Le Street Art, un art à la mode !

Aujourd’hui, le Street Art est le style le plus tendance de ces dernières années. Il est partout, aux murs des collectionneurs, en galerie mais aussi devient le sujet d’importantes expositions. Le MUCEM (à Marseille) lui dédie d’ailleurs cette année une belle exposition intitulée “ Graff en Méditerranée”. Mais revenons un instant sur cet art populaire qui a su s’imposer en quelques années sur la scène artistique mondiale.

Avant toute chose, savez-vous faire la différence entre graffiti et street art ? Non ? Pas de panique ! Je vous l’explique. Au commencement, les artistes qui graffaient sur les murs des rues, ne cherchaient pas à une reconnaissance du public. La reconnaissance de ses pairs — les autres graffeurs étaient leurs seuls moteurs. A l’arrivée d’Internet dans les années 2000, certains cherchent alors à devenir des professionnels. Mais qui dit artiste pro dit commercialisation et donc la reconnaissance d’un public plus large. En simplifiant au maximum : le graffiti est l’art de la rue qui cherche à se faire reconnaitre par les autres graffeurs, le street art cherche à se faire connaître auprès des professionnels du marché de l’art ou public au sens très large.

Un art avant tout de la rue

Si l’on traduit littéralement “street art” en français cela donne art de rue. C’est en effet dans la rue que le graffiti apparaît. Parmi la multitude de racines de l’art urbain, le graffiti occupe une place incontournable. Ce mouvement illégal est pratiqué par une poignée de personnes dans les années 60' aux Etats-Unis. Ils laissent l’empreinte de leur “blase” (diminutif de blason qui signifie leur nom) ou tag (graff en lettrage) partout sur les murs. Rapidement cette frénésie devient virale et traverse le Pacifique pour recouvrir les murs de l’Europe.

Nous sommes cette fois dans les années 1980, en France, à Paris, les premiers graffitis apparaissent. Recouvrant certains quartiers et notamment Saint Denis. A ce moment là, le premier art urbain c’est bien le break dance ! La danse et la musique hip-hop marquent la rue. Cette culture se diffuse absolument partout. Le rap, le hip-hop, la break danse et le graff se côtoient, se mélangent et se nourrissent. Les jeunes kids s’inspirent de cet univers qui s’illustre dans leur graff par le mouvement et la couleur. La compétition de danse se répercute là encore dans cet élan artistique. L’idée est de marquer l’espace urbain de son nom partout, encore, et encore : le tag vient de naître. Néanmoins, il serait faux de résumer le graff au seul espace de la rue. Des artistes ont très tôt ressenti le besoin d’exprimer aussi leur art sur toile. Des artistes urbains produisent des oeuvres sur toile et ainsi montrer leur production d’atelier encore inconnu. La première exposition sur toile est présentée en 1971 aux Etats-Unis. Bien qu’encore peu représenté dans les expositions, le graffiti sur toile n’est plus aujourd’hui un inconnu.

Le street c’est un message !

Comme on le disait, le texte par le rap, la lettre avec le tag est très présent dans le graff. Il véhicule un message, une signature.

L’image est omniprésente dans le street art. Populaire, elle reflète un mode de vie, une liberté de création. L’avantage de la bombe acrylique par rapport au tube de peinture traditionnel est sa rapidité d’exécution ! En effet, quand il fallait attendre des heures, voire des semaines de séchage pour une toile, il suffit maintenant de quelques secondes ! L’image s’ancre donc dans une réalité contemporaine ! Souvent ironique, cette image sert à critiquer ou même se moquer. La culture pop, avec un rapprochement direct avec le Pop Art, est elle aussi omniprésente dans le street art. Donald chez Speedy Graphito ou Mickey chez notre artiste David Karsenty ou bien encore Bug Buny sur les toiles de Zokar, en sont de parfaits exemples.

Beaucoup de graffeurs se servent de leur art pour diffuser un message politique. Il nous vient nécessairement en tête le street artiste politique le plus connu : Banksy bien sur ! Aucun fait social ne sait lui résister tant il est incisif et bourré d’humour. Anti-guerre, peut être un peu révolutionnaire, l’artiste utilise son art comme médium de communication pour crier haut et fort ses critiques envers certains faits sociétaux ou politiques. Son anonymat revendiqué lui permet toutes les critiques, dernier cas ? Sa prise de position dans le conflit entre Israël et Palestine.

Extrait du site officiel de Banksy

Et sa place aujourd’hui ?

Bien ancrée sur les murs des galeries d’art et des collectionneurs, street art est de plus en plus représenté lors de ventes aux enchères, même les plus exceptionnelles. Son entrée s’est faite par la petite porte, mais face à un tel engouement du public il s’est imposé en masse. Des galeries, comme Artopic, se sont spécialisées dans cet art, et ont à coeur d’encourager ces talentueux artistes.

Cet enthousiasme, les entreprises de marketing l’ont très vite compris et assimilés. Ils sont, avant les musées, à reconnaître très tôt son pouvoir de rassemblement et plaisir. Été dernier, c’est l’artiste JonOne qui réalise pour la marque Longines, l’affiche de son plus grand événement le Longines Paris Eiffel Jumping.

Du côté des institutions publiques française, des efforts sont faits à l’instar du MUCEM mais le street art reste encore à la peine. Remercions toutefois, les nombreuses communes et associations travaillant main dans la main pour porter toujours plus loin le street art.

Affiche Longines par JonOne pour le Longines Paris Eiffel Jumping

Comme vous l’aurez compris maintenant, le street art est devenu un mouvement à part entier dans les styles que retient l’Histoire de l’Art. Ces différentes empreintes et racines font de ce courant un raz-de-marée artistique qui s’inscrit dans l’actualité contemporaine. Enfin, bien que peu présent en musée, il s’est imposé partout ailleurs. Le street art a encore belles longues années devant lui !

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