« UNE IDÉE FOLLE ! » Zoom sur le premier film citoyen qui questionne l’éducation!

Disons qu’il m’apparaît comme urgent de se poser la question du rôle de l’école et de la notion de citoyenneté qui en découle.

L’école telle qu’elle est aujourd’hui ne sait pas gérer les enfants qui ne rentrent pas dans les clous.

Nous avons plus de 100 000 décrocheurs chaque année. Nous devons affronter des défis climatiques et sociaux inédits. Nous ne connaissons pas 60 % des métiers que les enfants exerceront demain. Et nous avons pris l’habitude de considérer que quand on respectait la loi et qu’on allait voter, nous étions un bon citoyen. Tout n’est pas si simple. De fait, il semble relativement évident que si nous n’apprenons pas tous à nous relever les manches, nous fonçons droit dans le mur. Redonner du sens à l’engagement citoyen, cela passe par l’éducation.

Début 2015, j’ai commencé à développer une obsession pour le sujet de l’éducation. J’ai pris conscience que changer l’école était le meilleur moyen de changer la société. C’est au moment où je cherchais comment raconter cette histoire que Ashoka m’a contactée. Ils avaient besoin de petites vidéos de 3 minutes pour présenter les écoles soutenues par le réseau. Je suis rentrée de 4 jours de tournages avec 26 heures d’images et nous avons décidé de faire ce film.

C’est vrai, la première chose que je me suis dite en passant la porte de ces écoles, c’est « Qu’est-ce que j’aurais gagné comme temps si j’avais été dans une école comme ça… » À vrai dire, je n’ai pas vraiment aimé l’école. Alors que j’étais dans un milieu très protégé, dans une école « humaniste », cela n’a dérangé aucun de mes professeurs que je n’ouvre pas la bouche en classe pendant 14 ans. Je me sentais noyée dans la masse et je n’avais aucune confiance en moi. Je pense que si j’avais été dans l’une des écoles qui apparaissent dans le film, j’aurais osé beaucoup plus de choses. Peut-être que j’aurais fait une école de cinéma par exemple, ce qui à l’époque où j’ai passé le bac, me paraissait complètement impossible.

Dans ces établissements scolaires, en plus de transmettre les savoirs fondamentaux, les équipes enseignantes mettent un fort accent sur le développement de qualités comme l’empathie, la confiance en soi, la coopération, la prise d’initiatives et l’esprit critique. Le vivre-ensemble et la citoyenneté ne sont pas des sujets parmi tant d’autres, ils constituent la colonne vertébrale du projet pédagogique.

À 5 ans, pour un enfant, son environnement c’est d’abord sa classe et sa famille, et puis, au fur et à mesure son univers s’élargit et il comprend alors que quand il sera plus grand, il pourra avoir un impact sur la société. Il y a une grande responsabilisation des enfants, le développement de leur autonomie et un vrai apprentissage des valeurs portées par notre devise républicaine : la liberté, l’égalité et la fraternité.

Il ne s’agit pas d’une nouvelle méthode. Ces enseignants font des choses différentes, dans des environnements différents. Ils ont tous « fait leur sauce » au fur et à mesure de leurs lectures, de leurs rencontres et de leurs expériences. Beaucoup des outils qu’ils utilisent sont inspirés par des pédagogies qui datent du début du XXème siècle.

Et pour faire cela, ils partagent la même posture : beaucoup de bienveillance, beaucoup d’exigence (envers eux-mêmes et les enfants) et une remise en cause permanente pour toujours avancer. Ils sont tous des chercheurs et ils travaillent en équipe.

Pour ce qui est de l’enseignement public, ils sont parfois confrontés à la rigidité de l’institution. Mais certains enseignants sont aussi complètement soutenus par leur hiérarchie. Chaque situation est unique. Dans l’enseignement privé, le principal obstacle est la pérennité du système économique combiné, pour certaines, à la volonté d’arriver, malgré des frais de scolarité forcément plus élevés, à garantir aussi une mixité sociale et scolaire. Là encore, il est impossible de comparer les différentes écoles.

J’avais l’intuition que c’était là qu’il fallait regarder pour changer les choses, mais pas beaucoup plus. Je suis partie en tournage avec un regard volontairement neutre, presque naïf, sans aucune idée préconçue.

En fait, quand on rencontre ces enseignants, et ces enfants, il y a un sentiment d’évidence. Cela ne veut pas dire que tout est parfait, évidemment. Mais on a l’impression que cela fonctionne et que tout le monde se sent plutôt bien. Il y a des conflits, comme partout, mais ils possèdent les outils pour les gérer. Les enfants ont l’air de tous avoir trouvé leur place dans le groupe. Les enseignants, qui travaillent beaucoup, sont épanouis, et ont confiance en eux.

En parlant d’elles, comme ton sujet sur l’école des Bosquets, par exemple ! En revalorisant le métier d’enseignant aussi. C’est fondamental. C’est aussi l’un des objectifs de ce film qui est un outil. Un outil pour amener la discussion.

C’est pour cela qu’on a décidé de distribuer le film grâce à des projections citoyennes.

À partir du 7 mars, le film sera distribué grâce à des projections citoyennes partout en France. Pour organiser l’une ces projections, écrivez-nous dès à présent à contact@uneidéefolle-lefilm.com

Les mois à venir vont être dédiés à Une Idée Folle. Pour que le film ait le plus d’impact possible. Après on verra. Mais je ne pense pas me désintéresser du sujet de sitôt.

Nous avons tous un rôle à jouer pour transformer le système éducatif, parents, enseignants, citoyens et enfants bien sûr. J’espère que le film contribuera à cette prise de conscience.

Vous voulez organiser une projection dans un cinéma près de chez vous? C’est ici!

Tous Acteurs de Changement

Plus grand réseau mondial d’entrepreneurs sociaux, Ashoka identifie et soutient les solutions les plus innovantes pour répondre aux défis sociétaux.

Annabelle Baudin

Written by

JOURNALISTE - Presse écrite - tv & radio -

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