DÉBROUILLONS - NOUS

L’homme est un être formidable. Physiquement parlant, il est parmi les plus frêles créatures de la nature mais il se situe curieusement au sommet de la chaine alimentaire. Depuis son apparition, il a su faire en sorte de tirer profit de son environnement aussi hostile fut — il, par la seule force de sa volonté et par le plus grand des outils de tous les temps : le cerveau. Le cours de l’histoire est rempli d’exemples où grâce à la combinaison des deux, l’homme a pu s’inventer la vie qu’il désirait et braver les obstacles : L’invention du feu, de l’écriture, des mathématiques, de tout ce qui touche aux vêtements ou à la médecine et plus récemment de la comptabilité, de l’informatique, du Community et autre social media management, en sont les preuves.

Dans la quête du confort et de ce qui pourrait améliorer notre condition humaine, nous avons créé des agglomérations aux modes de vies sophistiqués et toujours plus élaborés. Prenons le capitaliste par exemple, le socle de nos sociétés dites modernes : il a été reçu comme le messie de l’humanité devant mener à la béatitude sociale : Dans un système économique capitaliste, nous sommes libres de faire des affaires, de faire du profit. Plus que de subsister, nous avons le devoir de viser le gain maximum qui nous permettraient de mener la meilleure des vies sur terre. En somme, un système de libre entreprise qui fait appel à un sentiment naturel : l’envie d’évoluer, de chercher à offrir à nos enfants un meilleur futur, le désir d’améliorer sa propre condition sociale. Tenez : imaginez une ville, une commune ou un quartier avec plusieurs boutiques; d’après le capitalisme, la boutique qui a le plus de clients est simplement la meilleur. La théorie originelle nous dit que c’est une manière intelligente de permettre à la société choisir elle — même les biens qu’elle veut voir se créer et se multiplier, en achetant ces biens, ce qui permet à leur producteur d’avoir encore plus de moyens pour en produire d’avantage. C’est cette vision de la vie qui au début des temps modernes nous a permis de construire des ponts, des barrages hydroélectriques, des autoroutes, des écoles et des hôpitaux. La classe “moyenne” pouvait subvenir à ses besoins avec un seul revenu et le deuxième parent n’était pas obligé de travailler. Presque partout sur terre l’assurance maladie pour des prises en charge de base était gratuite, on étudiait sans demander de crédit à la banque et la retraite de chacun était assurée et permettait déjà de vivre ses vieux jours de manière décente.

Seulement avec le temps ce socle qui soutenait si brillamment nos vies est devenu des plus complexes, ébouriffé : le rapport de l’homme au matériel aujourd’hui, en partant des envies les plus incompréhensibles aux nécessités les plus primaires (son besoin de nourriture, de logis, etc.) détermine en grande partie ses interactions, comme si nous étions retournés à la préhistoire. La concurrence qui est née du capitalisme force les entreprises à rivaliser d’ingéniosité pour pouvoir gagner encore plus d’argent, la plupart du temps par simple cupidité, dans le but de maintenir leur train de vie tout en exploitant les travailleurs: produits fragiles et bons marchés, obsolescence programmée ont vu le jour. Cet état d’esprit a conduit l’homme à des fois brader ses propres outils de subsistance, en effectuant des démantèlements d’infrastructures par exemple, non pas pour économiser et réinvestir plus tard mais juste pour faire du profit. Le discours du Président Américain Jimmy Carter un certain soir d’une certaine année, retransmis par la chaine ABC en flash spécial juste avant la série télé à succès de l’époque, le Flambeur (the Gambler en version originale), avait en son temps voulu tirer la sonnette d’alarme : trop de personnes s’étaient mises à vénérer la consommation et l’autosatisfaction, au point que l’être humain n’était plus défini par ses attributs intrinsèques ou sa place dans la société mais par ce qu’il possédait… et ça n’a jamais changé, jusqu’à nos jours. Les inégalités de revenus qui sont apparues vers la deuxième moitié du vingtième siècle ont engendré des tensions sociales mettant en porte-à-faux comme jamais auparavant le patronat et la classe des travailleurs qui depuis et partout sur le globe, travaille deux fois plus sans jamais voir ses revenus augmenter, les forçant à emprunter pour vivre au point que la dette de certains ménages atteignait des sommes folles et que le nombre de faillites personnelles devenait la signature sociale des “pauvres”. Dans ces situations, toutes les maladies et particulièrement celles liées aux stress et aux surmenages se déversèrent sur la population et les ventes des pharmaceutiques grimpèrent en flèche, emmenant dans leur sillage le prix des soins de santé alors que l’impôt, cette redevance sociale, s’est vu réduite de moitié pour ceux qui possédaient et possèdent déjà tout. Les enfants des hommes doivent aujourd’hui étudier parfois 17 ans voir plus pour pouvoir avoir la chance de vivre décemment dans le monde dans lequel ils sont nés. Entre ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien, il n’y a plus de milieu.

Pourtant des analystes comme Karl Marx affirmaient déjà que ce système de fonctionnement avait en son sein les germes de sa propre destruction. Le monde que l’homme s’est bâti a changé de manière si spectaculaire que le sort de toutes nations dépend du pouvoir de l’argent, la faute entre autre à la manière dont le patronat traite la main d’œuvre dans leur rapport de production de la richesse. Même en mettant de côté toutes les notions de morale et de justice, en termes d’efficacité économique, cette distribution inégale des richesses, qui voit les revenus de ceux enclins à dépenser plus se réduire, a un impact négatif sur l’économie de n’importe quel pays. Le monde d’aujourd’hui ressemble à la créature de Frankenstein, où les 1% d’une population mondiale de plus de sept milliards d’habitants possède 40% des richesses de la planète et où 34.000 enfants meurent tous les jours de pauvreté et de maladies évitables et où 50% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Face à ça, il faut être fou pour ne pas être d’accord : quelque chose ne va pas.

Mais alors pourquoi un tel système, inégalitaire et ne donnant pas à tout le monde les mêmes chances persiste-t-il me demanderez-vous ? Parce qu’il a en son sein la capacité de convaincre ses victimes de le soutenir. “La propagande est à la démocratie ce que la violence est à la dictature”. Les médias de masse, appelés aussi main Stream, étant possédés par le patronat, ils peuvent facilement contrôler la population car ils décident de l’information à diffuser et celle à partager, tout ceci en fonction de leurs intérêts. Les choses importantes sont noyées aujourd’hui dans une mer de bruit, de pub et de posts sur Facebook. La société d’aujourd’hui, conduite par sa peur de voir les travailleurs trouver le moyen de réclamer un partage plus équitable des richesses par la révolte, formate les individus dès la naissance et en continue, pour qu’ils correspondent à un standard défini, docile, limitant leurs aptitudes innées. Elle a aussi réduit l’éducation, pour la transformer en une sorte de course à l’insertion dans le monde professionnel. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité donc, plus cet horizon est petit, plus l’individu est concerné par des sujets primaires voir quasi médiocres et moins il peut évoluer.

L’accès au savoir est devenu de plus en plus difficile et élitiste et le fossé entre le peuple et la connaissance devient un gouffre. La télévision a perdu sa vocation première, ne diffusant plus que des informations de divertissement qui flattent l’instinct et les émotions primales : tout y est sujet ludique mais aussi tellement futile. Le bavardage et le bruit incessant des musiques empêchent ainsi l’esprit de penser. A force, comme le taureau dans la chanson de Francis CABREL on se demande si le monde est toujours sérieux. Tout ce qui a une valeur élevée est devenu sujet de moquerie alors que la légèreté produit de l’euphorie et que désormais le mot bonheur équivaut presque systématiquement à la publicité d’un produit ou d’un service en vente. Dans un environnement devenu ultra toxique, Il est dès lors impératif que chacun s’informe et se forme pour ensuite relayer de la manière la plus viable possible l’information dans l’espoir d’accéder lui, les siens et par corolaire le plus de personnes possible, à une condition sociale meilleure. La plupart pensent le combat perdu d’avance mais pourtant face à la complexité de la société, grandissante et devenue quasiment inextricable, il est incroyable et agréablement surprenant de voir que les deux outils acquis au cours de la préhistoire ont toujours force de loi : volonté et cervelle. Ne dit — on pas encore aujourd’hui que « quand on veut on peut ? », que « tout part du cerveau » ou encore qu’il faut « … changer de vision pour changer de destination… »? Ce qui compte encore aujourd’hui c’est la manière et la façon de penser et la débrouille plus que jamais, une arme qui permette d’atteindre son but.

L’humain est un débrouillard né. Il a su très vite et très tôt démêler les choses, les mettre en ordre afin de sortit de la confusion. Si aujourd’hui la majorité de la population mondiale vit en dessous du seuil de pauvreté, chaque année pourtant le nombre de riches s’accroit. Une fois que l’on a compris le « truc », comme ils disent, nous l’appliquons et le tour est joué. Personne ne vous dira que c’est facile, surtout pas avec l’état actuel du monde car les problèmes de sociétés que l’humanité connaît ont donné des résultats douloureux, dangereux et dévastateurs : les gens sont égoïstes et hautains, fanfarons, ingrats et amis principalement à leurs comptes en banque, déloyaux et cruels.

Alors à nous de voir. Si la vie est un combat, elle l’est pour tous, les riches comme les pauvres alors gardons nos esprits libres. Si vous le décidez, vous partirez de rien, avec des options et des choix limités car le système ne vous donnera rien, à vous de le braver mais tant que l’espoir ne vous quitte pas, résistez! Vous êtes le capitaine du bateau de vos efforts, nous ne sommes pas condamnés à l’échec. Ce que le système ne nous donne pas on va lui prendre. Même si nous sommes livrés à nous — même, avant de baisser les bras parce qu’il nous freine, essayons, apprenons, comprenons et entreprenons.

Nous avons travaillé dur pour produire le premier numéro de ce magazine, plein de promesses, de défis et d’efforts. Nous sommes pleinement conscient que nos expertises dans le domaine, diverses et variés, couplés aux expériences de ceux qui, partir de rien et qui pourtant ont réussi quelque chose, vous aideront dans votre marche vers votre propre succès. Nous ne tentons pas de vous vendre la panacée à vos problèmes ou de vous vendre du rêve, nous voulons simplement partager avec vous les outils reconnus pour y parvenir.

Oui, nous n’avons pas l’audace de faire du journaliste mais nous avons la prétention de partager l’information. Alors, ensemble, débrouillons- nous.

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