyenne pour le climat, fondée, non sur du droit, mais sur des promesses, voire des malentendus, qui représentent un risque de régression du droit de l’environnement (AOC, 03/02/2020).

SOCIETE

- A écouter : une chronique sur la difficulté des médias à informer sur la crise climatique tout en dépendant de la publicité (France culture, 03/02/2020).

- Bifurcation : la formation au métier de berger/bergère touche un nouveau public essentiellement urbain et en reconversion (Le Monde, 02/02/2020).

SANTE

- Quand le territoire devient pathogène : le cas des clusters de cancers pédiatriques (Le Monde, 04/02/2020).

- Une étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives estime le nombre de cancers de la vessie attribuables, en Europe, aux trihalométhanes issus de la chloration de l’eau du robinet (Le Monde, 31/01/2020).

AGRICULTURE

- Un point sur la culture intensive du soja, source majeure de déforestation, et essentiellement utilisé sous forme de tourteaux de soja pour l’alimentation animale (The Ecologist, 06/02/2020).

- Le risque de mortalité induit par les néonicotinoïdes pour les abeilles butinant du nectar de colza persiste malgré le moratoire de l’Union Européenne (Science of The Total Environment, Volume 704, Février 2020).

- La Cour des comptes dresse le bilan de 10 ans d’action gouvernementale, impuissante à sortir l’agriculture française de sa dépendance aux pesticides (Le Monde, 04/02/2020).

- Biodiversité : redonner aux agriculteurs la pleine et libre possession de leurs semences pour lutter contre l’érosion des ressources génétiques des plantes (The Conversation, 03/02/2020).

- Une analyse de la stratégie dite “de la fourche à fourchette” de la Commission Européenne qui promet une révision complète de nos systèmes de production alimentaire, entre nouvelle prise de conscience écologique et digitalisation (Le Grand Continent, 02/02/2020).

- Une étude de l’impact de l’agriculture de conservation sans labour sur le rendement des cultures et la séquestration de carbone en fonction des caractéristiques climatiques (Global Change Biology, 17/01/2020).

ALIMENTATION

- Ouvrir plus d’épiceries de proximité pour réduire le gaspillage alimentaire aux Etats-Unis : au lieu de pousser au consumérisme, cette solution permettrait d’acheter en quantité plus raisonnable et donc de moins gaspiller (Anthropocene, 07/02/2020).

- Intégrer dans le prix de la viande les coûts externes liés aux pressions exercées par l’élevage sur les ressources naturelles et aux risques de maladies liés à une forte consommation (Le Monde, 05/02/2020).

DECHETS

- Comment inciter les entreprises à écoconcevoir leurs produits en proposant des emballages plus légers, plus faciles à trier et moins polluants ? (The Conversation, 02/02/2020).

- 2 satellites hors service, lancés en 1967 et 1983, se sont frôlés, soulignant la question de la gestion des débris spatiaux (Le Figaro, 29/01/2020).

HUMAIN/VIVANT/NON-VIVANT

- De l’importance vitale des carcasses de grands quadrupèdes sauvages pour les écosystèmes (Anthropocene, 05/02/2020).

- A écouter : un entretien avec le philosophe Baptiste Morizot qui publie Manières d’être vivant (Actes Sud, 2020) : il appelle à transformer nos manières de vivre et d’habiter en commun avec le vivant pour réapprendre, comme société, à voir que le monde est peuplé d’entités prodigieuses. Des interprètes et des diplomates des interdépendances sont alors nécessaires pour traduire les comportements et relations qui tissent le vivant (France culture, 04/02/2020 et France inter, 05/02/2020)).

- A Bornéo, comment concilier les activités humaines dans les plantations d’huile de palme avec la présence d’orang-outan ? (Scientific American, 03/02/2020).

- En Argentine, le condor des Andes menacé par les pesticides illégaux des éleveurs (The Revelator, 03/02/2020).

- Les lucioles sont menacées d’extinction à cause de la perte d’habitat et les pesticides (Bloomberg Environment, 03/02/2020).

- Parution : Damien DEVILLE, Pierre SPIELEWOY, Toutes les couleurs de la Terre — Ces liens qui peuvent sauver le monde (Tana Editions, 2020). Juriste et anthropologues, les auteurs élaborent le cheminement théorique et politique de l’écologie relationnelle, et nous incitent à redécouvrir la complexité du vivant, des individus et des cultures. Ils appellent à renouveler notre façon d’habiter les mondes et à redéfinir la juste place de l’humanité dans la grande fresque du vivant.

- Parution : Deborah Bird ROSE, Le rêve du chien sauvage. Amour et extinction, traduit par Fleur COURTOIS-L’HEUREUX (La Découverte, 2020). L’anthropologue nous propose ici de penser, sentir et imaginer à la manière des dingos, ces chiens sauvages d’Australie cibles d’une féroce tentative d’éradication. En apprenant des pratiques aborigènes pour se connecter aux autres vivants, elle interroge l’amour, cette capacité de répondre à l’autre, cette responsabilité : que devient-il quand il s’adresse à tous les terrestres ? Elle fait sentir que le non-humain continue d’insister silencieusement et que cet appel, perçu par Lévinas dans les yeux d’un chien rencontré dans un camp de prisonniers en Allemagne nazie, n’en a pas fini de nous saisir et de nous transformer.

PLANETE TERRE

- A La Pampa (Pérou), la forêt tropicale détruite par 10 ans d’orpaillage illégal sert de laboratoire afin de déterminer si cette terre polluée par le mercure va redevenir une forêt tropicale ou si elle va évoluer vers un nouvel écosystème (Nature, 04/02/2020).

- A écouter : Une course pour l’exploitation industrielle du fond des océans pour satisfaire les besoins grandissants en métaux de nos technologies (France inter, 04/02/2020).

- L’étude de spécimens de plancton rapportés par une expédition du 19è siècle révèle comment l’acidification des océans affaiblit les coquilles de la faune aquatique (Science, 03/02/2020).

- L’ONG Care dénonce dans son dernier rapport l’invisibilisation de 10 crises humanitaires (9 en Afrique) en raison de la chronicité de ces crises et de leur faible impact géopolitique. 3 causes récurrentes à l’origine des crises : le climat (sécheresse, inondations), le manque de nourriture et les conflits (novethic, 03/02/2020).

- Etude comparée des modèles prévoyant un dégel progressif ou brutal du pergélisol, qui conclut à une sous-estimation considérable des émissions de carbone par les modèles ne considérant que le dégel progressif (Nature, Geoscience, 03/02/2020).

ECONOMIE

- 5 publicités interdites pour cause de greenwashing : Ryanair, BMW, Shell, Fischer Future Heat et Ancol Pet Products (The Guardian, 09/02/2020).

- Un article qui déconstruit méthodiquement le paradigme des investissements verts pour faire face à la catastrophe écologique, en montrant qu’il prolonge une vision économiciste du monde (Terrestres, 06/02/2020).

- A écouter : la compensation carbone, un argument marketing qui autorise les entreprises à se dédouaner plutôt que de réduire leurs émissions (France inter, 06/02/2020).

- TESSA, une boîte à outils pour l’évaluation des services écosystémiques à l’échelle d’un site : attribuer une valeur économique à la biodiversité pour encourager de meilleures pratiques en matière de conservation (The Conversation, 05/02/2020).

- Le coronavirus impacte l’économie mondiale : Hyundai suspend ses chaînes de production en Corée du Sud en raison de la pénurie de pièces chinoises (The New York Times, 04/02/2020). Le cours du cuivre, thermomètre de l’activité industrielle, n’en finit pas de baisser (Le Monde, 01/02/2020).

- « La montée du niveau des océans est un problème qui ne peut pas être délocalisé ». Une équipe internationale de recherche a calculé les effets de la montée des eaux sur le PIB : même pour les pays les plus riches, s’y préparer et décarboner l’économie aura un coût économique moindre à long terme que de ne rien faire (Anthropocene, 04/02/2020).

- Un entretien avec l’économiste étatsunienne Pavlina Tcherneva, conseillère économique de Bernie Sanders, qui revient sur la proposition de job guarantee, la théorie monétaire moderne et le Green New Deal (Le Vent Se Lève, 03/02/2020).

- Tesla contre Exxon : une tribune de la star télévisuelle de la finance étatsunienne Jim Cramer sur le désinvestissement des énergies fossiles (Real Money, 03/02/2020). Le duel Tesla vs Exxon se confirme dans cet article sur le déclin de la valeur d’Exxon sur le marché (CNN Business, 05/02/2020).

ENERGIE

- « Sobriété énergétique, un nouvel oxymore ? » : l’historien François Jarrige propose une histoire de la notion de sobriété, utilisée par les gouvernants comme alternative bien commode à la « décroissance » et qui gomme la nécessité d’une redéfinition profonde des modes de vie et du système capitaliste dominant (AOC, 06/02/2020).

- Parution : François JARRIGE, Alexis VRIGNON, Face à la puissance. Une histoire des énergies alternatives et renouvelables à l’âge industriel (La Découverte, 2020). Longtemps, l’histoire de l’énergie a été ramenée à l’essor de la puissance rendu possible par le progrès technique. Mais ce récit rassurant, qui n’a cessé d’accompagner la modernité, se fissure désormais : la croyance dans l’abondance énergétique et la quête de puissance infinie qui la porte se heurtent aux limites planétaires, en dépit des utopies abstraites qui continuent de promettre l’énergie abondante et gratuite.

- Le delta du Niger dans le sud-est du Nigeria est dévasté par l’exploitation pétrolière, le brut ayant pénétré les sols jusqu’aux nappes phréatiques (Reporterre, 05/02/2020).

- Au nom de « l’intérêt public », le gouvernement canadien risque d’autoriser la plus grande mine de sables bitumineux qui menace l’environnement et les communautés autochtones (The Guardian, 05/02/2020).

- A écouter : un podcast qui retrace l’histoire des relations publiques des entreprises des énergies fossiles aux Etats-Unis pour aider à comprendre les enjeux des campagnes publicitaires (The Hill, 05/02/2020).

- A écouter : « peut-on se passer du nucléaire tout en préservant le climat ? » (France inter, 04/01/2020).

- En Russie, le gouvernement prépare un important plan d’investissement dans le forage en Arctique et une accélération du développement de la route maritime du Nord (The Barents Observer, 04/02/2020).

- Le Japon prévoit la construction de 22 centrales à charbon (The New York Times, 03/02/2020).

- « Transformations énergétiques collectives » : un numéro sur les expériences de transformation énergétique radicale en cours pour s’interroger sur ce qui favorise ces transformations, ce qu’elles requièrent et quels sont leurs effets (Multitudes, Majeure 77, hiver 2019).

MIGRATIONS

- Une enquête sur les pratiques d’évitement des parents sénégalais, issus des classes moyennes éduquées et propriétaires de Dakar, qui préfèrent que leurs enfants grandissent à Dakar plutôt qu’en Italie ou aux États-Unis, où eux-mêmes travaillent et vivent (métropolitiques, 03/02/2020).

MOBILITES

- L’industrie aéronautique britannique promet de ramener ses émissions de carbone à zéro d’ici 2050 : pour l’auteur, c’est un engagement à arrêter toute activité aéronautique car les rêves d’avions électriques et de millions d’arbres plantés ne suffiront pas (Financial Times, 07/02/2020).

- La compagnie aérienne Ryanair condamnée par l’autorité de régulation de la publicité pour s’être proclamée « compagnie bas carbone » (Transport & Environment, 05/02/2020).

- Le think tank The Shift Project publie un « Guide pour une mobilité quotidienne bas carbone » à destination des collectivités pour passer de la voiture en solo à des modes actifs ou partagés en adoptant une approche systémique s’appuyant sur la complémentarité des modes et des actions mises en place (The Shift Project, 04/02/2020).

- Une analyse des services énergétiques du Vehicle-to-Anything (V2X) — terme générique sur l’utilisation des batteries des véhicules électriques pour en tirer une valeur ajoutée en période de non-utilisation — , de leur flux de valeur et des implications pour les politiques réglementaires (Energy Policy Volume 137, février 2020).

ENJEUX POST- ET DECOLONIAUX / PEUPLES AUTOCHTONES

- Les activistes du climat non-blancs dénoncent la « blanchitude » des espaces de négociation et le manque de conscience des inégalités mondiales dans la crise climatique (Vice, 06/02/2020).

- Le président brésilien Jair Bolsonaro a donné son feu vert à un projet de loi qui sera soumis prochainement au vote du Congrès : le texte prévoit de réguler une série d’activités économiques sur les territoires autochtones, autorisant ainsi l’exploration minière ou pétrolière, les barrages hydroélectriques ou l’agriculture. Jusqu’ici la législation interdit toute exploration minière ou exploitation agricole non traditionnelle. Si le projet de loi est approuvé, ces activités pourront être pratiquées par les autochtones eux-mêmes, ou des personnes venues de l’extérieur, sous réserve d’une autorisation des communautés autochtones (Le Matin, 06/02/2020).

- Un tribunal canadien rejette les demandes des communautés autochtones de Colombie-Britannique et confirme l’approbation de l’expansion du pipeline Trans Mountain qui va quasiment tripler la quantité de pétrole des sables bitumineux de l’Alberta vers la côte du Pacifique (The Guardian, 04/02/2020).

- En parallèle de la rétrospective que la Fondation Cartier consacre à la photographe Claudia Andujar, Davi Kopenawa, représentant du peuple indigène Yanomami du Brésil, alerte sur la destruction de la forêt et l’avancée meurtrière des trafiquants de bois et des orpailleurs clandestins (Le Monde, 03/02/2020).

- Parution : Le Triangle et de l’Hexagone : réflexions sur une identité noire, de Maboula Soumahoro (La Découverte, 2020). Cet ouvrage hybride est le récit autobiographique d’une chercheuse qui raconte un parcours personnel à la lumière d’une histoire façonnée par la traite négrière transatlantique et la colonisation française, qui s’immisce jusque dans les familles et l’intime (Le Monde, 02/02/2020).

- Au Canada, la nation autochtone Saugeen Ojibway vote contre le projet de dépôt géologique en profondeur de déchets nucléaires de la centrale nucléaire de Bruce, près du Lac Huron (La Presse, 01/02/2020).

ARTS ET CULTURES

- Danse : la chorégraphe espagnole Rocio Berenguer a dialogué avec des chercheurs et chercheuses pour imaginer G5, un spectacle où l’humain se voit contraint de dialoguer avec les représentants des autres règnes au sujet de l’avenir de la planète (Le Monde, 08/02/2020).

- Danse : « Room with a view » (Théâtre du Châtelet, 5–14 mars), projet du musicien Rone et de la compagnie de danse (La)Horde, un ballet singulier et intense, entre chaos et lumière, autour du thème de la crise climatique (Trax, 07/02/2020).

- Une recension de Ursula K LE GUIN, Danser au bord du Monde (mots, femmes, territoires) (Éditions de l’Éclat, 2020), un recueil de textes des années 80 dans lequel l’écrivaine livre des réflexions aux échos contemporains sur le féminisme, les peuples autochtones, la création littéraire, l’utopie ou encore la technologie (Terrestres, 06/02/2020).

- Un entretien avec Bruno Latour au sujet de « Moving Earths », conférence performative, mise en scène par Frédérique Aït-Touati, dans laquelle il relie le choc de la révolution galiléenne (la Terre n’est pas le centre de l’univers et elle bouge) et le bouleversement de notre perception du monde suscité par l’hypothèse Gaïa de James Lovelock (la Terre est autorégulée, dynamique et sensible) (The Guardian, 04/02/2020).

- Entourés de représentants de communautés autochtones, l’artiste Tomás Saraceno et la pilote Leticia Marques ont volé dans une montgolfière solaire, fonctionnant sans aucune énergie fossile au-dessus des Salinas Grandes de Jujuy (Argentine) et dénoncent les mines de lithium qui contaminent l’eau (Hyperallergic, 04/02/2020).

- La cli-fi, un nouveau genre issu de la science-fiction : porteuse d’une virulente critique sociale, économique et écologique, elle pourrait se transformer en un stimulant laboratoire d’expérimentation politique armant nos imaginaires de stimulantes utopies si elle parvient à penser l’«après effondrement» (Le vent se lève, 25/01/2020).

- « Google Maps Hacks », une performance de l’artiste berlinois Simon Weckert qui provoque un embouteillage virtuel sur Google Maps en promenant 99 smartphones dans une carriole : il rappelle que la cartographie est aussi une question de pouvoir.

NUMERIQUE

- « Qui travaillera demain ? » Les robots ou les humains ? La question n’est pas tant l’effacement annoncé du travail humain par une vague d’automates intelligents que les conditions de travail et de rémunération du travail des humains dans l’environnement numérique (Le Monde, 06/02/2020).

- De nombreux data centers se concentrent dans le sud de la Seine-Saint-Denis, soulevant des questions environnementales et des questions de concertation avec les acteurs de l’énergie, du numérique et des collectivités locales (Les Echos, 29/01/2020).

SCIENCE

- Parution: David MICHAELS, The Triumph of Doubt: Dark Money and the Science of Deception (Oxford Univ. Press, 2020). L’épidémiologiste analyse la corruption systémique de la science au service d’industries (du tabac, de l’agroalimentaire ou des énergies fossiles) qui utilisent l’incertitude comme une arme. Les résultats indésirables sont ainsi qualifiés de fake news et contrés par des études truquées (Nature, 03/02/2020).

IDEES

- Premier épisode d’une série sur l’incertitude et l’Anthropocène de la chercheuse Julie Le Gall avec Pablo Méndez, artiste argentin contemporain (Anthropocene 2050, 07/02/2020).

- A écouter : un entretien avec le philosophe Pierre Charbonnier, auteur d’Abondance et liberté, Une histoire environnementale des idées politiques (La découverte, 2020) (France inter, 03/02/2020).

- A voir : Zéro émission, une nouvelle émission qui décrypte les enjeux économiques, politiques et sociaux des changements climatiques (France info, 02/02/2020).

- Un entretien avec le philosophe Hartmut Rosa, auteur de Rendre le monde indisponible (La Découverte, 2020), qui questionne la quête moderne visant à contrôler le monde et le plier à nos désirs, qui conduit à exploiter la nature, les individus, la beauté pour finalement voir le tout nous échapper (Usbek & Rica, 01/02/2020).

- Parution : Achille MBEMBE, Brutalisme (La Découverte, 2020). Brutalisme, c’est le nom donné par le philosophe, professeur d’histoire et de sciences politiques, à l’âge de l’être fabricable dans un monde fabriqué, le grand fardeau de fer de notre époque, le poids des matières brutes. La transformation de l’humanité en matière et énergie est le projet ultime du brutalisme. En détaillant la monumentalité et le gigantisme d’un tel projet, cet essai plaide en faveur d’une refondation de la communauté des humains en solidarité avec l’ensemble du vivant, qui n’adviendra cependant qu’à condition de réparer ce qui a été brisé.

- Parution : Kirkpatrick SALE, L’art d’habiter la Terre. La vision biorégionale (Wildproject, 2020). Traduction par Mathias Rollot et Alice Weil de l’ouvrage historique Dwellers in the land. The bioregional vision (1985). Il imagine un monde structuré par la diversité écologique et culturelle, plutôt que par des paramètres économiques et nationaux et il invite au développement réaliste de communautés biorégionales, à des échelles de territoires écologiquement salubres (celles des bassins-versants), attentives aux modes d’habitat et avec des systèmes économiques renouvelables.

- Parution : Murray BOOKCHIN, L’écologie sociale. Penser la liberté au-delà de l’humain. Traduction : Marin SCHAFFNER (Wildproject, 2020). L’anarchiste étatsunien, connu pour le « municipalisme libertaire », ancre sa réflexion dans l’écologie sociale et le lien entre dominations humaines et dominations écologiques. Ce recueil explore de façon critique les relations entre sociétés humaines et milieux naturels. Ce projet passe notamment par une archéologie de la domination, l’élaboration d’une philosophie de la nature, l’exploration des conditions et des formes de la liberté, des réflexions sur une technologie au service de la vie, et une décolonisation des imaginaires.

Anthropocene 2050

Un blog de recherche de l’Ecole Urbaine de Lyon pour réfléchir sur la dimension urbaine de l’Anthropocène. // A Lyon Urban School’s research blog to reflect on the urban dimension of the Anthropocene.

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